En résumé
L'avis de Goonpay
Au premier abord, Splatoon 3 n’offre rien de plus que Splatoon 2, ce pourquoi le qualificatif de grosse mise à jour peut effleurer les lèvres. Pour autant, ce serait se mettre des œillères et tout simplement renier le fait que le troisième volet d’une série reste une suite à cette même série, surtout quand son concept a été clairement établi, posé et ciblé. A la manière d’un Mario Kart qui reste un Mario Kart, d’un Smash Bros qui reste un Smash Bros, Splatoon reste Splatoon. Les fondements du jeu sont les mêmes, l’expérience reste intense, les détails sont plus poussés, les bases déjà présentes sont affinées, la campagne solo bien ficelée, le multi toujours aussi addictif, la facilité de prise en main juste excellente… Au final, Splatoon 3, c’est comme le champion de natation. Il ne change pas du tout au tout, mais il parfait sa technique pour gagner des précieuses secondes. Il est sans conteste possible la meilleure expérience Splatoon disponible à ce jour, et, avec le suivi que l’on connaît de Nintendo pour ses mises à jour régulières, nul doute que les calamars ont de l’avenir !
Les plus
Les moins
par Goonpay
le 2 octobre 2022 11:00
Est-il nécessaire de présenter Splatoon, la licence propulsée sur la Wii U en 2015 qui, malgré les ventes fébriles de son support, s’est taillé une sacrée réputation, et est devenue une des séries phares chez Nintendo ? Alors qu’on imaginait assez facilement le numéro 2 finir sa vie en même temps que la Switch, un peu à la façon d’un Mario Kart 8 Deluxe ou d’un Super Smash Bros Ultimate, c’est lors du Nintendo Direct du 17 février 2021 que Nintendo a créé la surprise en annonçant l’arrivée en 2022 de Splatoon 3. Chose promise, chose due, le TPS le plus coloré du jeu vidéo est donc arrivé ce 9 septembre 2022 et compte bien faire couler beaucoup d’encre !
Pour les trois paumés du fond, voici l’explication rapide du jeu. Splatoon 3 est un jeu de tir à la troisième personne (TPS) dans lequel le joueur incarne un Inkling (et/ou Octaling depuis Splatoon 2) armé d’un pistolet à peinture. Une aventure en solo est disponible, mais c’est essentiellement du côté du multijoueur que le titre tire tout son potentiel. On distingue trois gros modes multi, à savoir un pour le fun (Guerre de Territoire), un plus axé compétitif (Anarchie) et un coopératif (Salmon Run). Dans le classique « Guerre de territoire », deux équipes de quatre joueurs s’affrontent et ont pour objectif d’encrer de sa couleur un maximum de la zone en trois minutes pour remporter la partie.
Le mode Anarchie, accessible en solo ou en équipe, propose quatre formules : Défense de zone, Expédition Risquée, Mission Bazookarpe et Pluie de palourdes. Comme son nom l’indique, la « Défense de Zone » oblige les joueurs à capturer des points et les protéger pour faire baisser le compteur et remporter la partie. L’« Expédition Risquée » est une escorte d’un stand dont il faut prendre possession jusqu’à un point défini dans le camp adverse sachant qu’une étape checkpoint est désormais nécessaire. La « Mission Bazookarpe » est une sorte de Capture the Flap dans lequel l’équipe doit amener un bazooka dans son camp. Le porteur de l’arme dispose d’une attaque spéciale, mais n’est plus aussi libre de ses mouvements et sa position est clairement identifiée. Bref, c’est à l’équipe d’assurer la défense du porteur. Enfin, la « Pluie de palourdes » oblige les joueurs à ramasser des palourdes (8 au lieu de 10 auparavant) pour constituer une super palourde permettant de détruire le but adverse.
