Test de SteamWorld Build sur Nintendo Switch

En résumé

  • Sorties :
  • 1 Decembre 2023
  • 1 Decembre 2023
  • 1 Decembre 2023

L'avis de Kalimari

À l'instar des autres opus de l'univers SteamWorld, la création de The Station mêle simplicité et plaisir de jeu avec brio. Visuellement plaisant et doté d'un tutoriel complet sans être pénible, le titre propose également un twist bienvenu dans son game design en y incorporant une touche de dungeon crawler avec ses mines à explorer et sécuriser. On peut toutefois regretter une bande-son anodine et un manque certain de rejouabilité, notamment lorsque vient le prix demandé au passage en caisse ; trente euros pour un peu plus de huit heures de jeu, c'est un poil cher. Il n'empêche, que l'on soit désireux de découvrir un genre habituellement réservé aux PC ou que l'on soit fan d'une série désormais bien installée dans l'imaginaire des joueurs, difficile de bouder son plaisir face à la réussite indiscutable que représente SteamWorld Build.

Les plus

  • Visuellement agréable
  • Parfait pour les novices en city builder
  • Le mariage avec le dungeon crawler fonctionne à merveille
  • Un rythme quasi impeccable
  • Techniquement solide
  • L'univers, les personnages et l'histoire toujours aussi attachants
  • Localisation française sans défaut

Les moins

  • L'absence de variantes de règles qui nuit à la rejouabilité
  • Une musique insipide et des bruitages parfois pénibles
  • Peu de challenge dans son ensemble, même en difficile
  • Assez cher vis-à-vis du contenu et de l'ambition du titre
  • Nintendo-Difference

    par Kalimari

    le 22 décembre 2023 10:00

Disponible sur Nintendo Switch, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series et PC depuis le 1 décembre, SteamWorld Build signe l’arrivée de la série dans le monde du city builder. Comme toujours avec l’univers d’Image & Form (studio désormais fusionné avec celui de Thunderful Games), ce nouveau titre se veut accessible pour les néophytes du genre. Mieux encore, les développeurs de The Station – les développeurs derrière ce projet – ont ajouté à leur recette une touche de dungeon crawler, agissant à la fois comme une sorte de rappel aux explorations minières de SteamWorld Dig, mais également un moyen de diversifier sa boucle de gameplay. Proposé au prix de 29,99 € sur l’eShop, on vous dévoile si SteamWorld Build a su s’ériger ou non en monument du city builder sur Nintendo Switch (et dans notre petit cœur).



Theory building


La planète se meurt. Dans un dernier élan empli d’espoir, Jack Clutchsprocket et sa fille Astrid décident d’établir une ultime colonie minière. Leur but est simple : creuser dans les profondeurs de la terre pour y déterrer des technologies spatiales anciennes et quitter une bonne fois pour toutes ce trou à rats. Accompagnés de nombreux autres steambots, mais aussi et surtout de Core, une antique machine qui semble bien au fait de ce que recèlent les souterrains du coin. C’est lui qui formera Astrid à la réception des messages plus ou moins cryptiques laissés par les habitants de cette civilisation perdue. D’autres personnages secondaires animeront la vie de la colonie tout au long de l’aventure, à l’image d’une mairesse cupide ou d’un opérateur de marché sorti de son profond sommeil. Si l’histoire reste relativement basique, elle a le bon goût de ne jamais trop s’éterniser. Mieux encore, les options du jeu proposent de désactiver cinématiques et dialogues à la création d’une partie.

Plutôt agréable à l’œil avec une direction artistique cartoon fidèle à l’esprit de la série, le titre reste toutefois assez sommaire dans ses environnements et ses modèles. Avec cinq cartes différentes, l’ambiance générale se cantonne logiquement à un biome désertique, tandis que les divers bâtiments, plantes et autres robots préfèrent se la jouer simpliste dans leur design. On ne lui en tient que très peu rigueur, puisqu’en tant que city builder, il lui faut être à la fois lisible et fluide en toutes circonstances, notamment lorsque notre ville tend à gagner en densité. Et si on aurait tout de même aimé des graphismes un peu plus détaillés, on reconnait qu’il s’agit là davantage d’un caprice personnel ; tout le long de notre partie, on a éloigné au maximum la caméra pour garder une vue d’ensemble de notre colonie. Les divers portraits des personnages, l’affichage tête haute, les menus et boites de textes façon plans de construction nous ont autrement plus ravis que lesdits graphismes ou, plus malheureusement, la bande-son terriblement oubliable de ce SteamWorld Build.


Le train-train de la mine


Une fois arrivé sur les terres qui accueilleront la colonie du joueur, celui-ci devra demander l’édification de maisons pour développer sa classe ouvrière. Cette dernière est la base de tout, puisque dédiée à la collecte du charbon et du bois, deux denrées précieuses qui pourront être utilisées comme telles ou transformées pour obtenir de nouvelles ressources. Qui dit ouvriers, dits besoins ; en plus d’un toit, il leur faudra aussi des services bien précis pour répondre à leurs demandes, comme de la production d’eau de cactus. Ainsi, au fil du temps, la colonie mêlera habitations, fermes, scieries et autres usines en tous genres. La progression du joueur est définie par des jalons, lesquels agissent comme des niveaux. Chaque jalon demande un objectif précis, comme héberger une centaine d’ouvriers. Une fois atteint, le joueur aura accès à de nouvelles constructions, mais aussi et surtout à de nouvelles populations, comme les ingénieurs, les aristocrates ou les savants, lesquels possèdent de nouveaux besoins.

