Test de Resident Evil Village Gold Edition sur Nintendo Switch 2

En résumé

  • Sorties :
  • 27 Février 2026
  • 27 Février 2027
  • 27 Février 2027

L'avis de Draco

Resident Evil Village Gold Edition s'impose sans discussion comme l'un des sommets absolus de la saga, et probablement l’un des plus beaux jeux disponibles sur Nintendo Switch 2. En proposant une véritable anthologie d'horreurs au sein d'un seul et même titre, Capcom réussit l'exploit de varier constamment les plaisirs tout en conservant une cohérence narrative exemplaire. Du survival horror classique du château Dimitrescu à l'horreur psychologique pure de la maison Beneviento, en passant par le grotesque du réservoir Moreau et l'action débridée de l'usine Heisenberg, chaque zone marque durablement les esprits. La réalisation technique frise la perfection avec un niveau de détail hallucinant, une ambiance gothique magistrale et des ennemis d'un réalisme jamais atteint dans la série. Les antagonistes charismatiques, le doublage d'exception, le retour en force des énigmes et un level design aux petits oignons font de cet épisode une réussite totale. Seul le DLC Les Ombres de Rose déçoit par son manque d'inspiration. Avec 11 heures de jeu pour l'aventure principale, des modes de difficulté redoutables et une rejouabilité monumentale, cette Gold Edition à 49,99 € constitue un rapport qualité-prix imbattable. Un chef-d'œuvre horrifique qui clôt brillamment l'arc Ethan Winters.

Les plus

  • Sans doute l'un des plus beaux jeux de la Switch 2
  • Réalisation technique hallucinante (détails, textures, effets)
  • Quatre zones radicalement différentes, quatre styles d'horreur
  • Antagonistes charismatiques et terriblement flippants
  • Doublage français exceptionnel (meilleur de la saga)
  • Ambiance gothique médiévale absolument sublime
  • Level design aux petits oignons
  • Retour en force des énigmes (le meilleur depuis Code Veronica)
  • Ennemis intelligents et réalistes
  • Système de craft et de boutique avec Le Duc
  • Carte lisible et pratique (code couleur)
  • Final de grande classe
  • Durée de vie conséquente (11 heures de jeu + rejouabilité)
  • Mode Village des Ombres pour les masochistes
  • Nombreux bonus, making-of et boutique spéciale
  • Mode Mercenaires défoulant
  • Prix très correct (49,99 €) pour une Gold Edition
  • Dispo dans le Generation Pack à 99,99€ (très intéressant pour 3 jeux)

Les moins

  • DLC Les Ombres de Rose sans grande inspiration et ennuyeux
  • Quelques rares chutes de framerate (zone Moreau)
  • Final qui vire au FPS pur (ça plaît ou ça ne plaît pas)
  • Downgrade sur la neige (mais bien géré)
  • Nintendo-Difference

    par Draco

    le 2 avril 2026 10:05

Sorti initialement le 7 mai 2021 sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series et PC, Resident Evil Village marque le huitième épisode majeur de la célèbre saga d’horreur de Capcom. Développé à l’aide du RE Engine, le titre faisait suite directement aux événements de Resident Evil 7 biohazard, poursuivant l’histoire d’Ethan Winters dans une aventure mêlant survival horror classique et séquences plus orientées action. Le succès ne s’est pas fait attendre : salué pour sa direction artistique gothique et sa structure proposant plusieurs styles d’horreur, l’épisode s’était rapidement imposé comme l’un des plus gros cartons de la licence, dépassant aujourd’hui les 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Une performance qui confirme la popularité intacte de la franchise, devenue au fil des décennies la série d’horreur la plus vendue de l’histoire du jeu vidéo. Après une version Cloud peu convaincante sur Switch, Capcom propose enfin, avec Resident Evil Village Gold Edition, une véritable version native aux joueurs Nintendo dans une édition complète, jouable sans streaming et intégrant l’ensemble de ses contenus additionnels. Vendu 49,99 € seul ou dans le Resident Evil Generation Pack à 99,99 € avec les épisodes 7 et 9, le titre offre une nouvelle chance de découvrir l’un des épisodes les plus ambitieux et réussis de la saga.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.
Toutes les images dans ce test sont issues de la version Nintendo Switch 2.


