Test de SnowRunner sur Nintendo Switch 2

En résumé

  • Sorties :
  • 9 Juin 2026
  • 9 Juin 2026
  • 9 Juin 2026

L'avis de Draco

SnowRunner n'est pas un jeu pour tout le monde, et il ne s'en cache pas. Lent, têtu, parfois punitif, il ne conviendra ni à ceux qui cherchent l'adrénaline ni à ceux qui veulent décompresser en pilote automatique après une longue journée. Mais pour qui accepte de jouer le jeu de la lenteur, de la planification et des petites victoires arrachées à la boue, il offre l'une des expériences de conduite les plus gratifiantes et les plus originales du moment. Cette édition Nintendo Switch 2 ne réinvente rien, mais elle corrige enfin les faiblesses techniques qui bridaient la version Switch. Plus nette, plus fluide, plus lisible et parfaitement taillée pour le jeu en mobilité, elle devient sans conteste la meilleure façon de vivre l'aventure sur une console Nintendo. Un simulateur d'une richesse folle, qui se mérite mais ne déçoit jamais ceux qui savent prendre leur temps.

Les plus

  • Un gameplay lent, tactique et incroyablement gratifiant
  • Une sensation d'exploration grisante et un contenu colossal avec tous les DLC (50+ cartes, 100+ camions)
  • Ces galères en cascade qui deviennent de vraies petites aventures
  • Une nette montée en résolution et en lisibilité par rapport à la Switch
  • Des rétroviseurs enfin fonctionnels et une belle palette d'options de confort
  • Le mode portable, idéal pour grignoter sa progression par sessions
  • Une mise à niveau gratuite pour les possesseurs de la version numérique Switch
  • Un mode coop plutôt sympa et du crossplay

Les moins

  • Toujours pas la version la plus fine techniquement (PS5, Xbox et PC gardent l'avantage)
  • Un peu de popping et quelques imperfections visuelles
  • Une prise en main aride, qui peut décourager les néophytes
  • Un rythme très lent qui ne conviendra pas à tout le monde
  • Les possesseurs d'une copie physique Switch privés de mise à niveau gratuite
  • On aurait aimé une version incluant de base tous les DLC
  • Nintendo-Difference

    par Draco

    le 11 août 2026 20:18

Il y a des jeux qui demandent des réflexes d’acier, et puis il y a SnowRunner, qui demande surtout de la patience et un bon sens de l’itinéraire. Débarqué par surprise sur Nintendo Switch 2 le 9 juin 2026 au détour d’un Nintendo Direct, ce simulateur de conduite tout-terrain signé Saber Interactive (édité par Focus Entertainment) n’est plus un inconnu : sorti à l’origine en 2020, il avait déjà tenté sa chance sur la première Switch en 2021, non sans quelques concessions. Le voici de retour sur Nintendo Switch 2 avec la promesse d’enfin tourner comme il faut. Proposé à 39,99 € sur l’eShop, il s’offre une remise à niveau technique qui pourrait bien en faire la meilleure version portable du genre.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.


SnowRunner


Un jeu où la route est l’ennemie


Disons-le d’entrée, car c’est LE contresens à éviter : SnowRunner n’est absolument pas un jeu de course. On n’y roule pas pour aller vite, on y roule pour arriver, et rien que ça, c’est déjà tout un programme. Suite spirituelle de MudRunner (lui-même héritier de Spintires), le titre place le joueur au volant de plus de quarante véhicules tout-terrain sous licence (Ford, Chevrolet, Freightliner et compagnie) avec une mission en apparence simple : transporter de la marchandise d’un point A à un point B. Sauf qu’entre les deux se dressent la boue épaisse, les rivières déchaînées, la neige profonde et des routes qui ne méritent même pas de s’appeler ainsi.



L’aventure démarre dans le Michigan, où l’on rejoint une équipe chargée des efforts de reconstruction après une inondation dévastatrice qui a ravagé la petite ville de Black River. Après un bref tutoriel, le jeu lâche le joueur dans la nature et le laisse se débrouiller. La boucle est limpide sur le papier : accepter des contrats, livrer des cargaisons, empocher de l’argent, améliorer ou acheter des véhicules, puis recommencer. Mais c’est le terrain lui-même qui constitue le véritable défi.


Petites galères, grandes victoires


SnowRunner a une façon bien à lui de transformer la frustration en satisfaction. Une simple livraison peut virer au cauchemar parce qu’on a choisi le mauvais itinéraire, sous-estimé la profondeur d’une ornière ou fait confiance à un camion clairement pas taillé pour la tâche. On s’embourbe, on verse son chargement, on tombe en panne d’essence, et soudain la mission consiste à sauver le camion que le joueur vient de planter en tentant de dégager le camion juste avant. On sort le treuil, on redresse le véhicule renversé, on recharge la cargaison à la grue, et on repart. Ces galères en cascade ne sont pas des punitions, ce sont elles qui créent les aventures les plus mémorables du jeu, celles qui dépassent de loin le cadre du contrat.



Le maître mot, c’est la patience. On repère d’abord le tracé avec un véhicule de reconnaissance léger avant d’y envoyer du lourd, puis on active la vitesse courte et la transmission intégrale pour limiter les risques d’enlisement tout en consultant le codex des terrains, parce que rouler dans la boue n’a rien à voir avec rouler sur la neige. Chaque erreur coûte du temps, du carburant ou du matériel, mais chaque erreur fait apprendre quelque chose. À bien des égards, on pourrait dire de SnowRunner qu’il est un peu le Dark Souls du volant, et c’est vrai. C’est exigeant, parfois punitif, mais toujours juste, et une livraison menée à bien procure une fierté démesurée au regard de tout ce qui aurait pu mal tourner.