Très rapidement, la boucle de gameplay se met en place de manière efficace, notamment grâce à un rythme soutenu. On reste rarement bloqué sur le même jalon, et lorsque c’est le cas, la gare de la colonie nous permet d’effectuer des échanges de ressources pour en obtenir plus facilement et atteindre plus rapidement les objectifs fixés par le prochain jalon. Comme dans tout bon city builder, le joueur devra aménager la région de manière réfléchie pour faire correspondre les diverses usines et dépôts entre eux, ainsi que les habitations et les nombreux services requis. En effet, chaque bâtiment possède une zone d’influence limitée, lesquelles peuvent être étendues par des routes. Leur efficacité varie selon la qualité du chemin choisi, allant du simple sentier au circuit magnétique, en passant par le béton. Certaines parties de la région peuvent devenir de véritables casse-têtes pour que tout devienne fonctionnel, répondant à la fois aux besoins des steambots et optimisant l’industrie et ses livraisons.


 

Des idées qui fusent


La mission principale du joueur reste de construire une fusée pour que ses robots échappent à la destruction inévitable de leur planète, mais pour y arriver, il faudra creuser sous terre et mettre la main sur des technologies anciennes. Une fois la colonie suffisamment développée, il sera possible de remettre à neuf le puits du coin pour accéder aux mines et découvrir un tout nouveau pan du titre. Une fois les entrailles de la terre foulées, il faudra établir des camps de mineurs, de prospecteurs et autres mécaniciens pour explorer les recoins sombres des galeries alentours. À la manière des SteamWorld Dig, les mineurs s’occupent de creuser dans la roche à condition d’avoir les bons outils (pioches, foreuses…). Les prospecteurs eux, récoltent et ramènent à la surface les ressources abondantes (filons, eau, gaz, champignons…). Les mécaniciens répareront les autres robots et machines cassés. Chaque camp doit être agrandi pour abriter davantage de travailleurs.

Si le premier étage n’oppose que peu de difficultés, les suivants sont assurément plus périlleux. Là encore, en progressant dans la partie, le joueur débloquera de nouvelles options et types de camps, comme les gardes, la machinerie ou l’arsenal. Les premiers sont là pour repousser les monstres fossilisés dans la roche et les invasions provoquées ou spontanées, tandis que la machinerie permet la construction d’extracteurs de ressources pour faciliter la vie des prospecteurs. Enfin, l’arsenal habilite le joueur à la pose de systèmes de défense automatiques (ondes sonores, lance-flammes, lance-roquettes…) comme le ferait un tower defense. D’autres atouts de taille permettent de dompter le terrain, à l’image des ponts, des pavés augmentant la vitesse des robots les piétinant, ou encore des tapis roulants pour livrer les ressources sans l’aide des prospecteurs. Il faudra toutefois faire attention à la solidité des zones creusées, les plafonds tendant à se fragiliser et à s’effondrer ; la construction de piliers devient alors primordiale, sous peine de détruire machines et robots malchanceux.


L’oasis, puis les mirages


Une fois la fusée montée et le plein d’essence réalisé, le joueur est libre d’actionner son décollage ou non. La faire s’envoler signera la fin de l’aventure et donc de la partie. Dans le cadre de ce test, il nous aura fallu huit heures pour voir le bout du scénario et accéder aux crédits de fin. Courte certes, mais intense, sans jamais un temps mort et toujours avec la satisfaction de voir sa colonie s’agrandir. Le gameplay ne semble absolument jamais souffrir d’un quelconque défaut d’équilibrage ou de répétitivité, tandis que la pose des divers éléments se fait sans soucis aucun. Tout est compréhensible rapidement grâce à des tutoriels limpides, lesquels peuvent être également désactivés à la création d’une partie. Une fois le générique de fin achevé, on s’est empressé de lancer une nouvelle aventure, mais sur une autre carte et avec une difficulté plus élevée. Si le mode normal et difficile sont explicites, le mode histoire lui s’apparente à un mode facile. La quatrième option agit quant à elle comme un bac à sable ou toutes les ressources sont illimitées.

Lors des parties suivantes, malgré le fun toujours bien présent, il nous a fallu se rendre à l’évidence : non seulement les différentes régions présentes assez peu de différences visuelles, mais surtout, elles ne proposent aucune variante dans leurs règles. On aurait aimé devoir composer avec des terres moins fertiles pour le tamisage du sable dans l’une d’elles, posséder une station davantage fréquentée pour multiplier plus facilement les échanges dans une autre, ou encore faire face à des mines infestées d’ennemis pour l’ultime carte. On peine d’ailleurs à comprendre la volonté des développeurs de proposer cinq régions si celles-ci n’apportent aucune différence fondamentale en dehors de leur topographie. En résulte une certaine redondance une fois la première partie achevée, et rares seront les motivés à parcourir de fond en comble les différentes cartes mises à disposition. La durée de vie – qui s’annonçait particulièrement copieuse – peinera à dépasser la quinzaine d’heures chez la majeure partie des possesseurs du titre.

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