Resident Evil Village Gold Edition


Le village des damnés


Le jeu prend place trois ans après les événements de Resident Evil 7 biohazard. On y retrouve Ethan Winters et sa femme Mia, ayant fui pour l’Europe et cachés par le BSAA et Chris Redfield afin de recommencer une nouvelle vie loin des horreurs du passé. Cette vie, ils la recommencent avec un heureux événement : la naissance de Rosemary, Rose pour les intimes. Mais le bonheur sera de courte durée. Sans rentrer dans les détails pour préserver les surprises narratives, un enlèvement propulse Ethan dans une nouvelle galère, perdu dans un village reculé d’Europe de l’Est qui semble en apparence abandonné, surplombé par un immense château médiéval. L’atmosphère gothique s’installe immédiatement, renforcée par une ambiance sectaire et religieuse de toute beauté, à mi-chemin entre divin et sorcellerie, avec un fort côté moyenâgeux, à grand renfort de blasons, de douves, de geôles et de ponts-levis.


Les habitants qu’Ethan finit par rencontrer semblent garder leur apparence humaine en agissant de façon logique, mais se comportant comme des bêtes assoiffées de sang et obéissant visiblement à quelque chose de supérieur. Proche du comportement de tribus néanderthaliennes, ces ennemis sont doués d’intelligence : ils se coordonnent, courent, sautent, esquivent les tirs. Les ennemis bougent avec un réalisme et une intelligence jamais vus auparavant. Jamais d’ailleurs un Resident Evil n’aura été aussi criant de réalisme sur ce point. Ethan se rend vite compte que sa fille a aussi été enlevée et qu’en réalité elle était l’objectif principal du rapt. Le voici parti en quête de Rose, avec un père qui ne va rien, mais alors rien lâcher du tout. Cette détermination paternelle devient le moteur émotionnel d’une aventure où l’on souffre pour la première fois psychiquement avec le personnage.



Dans cette ambiance féodale européenne, crasseuse à souhait, il faudra donc bien souvent fuir face à la submersion de ces villageois enragés, et se barricader pour gagner un peu de temps en poussant les commodes derrière les portes tout en comptant sur sa dextérité pour abattre rapidement ceux qu’il n’est pas possible d’éviter. Le jeu joue continuellement sur l’angoisse et le stress en pressant le joueur sans arrêt, ne laissant que quelques instants pour prendre la bonne décision. Cette pression permanente transforme chaque affrontement en exercice de sang-froid où la moindre erreur peut coûter cher.


Une anthologie de terreurs



Le génie de Resident Evil Village réside dans sa structure audacieuse. Les développeurs ont expliqué vouloir créer une « anthologie d’horreurs » dans un seul jeu, et le pari est magistralement réussi. Le titre est divisé en quatre grandes zones très différentes, offrant des systèmes de jeu et des ambiances radicalement distincts, ce qui en fait sans doute l’épisode le plus varié et équilibré de toute la série Resident Evil. Chaque lieu renferme un ennemi majeur qui marque durablement les joueurs, chacun apportant son propre style d’horreur.


Le château Dimitrescu plonge le joueur dans un survival horror classique, avec une aristocrate mesurant près de trois mètres de haut et régnant d’une main de fer sur son château avec ses succubes, dans un clin d’Å“il évident à Dracula. L’exploration méthodique, la gestion des ressources limitées, les poursuites oppressantes dans les couloirs sombres rappellent les meilleurs moments de la saga. Lady Dimitrescu, avec son charisme glacial et sa présence physique imposante transforme chaque rencontre en moment de terreur pure, car elle recherche le joueur partout dans le château et quand un géant de 3m peut surgir derrière n’importe quelle porte, le jeu de cache-cache peut s’avérer rapidement très angoissant.