Le « Salmon Run » réunit quatre joueurs sur une île et se déroule en trois étapes, chacune nécessitant de ramener un nombre d’œufs défini dans sa base. Les œufs sont détenus par des boss de différents types qu’il faut vaincre. Le choix des armes n’est pas libre et tourne à chaque tour. Tout de même plus récurrent que les festivals, ce mode coopératif n’est pas toujours disponible.
Les festivals justement sont simplement des événements dans lesquels le joueur choisit son camp parmi trois propositions au lieu de deux dans les épisodes précédents. À la fin de la session, le camp qui totalise le meilleur pourcentage selon un calcul bien particulier comptabilisant plusieurs critères que l’on ne décrira pas dans le détail ici l’emporte. Bien entendu, les joueurs ayant choisi le camp victorieux obtiennent un peu plus de récompenses que les autres.
Enfin, Splatoon 3 a aussi son mini-jeu à la salle d’arcade. Un peu plus conséquent que ceux des précédents épisodes, « Cartes et Territoire » est donc un jeu stratégique dans lequel il est toujours question de remplir de sa couleur la surface de jeu, mais cette fois-ci à l’aide de cartes représentant des formes. Il est possible de placer ses cartes n’importe où sur le plateau selon des règles bien précises. Le joueur peut créer plusieurs decks et collectionner un bon paquet de cartes au travers des autres modes de jeu.
Splatoon 3 ne réinvente pas la roue. Son concept reste le même et c’est donc naturellement que l’on peut voir en lui une simple mise à jour de Splatoon 2. Les mauvaises langues diront même qu’il propose moins de choses puisqu’il n’y a, par exemple, pas autant de maps actuellement.
Tout ceci est vrai, en tout cas, pour le moment. Mais c’est évidemment sur le long terme qu’il faut regarder. Aux 12 stages actuels (dont 5 inédits et 7 déjà connus) s’en ajouteront d’autres au fur et à mesure des mises à jour, tout comme pour les armes. Le package des précédents est d’ores et déjà présent avec quelques nouveautés comme les éclatanas et les trisperceurs en armes principales, le ricocheur en secondaire et les Districool, Crabe d’Assaut, Cavalsquale, Sonar Paf, Haut Perceur etc. pour les spéciales.
Deux nouveaux mouvements font aussi leur apparition : la Vrille calamar et la Déferlante calamar. Le premier permet de sortir de l’encre en vrillant dans la direction opposée sans perdre de vitesse et le second d’effectuer un saut en hauteur à partir d’un mur. Sur le papier, une fois de plus, rien d’exceptionnel, toutefois, manette en main, la maîtrise de ces techniques offrira aux joueurs les plus assidus de nouveaux moyens de mettre la pression.
Au final, Splatoon 3 respecte l’adage du « facile à jouer, difficile à maîtriser ». Le gameplay, toujours aussi simple et efficace, assure un plaisir immédiat à tous les participants, quel que soit leur niveau, mais la différence entre les joueurs aguerris et débutants se ressent immédiatement une fois sur le terrain. À noter que les modes les plus compétitifs ne sont pas accessibles immédiatement et que les matchs X prévus dans une future mise à jour seront, là aussi, destinés aux élites.
Pour les réfractaires au online (donc ceux à qui Splatoon n’est pas vraiment destiné), il reste le mode histoire. La campagne solo intitulée « Le retour des Mammifériens » propulse Numéro 3, la nouvelle recrue de l’escadron Espadon, accompagné d’un Salmioche domestiqué en plein cœur d’un nouveau monde. Persuadé que c’est encore un coup de DJ Octave qui a, une fois de plus, enlevé le Poisson Charge, l’amiral Macalamar disparaît mystérieusement après le premier affrontement et l’effondrement du sol dévoile donc Alterna, une sorte de banquise infestée par des boules de poil. L’objectif étant de faire la lumière sur cette affaire, Numéro 3 doit, au travers de nombreuses missions, récolter des œufs pour nourrir son Salmioche, seul être capable de dévorer cette substance étrange dont il raffole. La grande force de cette aventure réside bien dans la grande variété des niveaux proposant des phases de plates formes, de séances de pur shoot, de contre-la-montre, etc. avec des contraintes au niveau de l’armement ou des compétences disponibles. Cela permet à la fois d’appréhender tout un tas d’armes, mais aussi de techniques.