Un immense bac à sable à explorer


Au-delà des contrats, SnowRunner brille par son gigantesque terrain de jeu, fait de cartes interconnectées réparties sur plusieurs régions inspirées du Michigan, de l’Alaska ou de la Russie. Les fameuses tours de guet, une fois atteintes, dissipent le brouillard qui masque la carte et révèlent objectifs, améliorations et véhicules cachés à dénicher. Quel plaisir de tomber au détour d’un chemin sur un Scout 800 abandonné ou un Hummer H2 à moitié immergé dans un lac, de le récupérer, le réparer et le promouvoir au rang d’éclaireur personnel. Cette boucle de découverte est l’une des plus grandes forces du jeu, car explorer récompense presque toujours par un nouvel outil qui rendra les prochains contrats plus abordables.



Le contenu est colossal, fruit de six années de mises à jour et de Season Pass. On parle de plus de cinquante cartes et d’une centaine de camions à débloquer. Autant dire qu’on ne s’ennuie jamais, et qu’il n’est pas rare de passer plus de trente heures rien que dans la première région sans en avoir fait le tour. Évidemment, il faudra passer à la caisse pour obtenir encore plus de cartes, de missions et de véhicules en achetant les nombreux DLC disponibles à la carte sur l’eShop. Le jeu de base propose déjà trois vastes régions et une quarantaine de véhicules à débloquer, de quoi tenir des dizaines d’heures.


Concernant les tâches à effectuer au cours des différentes missions, elles aussi sont d’une belle variété puisqu’il faudra dégager des éboulements, reconstruire des pipelines, installer du matériel de forage, remorquer des véhicules en perdition… On avance à son rythme, en choisissant librement quels contrats relever et quand. Les vétérans en quête de sensations fortes pourront d’ailleurs se frotter au Mode Difficile, qui fait payer le carburant, les réparations et les récupérations, interdit de modifier l’heure du jour et bride la revente de matériel. Autant prévenir : celui-là ne pardonne rien.



Enfin une version Nintendo à la hauteur


Beaucoup de possesseurs de la version Nintendo Switch se demandaient, à juste titre, ce que cette mouture Nintendo Switch 2 apportait par rapport à la version parue sur la première Switch. La réponse est claire : énormément de confort. Là où l’ancien portage impressionnait par sa seule existence, tout en accusant une résolution adaptative franchement floue, cette édition grimpe désormais jusqu’à 1440p en mode téléviseur, avec des textures nettement plus fines et un éclairage retravaillé. L’image est bien plus propre, et les décors gagnent en immersion. Saber Interactive a également profité du surcroît de puissance pour ajouter un détail que les amateurs réclamaient : des rétroviseurs enfin fonctionnels.



Attention toutefois à ne pas se méprendre : il ne s’agit pas d’une refonte, mais d’une version musclée du moteur d’origine. Beaucoup de modèles et de décors conservent la même géométrie qu’auparavant, et pour qui cherche le rendu le plus propre possible, les versions PlayStation 5, Xbox Series ou PC gardent forcément l’avantage. Côté fluidité, le jeu vise un framerate variable avec un plancher à 30 images par seconde, capable de grimper plus haut dans les moments calmes sans jamais descendre en dessous (1080p en portable et 1440p dynamique en mode téléviseur). On note bien quelques imperfections visuelles et un peu de popping ici et là, mais rien de rédhibitoire.


Le vrai gain, en réalité, dépasse la simple question esthétique, car SnowRunner est un jeu où l’on scrute en permanence le sol pour deviner où la boue est la plus traître et où les roues trouveront encore de l’adhérence. Une image trop floue ne gâche pas que le spectacle, elle nuit à la lisibilité, donc au confort de jeu. Sur Nintendo Switch 2, ce désagrément s’estompe nettement, au point qu’on a enfin le sentiment de se battre contre le terrain plutôt que contre la console et, de ce côté-là, le contrat est rempli. Le mode portable, lui, se prête étonnamment bien à l’exercice : une mission, un itinéraire, une tentative de sauvetage qui s’éternise… on grignote sa progression par petites sessions, et ça fonctionne à merveille.



Un compagnon exigeant


Reste que cette version ne change pas la nature profonde du jeu, car si vous aviez déjà décroché parce que SnowRunner vous semblait trop lent ou trop obstiné, ce n’est pas ce portage qui vous fera changer d’avis. Le titre peut se montrer d’une lenteur éprouvante, et perdre une demi-heure parce que son camion s’est renversé au pire endroit possible fait partie du deal. Les premières heures, en particulier, peuvent submerger le néophyte sous une avalanche de contrats, de systèmes et de menus que le jeu n’explique pas toujours avec pédagogie. On apprend surtout en essayant, en échouant, puis en recommençant. Fort heureusement, une belle brochette d’options de confort permet d’adoucir un peu la marche (réglage du champ de vision, suppression du grain ou du flou de mouvement, marqueurs d’objectifs, réglages audio individuels, mode immersif épurant l’interface, ou encore plusieurs schémas de contrôle).


SnowRunner propose également un mode coopératif plutôt sympathique jouable jusqu’à quatre joueurs (une coop classique et une coop en partie locale). À plusieurs, l’entraide prend tout son sens : on se répartit les tâches d’un même contrat, on escorte un camarade en difficulté ou on unit ses treuils pour extraire un mastodonte enlisé jusqu’aux essieux. Une façon autrement conviviale d’aborder les pires bourbiers. Cerise sur le gâteau, le crossplay s’invite lui aussi puisqu’avec la Saison 18 arrivée en juillet dernier, les conducteurs sur Nintendo Switch 2 peuvent désormais rouler aux côtés de leurs homologues des autres plateformes, des consoles de salon au PC.


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