La maison Beneviento plonge quant à elle dans une ambiance de jeu d’horreur psychologique pur avec une femme complètement folle et amoureuse de poupées, un clin d’Å“il assumé à de nombreux films de genre, tels que Puppet Master ou encore Annabelle. Beaucoup de joueurs considèrent encore ce passage comme l’un des plus terrifiants de toute la saga Resident Evil. Sans armes, sans possibilité de se défendre, il faut naviguer dans un cauchemar domestique où chaque objet peut devenir une menace. L’ambiance claustrophobe, les jump scares parfaitement timés et l’utilisation brillante du sound design créent une tension insoutenable.


Troisième univers, celui du réservoir Moreau qui propose un personnage grotesque, digne des meilleurs films d’horreur décalée. Cette zone aquatique offre un changement de rythme bienvenu avec des mécaniques d’exploration différentes et un boss gigantesque, mémorable dans sa laideur repoussante.



Enfin, le dernier lieu du jeu sera l’usine Heisenberg qui marque la partie la plus orientée action, au cÅ“ur d’une vaste usine industrielle avec un ennemi tout aussi charismatique que ses prédécesseurs. Les affrontements se font plus intenses, l’arsenal s’étoffe, et le rythme s’accélère pour préparer le final en apothéose.


Des antagonistes inoubliables


Les différents méchants de l’histoire sont à la fois charismatiques et extrêmement bien écrits. Chaque antagoniste possède sa personnalité propre, ses motivations, son esthétique unique. Beaucoup de joueurs ont d’ailleurs fait le rapprochement avec Resident Evil Code Veronica, l’un des épisodes cultes de la saga et l’un des meilleurs en termes de scénario, tant les personnages fantasques marquent les esprits. Cette galerie de monstres constitue sans doute l’une des plus réussies de la franchise, avec des designs mémorables et une présence scénique remarquable.



Les personnages sont renforcés par un doublage de très grande qualité, sans doute le meilleur jamais réalisé pour un Resident Evil. Et sachant que c’est l’un des points forts historiques de la saga, c’est dire la performance accomplie. Capcom s’est entouré de doubleurs très connus pour la version française : Françoise Cadol, la voix de Patricia Arquette, Christophe Lemoine, la voix de Chris Pratt ou de Cartman dans South Park, ou encore Gérard Surugue, la voix de Jim Carrey, pour ne citer qu’eux. Le résultat est bluffant, avec des interprétations nuancées qui donnent une véritable épaisseur aux personnages. On y croit, on les déteste, on les craint, du grand Capcom.


Miranda, la big boss principale, tire les ficelles de cette horrible mascarade avec une intelligence froide et calculatrice. Son lien avec le village, avec les autres antagonistes et avec l’intrigue globale se révèle peu à peu au cours de l’histoire et crée une montée en tension narrative parfaitement maîtrisée. Les révélations finales sur ses motivations et son passé apportent d’ailleurs une profondeur bienvenue à un personnage qui aurait pu se contenter d’être un simple méchant de service. Dans cet épisode, Capcom a su créer une galerie de vilains à la hauteur des enjeux, et c’est une réussite totale.



Le Duc et sa boutique


Rapidement, on tombe sur un marchand aussi énigmatique que charismatique prénommé Le Duc, un personnage qui permet d’acheter diverses choses, mais également de renforcer ses armes et de vendre des objets précieux glanés ici ou là. Ce personnage mystérieux, dont on ne connaîtra jamais vraiment les origines ni les motivations, apporte une touche d’humour décalée bienvenue dans cette atmosphère oppressante. Toujours de bonne humeur, toujours prêt à conclure une affaire, Le Duc devient rapidement un allié précieux dans cette aventure cauchemardesque.



Lorsque les ennemis meurent, certains peuvent lâcher des objets précieux, mais aussi de l’argent sous forme de Lei, la monnaie officielle de la Roumanie. C’est d’ailleurs en ramassant ces Lei qu’on comprend où se déroulent les événements de ce huitième épisode. Un pays qui n’a pas été choisi au hasard puisque c’est là que se situe la région des Carpates et la Transylvanie, le célèbre lieu emblématique du seigneur Vlad l’Empaleur qui vécut au XVe siècle et fut plus connu par nos contemporains grâce au roman de Bram Stoker : Dracula. Cette référence historique et culturelle renforce l’ancrage du jeu dans une Europe médiévale fantasmée où vampires et créatures de la nuit semblent tout à fait à leur place.