Le monde d’Alterna regorge de secrets et son exploration permet d’obtenir des collectibles en tout genre dont des éléments de décoration pour le casier, mais aussi des sardines et des points d’amélioration pour son arbre des compétences. Comptez bien entre dix et quinze heures pour compléter ce mode solo.
Splatoon, c’est de la convivialité, un esprit déjanté et de la musique en toile de fond. Pour ce qui est de l’ambiance sonore, c’est toujours à double tranchant. Cette sensation d’entendre un peu toujours le même son en boucle et les voix des personnages un peu chewing-gum peuvent lasser, pour autant, l’atmosphère sonore participe entièrement à l’esprit des calamars. C’est rythmé, coloré et bien en adéquation avec l’action.
Pour le reste, Nintendo a décidé de revoir le hub central et de pousser un peu plus encore la personnalisation. Au niveau du look du personnage, le choix reste toujours limité à quelques coiffures et couleurs de yeux, mais beaucoup de petits détails sont apparus comme la plaque du joueur, son titre et sa pose de victoire customisables. Le joueur dispose aussi d’un casier dans lequel on affiche les objets collectés qui se renouvellent à chaque saison, un bon prétexte à faire participer les joueurs sur le long terme (tout ce qui est inutile est indispensable !). Le hub a aussi été revu avec la Cité-Clabousse, plus pratique, plus animée et la zone d’attente avant un match est devenue une zone d’exercice. Les vendeurs habituels d’habits sont toujours là. Le système de bonus a été légèrement remanié avec la possibilité d’échanger une pièce, de revoir ses bonus ou de faire appel à Tipik pour manipuler ses passifs.
Pour finir, histoire d’être sûr de ne pas oublier les mollusques, et grâce au service SplatNet 3 de l’application Nintendo Switch Online, disponible sur iOS et Androïd, outre le chat vocal, il est possible de poursuivre l’expérience en achetant des vêtements chez Céphalochic (il y a des soldes !), de garder un œil sur les statistiques, le catalogue, le planning des maps et de remplir quelques objectifs dans L’Odyssée d’Omar pour obtenir des bonus en jeu.
En somme, Splatoon 3 corrige les errances de Splatoon 2 et ajoute son lot de bonus pour pousser le joueur à en faire toujours plus, et ça fonctionne.
Pour tous les jeux en ligne, il y a bien deux critères assez importants : le netcode et le matchmaking. La démo lancée avant l’arrivée du jeu laissait entrevoir des serveurs solides, un temps d’attente faible, mais toujours des petites déconnexions. Le premier festival qui a eu lieu ce week-end du 24 et 25 septembre 2022 a confirmé la situation. Il arrive toujours de se faire déconnecter ou de voir une partie annulée pour faute de déconnexion. Dans l’ensemble, c’est assez rare et surtout, hormis un gros problème de réseau, on retrouve une partie dans la minute qui suit.
Pour ce qui est du matchmaking, les choses sont pour le moment un peu plus complexes étant donné la jeunesse du jeu, les différences de niveaux ne sont pas encore totalement établies. L’accès au match Anarchie se faisant à partir du niveau 10, il faut déjà avoir bataillé quelque temps (ou avoir une sauvegarde de Splatoon 2) pour y participer. Ils sont divisés en deux catégories : en série où il faut enchaîner jusqu’à 5 victoires rapporte plus de points pour le rang mais ne peut se faire qu’en solo alors que le mode ouvert permet de former un groupe avec un ennemi et ne se joue que sur une partie. Il faut aussi souligner l’arrivée des matchs à trois équipes en 4vs2vs2 qui, en tout cas dans le cadre de ce test, n’ont pas souvent eu lieu lors du festival.