Au niveau de la boutique, il est non seulement possible de vendre des collectibles rares pris sur le corps des ennemis ou récupérés un peu partout dans les niveaux, mais aussi d’assembler des morceaux d’objets les uns avec les autres pour reconstituer un objet complet, par exemple une statuette ou un collier, afin d’augmenter substantiellement son prix de revente. Un objet complet se vend bien plus cher que la somme de ses parties vendues séparément, ce qui encourage l’exploration minutieuse et la collection systématique de tous les fragments. Cette mécanique ajoute une couche de gestion bienvenue et pousse à farfouiller partout.



Il faudra également scruter avec soin le décor jusque dans les branches d’arbres, car parfois un rubis précieux peut y être logé. On retrouve aussi les caisses habituelles à casser renfermant notamment de précieuses munitions. Le jeu récompense largement les joueurs méticuleux qui prennent le temps d’explorer chaque zone à fond. Cette philosophie d’exploration récompensée, héritée des premiers Resident Evil, fonctionne à merveille et transforme chaque nouvelle zone en terrain de chasse aux trésors.


Une carte enfin intelligente



Et pour améliorer justement cette exploration, Capcom a fait évoluer l’affichage de la carte par rapport aux précédents épisodes qui devient beaucoup plus lisible et pratique. Elle facilite grandement la vie du joueur grâce à un système de code couleur particulièrement bien pensé. Une pièce qui compte encore un secret ou un objet caché restera affichée en rouge, tandis qu’une pièce où il n’y a plus rien à faire et qui a été entièrement nettoyée apparaîtra en bleu. Ce système simple mais terriblement efficace permet de savoir instantanément quelles zones méritent encore d’être explorées et lesquelles ont été vidées de leurs ressources et de leurs secrets.


Cette amélioration change radicalement l’approche de l’exploration. Fini le temps où il fallait noter sur un papier quelles pièces restaient à fouiller ou se fier uniquement à sa mémoire (peut-être certains puristes le regretteront). La carte devient un véritable outil de progression qui respecte le temps du joueur tout en conservant le plaisir de l’exploration minutieuse. On peut ainsi se concentrer sur les zones en rouge, sachant que les bleues sont derrière nous, créant une satisfaction immédiate lorsqu’une pièce change de couleur après avoir déniché son dernier secret. Un petit ajout en apparence, mais qui améliore considérablement le confort de jeu au quotidien.



Le retour des énigmes


À noter que les développeurs ont fait de Resident Evil Village le Resident Evil ayant le plus d’énigmes à résoudre de l’ère récente, au-delà de tout autre épisode depuis Code Veronica et les premiers opus. C’est à saluer d’autant que certaines énigmes sont vraiment ingénieuses et demandent réflexion. On y retrouve évidemment les éléments phares de la saga avec de nombreuses clés spéciales qui ouvrent certaines portes et pas d’autres, des éléments à replacer dans le décor pour activer un passage secret, un véritable florilège qu’on ne retrouve d’ailleurs pas à ce point, ce qui est bien dommage, dans le dernier épisode Resident Evil Requiem testé à cette adresse.



Les puzzles ne se contentent pas d’être de simples portes verrouillées nécessitant la bonne clé. Certains demandent d’observer attentivement l’environnement, de faire pivoter des statues dans le bon ordre, de reconstituer des blasons fragmentés, de déchiffrer des indices disséminés dans des documents anciens. Cette variété dans les mécaniques de résolution évite la lassitude et maintient l’intérêt en éveil. Capcom a clairement compris que les énigmes font partie intégrante de l’ADN Resident Evil et leur retour en force dans cet épisode ravira les puristes.


Le niveau de difficulté des énigmes reste globalement accessible sans jamais tomber dans la facilité insultante. Quelques casse-têtes demanderont plusieurs minutes de réflexion, mais rien d’insurmontable qui bloquerait la progression pendant des heures. L’équilibre est parfait, permettant aux joueurs occasionnels de progresser sans trop de frustration tout en offrant aux vétérans le plaisir de se creuser les méninges. Cette renaissance des puzzles marque un retour bienvenu aux fondamentaux de la saga et prouve que Capcom a su écouter les retours des fans.



Deux vues, plusieurs difficultés


Le jeu propose deux types de vues : une vue à la troisième personne et une vue à la première personne (vue subjective), permettant à chacun de choisir son style de jeu préféré. La première personne, héritée de Resident Evil 7, maximise l’immersion et la peur, tandis que la troisième personne offre une meilleure vision tactique de l’environnement. Les deux fonctionnent parfaitement et peuvent être changées dans les options (mais cela nécessite de revenir au menu principal), preuve que Capcom a bien travaillé son adaptation.



Plusieurs niveaux de difficulté sont proposés, dont deux sont disponibles après avoir terminé le jeu : Facile, Standard, Hardcore et Village des Ombres. Ce dernier est le niveau le plus difficile et s’avère à certains moments presque infaisable tellement il est difficile (au point que cela fait penser à un Souls-like, youhou). Mais généralement, ce mode de difficulté se joue avec quelques bonus qui se sont débloqués lorqu’on a terminé le jeu une première fois. Car dans ce mode de difficulté, les ennemis y sont redoutablement résistants, les munitions se font insuffisantes et bien plus rares, et la moindre erreur coûte la vie. Un mode réservé aux masochistes et aux complétistes endurcis qui veulent prouver leur maîtrise absolue du jeu.


Cette variété de difficultés permet à chacun de trouver son niveau de challenge idéal. Le mode Facile conviendra parfaitement à ceux qui veulent profiter de l’histoire sans difficulté, le Standard offre une expérience équilibrée pour la majorité des joueurs, le Hardcore satisfera les vétérans en quête de défi, et le Village des Ombres fera pleurer les plus téméraires. Capcom a pensé à tout le monde, et c’est tout à son honneur.



Un final qui a de la gueule !


Le jeu propose un final haletant de très grande classe et parfaitement mis en scène. C’est là que le jeu se transforme pratiquement en FPS pur avec des séquences d’actions intenses où les balles fusent de partout. Si ce choix de gameplay pourrait ne pas plaire à tout le monde, il sert pourtant parfaitement le rythme du jeu et l’intrigue. Cette montée en puissance progressive, qui fait passer le joueur du survival horror pur à l’action débridée, accompagne naturellement l’évolution d’Ethan qui, de père désemparé, devient une machine de guerre déterminée à sauver sa fille coûte que coûte.



Cet épisode clôt l’arc Ethan Winters en donnant aux joueurs le fin mot de l’histoire concernant la moisissure de l’épisode 7, d’où elle vient et quelles en sont les ramifications. Le jeu donne aussi l’occasion aux scénaristes de livrer des informations précieuses sur la création d’Umbrella et ses lointaines origines, tissant des liens insoupçonnés entre les événements du village et l’histoire globale de la saga. On en apprend aussi un petit peu plus sur l’organisation criminelle The Connections, pour laquelle Mia Winters, la femme d’Ethan, travaillait jusqu’au fiasco de l’épisode 7, et dont son mari ne saura jamais rien. Ces révélations enrichissent considérablement la mythologie de la série tout en apportant une conclusion satisfaisante à l’histoire d’Ethan.


La séquence finale elle-même, sans la spoiler, marque durablement les esprits par son intensité émotionnelle. Capcom n’a pas eu peur de prendre des risques narratifs et de proposer une fin qui a du poids et des conséquences. Après ce final, difficile de ne pas rester quelques minutes devant l’écran à digérer tout ce qui vient de se passer.



Bonus et complétions, la boutique des merveilles


À la fin du jeu, terminé en environ onze heures pour le premier jet, de nombreux bonus sont ajoutés. On y trouve par exemple de nombreuses vidéos, dont la version complète de l’excellent petit film d’animation que l’on retrouve au début et à la fin du jeu, qui correspond au conte que lit Ethan à sa fille Rose et qui s’apparente à un très bon Tim Burton de type Noces Funèbres. Ce court-métrage, réalisé avec soin et parfaitement intégré à la narration, mérite d’être visionné dans son intégralité. Parmi les bonus, on retrouve également un gros making-of vidéo commenté avec les coulisses du jeu, absolument passionnant pour comprendre le travail titanesque accompli par les équipes de Capcom, notamment en termes de chara et de level-design.



On débloque également de nouvelles armes dans la boutique et, en fonction de la qualité de la première partie, on accumule des points de complétion. Ces points permettent d’être dépensés dans la boutique spéciale du menu bonus et d’acheter de nombreux avantages sous conditions : des armes exclusives, des munitions infinies pour telle ou telle arme, et bien plus encore. Le système pousse naturellement à refaire le jeu une deuxième voire une troisième fois pour tenter d’obtenir tous les défis et acheter tout ce qui se trouve dans la boutique spéciale.


Cette boucle de progression addictive transforme chaque nouveau run en chasse aux points de complétion. Terminer le jeu sans mourir, finir sous un certain temps, tuer tous les ennemis d’une zone sans se faire toucher, trouver tous les collectibles… Les défis sont variés et offrent des objectifs concrets pour les rejoueurs. Et lorsqu’on débloque enfin ces fameuses munitions infinies pour le fusil à pompe ou le magnum, le plaisir de retourner massacrer tout le monde sans compter ses cartouches est immense. Capcom a parfaitement compris comment motiver les joueurs à prolonger l’expérience bien au-delà des crédits de fin.



Les bonus renferment également un rapport de 80 pages consacré à la famille Baker et aux événements de Resident Evil 7, mettant en perspective l’arc narratif qui relie les deux épisodes. Ce document approfondit l’histoire d’Eveline, l’arme biologique combattue dans le septième opus, tout en révélant les ramifications de la moisissure et les origines lointaines d’Umbrella. De quoi boucler la boucle et apprécier pleinement la cohérence narrative de cette trilogie Ethan Winters qui restera comme l’une des plus réussies de la saga.


À souligner que, de base sans l’ajout de ces bonus, onze heures de jeu environ sont nécessaires pour tout achever lors d’un premier run en mode Normal. Une durée de vie qui prouve que Capcom a su proposer une aventure plus riche et généreuse que l’épisode précédent, bien loin des trop courtes sept heures trente de l’épisode 7 (et loin derrière les presque vingt heures du dernier épisode). Et qu’à ces onze heures il faut donc rajouter les dizaines d’heure supplémentaires offertes par le contenu bonus et les deux gros DLC inclus : Les Ombres de Rose et le mode Mercenaire.



Les Ombres de Rose : la déception


Justement, concernant le DLC principal intitulé « Les Ombres de Rose » (Shadows of Rose), il étend l’histoire en suivant Rose devenue adolescente, toujours sous la protection du BSAA, l’organisation de lutte contre le bioterrorisme placée sous l’égide de l’ONU et cofondée par Chris Redfield. Elle vit mal ses pouvoirs qui la privent d’une vie sociale normale. Lorsqu’un membre du BSAA lui propose une expérience psychique capable de l’en débarrasser définitivement, Rose saute sur l’occasion. Cette plongée mentale la replonge dans certaines zones déjà parcourues lors de l’aventure principale, avec une différence de taille : Le Duc, notre allié mystérieux du jeu de base, se révèle être l’un des antagonistes. Que fait-il ici ? Quels pouvoirs détient-il ? Quelle est sa relation avec Miranda ? Les réponses arrivent tardivement, et en attendant, il rejoint Eveline et Miranda dans la galerie des méchants.


Le DLC, Les Ombres de Rose.

Le gameplay mêle pistolet, fusil à pompe et… les pouvoirs magiques de Rose. Cette dernière mécanique étant censée renouveler l’expérience. On progresse dans des décors recyclés, on se fait courser par quelques nouveaux monstres, on résout deux ou trois énigmes et on joue au chat et à la souris avant un affrontement final convenu. Le verdict est sans appel : c’est un contenu sans grande inspiration, ennuyeux à mourir, qu’on boucle en 2h30 chrono avec le sentiment d’avoir perdu son temps. Un gâchis regrettable qui ne parvient jamais à justifier son existence face à la qualité écrasante du jeu principal.


Le Mode Mercenaires



Heureusement, le mode Mercenaires vient compenser cette déception. Ce mode arcade pur et dur met le joueur dans des arènes fermées où il faut éliminer le maximum d’ennemis dans un temps limité tout en enchaînant les kills pour augmenter son multiplicateur de score. Plusieurs personnages sont disponibles, chacun avec son arsenal et son style de jeu propre. Chris Redfield joue plutôt bourrin avec ses armes lourdes, Ethan Winters privilégie l’équilibre, et deux autres personnages déblocables apportent leur touche unique (Lady Dimitrescu et Heinsenberg).


Le mode devient rapidement addictif grâce à son système de progression. Entre chaque mission, on retourne voir le marchand pour améliorer ses armes, débloquer de nouveaux équipements et augmenter ses capacités. Puis on replonge dans l’action pour tenter de battre son record précédent et grimper dans les classements et surtout, obtenir la précieuse notation S. C’est simple, efficace, nerveux, et ça offre un excellent défouloir pour ceux qui veulent juste tirer sur tout ce qui bouge sans se préoccuper de l’histoire ou de la gestion des ressources. Un mode parfait pour les pauses gaming courtes et intenses.



Une splendeur technique


Pour clore ce test revenons un moment sur l’aspect graphique du titre, car ici le jeu exploite à fond la puissance de la machine et fait d’ailleurs le tour de force d’être sans doute l’un des plus beaux jeux disponibles sur Nintendo Switch 2, devant même le dernier épisode Resident Evil Requiem. Les détails de tellement d’éléments sont si poussés que c’est sans conteste le titre le plus incroyable de la saga à ce niveau. On y voit les pores de la peau, la rouille et le craquellement des peintures sur les décors, les échelles usées par le temps… La neige, les effets de lumière, tout est splendide. Tout ceci bien aidé, il faut le dire, par le level design époustouflant.



Alors bien sûr qu’il y a eu du downgrade par rapport aux versions PC, PlayStation 5 ou Xbox Series, notamment sur la neige qui perd un peu de sa densité et de ses effets de particules. Mais les sacrifices ont été faits intelligemment, de telle sorte que jamais cela ne se ressente pendant le jeu. Capcom a su prioriser ce qui compte : la stabilité du framerate, la qualité globale des textures et les effets de lumière qui créent l’ambiance. Le résultat est pour le moins bluffant et prouve qu’avec une bonne optimisation, même une console hybride peut faire tourner des jeux techniquement ambitieux sans trop de compromis visuels.


On ressent, à de très rares moments et dans certains lieux uniquement, une chute du framerate, surtout vers le secteur de Moreau. Ces baisses ponctuelles, probablement dues aux effets aquatiques et à la densité des ennemis dans cette zone, restent néanmoins anecdotiques et n’impactent jamais réellement l’expérience de jeu. Rien de gênant qui viendrait gâcher le plaisir, juste quelques micro ralentissements que seuls les joueurs très attentifs remarqueront.



Le chef-d’Å“uvre horrifique


Avec une durée de vie généreuse et variée, des modes de difficulté redoutables dont l’infernal Village des Ombres réservé aux masochistes, une rejouabilité monumentale grâce à la boutique spéciale et aux points de complétion, le mode Mercenaires addictif et de nombreux bonus à débloquer incluant making-of et courts-métrages, cette Gold Edition à 49,99 € constitue un rapport qualité-prix absolument imbattable. Même le DLC Les Ombres de Rose, bien que décevant et sans inspiration, ne parvient pas à ternir un tableau par ailleurs éclatant.


Resident Evil Village est un chef-d’Å“uvre horrifique qui clôt brillamment l’arc Ethan Winters et parvient à satisfaire aussi bien les puristes en quête de survival horror classique que les amateurs d’action nerveuse. Respectant l’héritage tout en osant innover, impressionnant techniquement tout en restant parfaitement jouable sur une console hybride, le plus beau cauchemar de la Switch 2, et sans doute l’un des meilleurs Resident Evil jamais créés, offre ici un passage obligé pour tout possesseur de la console qui se respecte, et un argument de vente à lui tout seul pour ceux qui hésitent encore à franchir le pas. Bienvenue au village, et bonne chance pour en repartir.



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