En résumé
L'avis de Lion Alhazred
The House of the Dead : Remake est un drôle de paradoxe : techniquement indigne, artistiquement raté, mais sauvé par ses options de jouabilité et ses quelques ajouts. En gyroscope ou en tactile, le plaisir immédiat est bien là, frénétique et nostalgique. Le mode Horde, le scoring et le multijoueur ajoutent un peu de rejouabilité. Mais difficile de se défaire de l’impression que SEGA et Forever Entertainment n’ont pas offert à ce monument de l’arcade le traitement qu’il méritait. Même si c’est un mauvais remake, ça reste malgré tout le mauvais remake d’un jeu culte. Comme il est régulièrement soldé sur l’eShop à moins de 3 €, il peut valoir le coup le temps d’une soirée : une heure à dégommer du zombie, seul ou à deux, histoire de se replonger avec nostalgie dans un genre hélas disparu.
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par Lion Alhazred
le 27 novembre 2025 13:00
Remake d’un classique de SEGA sorti en arcade en 1997 puis porté sur Saturn et PC en 1998, The House of the Dead : Remake tente de ressusciter l’expérience des rail shooters de la fin des années 90 sur consoles actuelles. Développé par les Polonais de MegaPixel Studio (déjà responsables du remake de Panzer Dragoon) et édité par Forever Entertainment – éditeur à la production prolifique, spécialiste autoproclamé des remises au goût du jour d’anciennes gloires parfois oubliées du jeu vidéo –, ce retour avait de quoi intriguer… mais aussi inquiéter, connaissant la mauvaise réputation des précédentes sorties de l’éditeur.
Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’une version commerciale.
Pour les petits jeunes qui nous lisent, The House of the Dead est un rail shooter. Autrement dit, un titre où l’on fait face à une série d’ennemis à abattre le plus vite possible avant de se faire attaquer. Particularité du genre : impossible de se déplacer librement. Le jeu se résume à une succession d’écrans fixes, les transitions étant assurées par des cinématiques. Très populaire en arcade dans les années 90, ce type de jeu a aujourd’hui totalement disparu. Les bornes d’époque étaient équipées de faux pistolets : on visait et tirait directement à la main.
Côté scénario, il ne faut pas s’attendre à des miracles : on incarne Thomas Rogan ou l’agent G au choix, chargés d’explorer un manoir où le professeur Curien mène de sordides expériences. Sans surprise, le domaine grouille de zombies et de créatures mutantes qu’il faudra réduire en charpie. Rien de plus qu’un prétexte aux fusillades, mais c’est tout l’esprit arcade de l’époque.

Dès les premières minutes, le constat est rude : visuellement, le jeu est en dessous des standards actuels. Il ressemble à un titre de lancement Xbox 360, et encore, pas un de ceux qui avaient un vrai budget. Modélisations sommaires, textures datées, effets spéciaux simplistes : le rendu global ne déçoit pas seulement, il donne vraiment l’impression d’un projet bricolé à la va-vite pour soutirer un peu d’argent aux nostalgiques. Pire encore, la direction artistique est un blasphème. Là où l’original proposait une ambiance plutôt sombre, ce remake tente une colorimétrie différente… mais qui tombe complètement à plat. Les environnements manquent d’atmosphère, les teintes paraissent mal choisies, et l’ensemble est hideux, trahissant l’esprit du jeu original au lieu de le sublimer.
Autre point noir : la bande-son. Les compositions mythiques de 1997 (signées Tetsuya Kawauchi) sont absentes, remplacées par une soupe générique vite écoutée, vite oubliée. Et pour ne rien arranger, la localisation des dégâts semble moins précise que dans le jeu original : un comble pour un jeu de la franchise.

Le contenu de base est toutefois bien présent : cinq chapitres, tout le bestiaire d’origine et même les embranchements multiples qui apparaissent lorsqu’on parvient à sauver les scientifiques disséminés dans les niveaux. Ces détours permettent de refaire plusieurs fois la campagne afin de découvrir tous les secrets. Il est d’ailleurs possible de débloquer de nouvelles armes, comme un fusil d’assaut ou un lance-grenades. Pour cela, il faut terminer les trois premiers chapitres en sauvant tous les civils rencontrés, afin d’accéder à l’armurerie et de récupérer ces armes spéciales dans les différents niveaux. Mais il ne s’agit pas d’une grande aventure : il faut à peine une heure pour venir à bout des quatre chapitres principaux de la campagne. Ça fait un peu court, même si la rejouabilité – inhérente au genre – compense partiellement cette brièveté.

Là où le remake surprend agréablement, c’est dans ses différentes options de jouabilité. Le mode gyroscope, grâce aux Joy-Con, reste sans conteste la meilleure manière de jouer. Il simule correctement l’arme de la version arcade et redonne ce feeling nerveux propre aux rail shooters. Avec le rechargement manuel en visant hors écran, on retrouve véritablement les sensations d’époque. Le jeu tactile, de son côté, s’avère étonnamment fun. Pianoter frénétiquement l’écran fait son petit effet, et les gâchettes facilitent le rechargement. L’expérience est certes trop facile, mais elle possède un charme immédiat et on se surprend rapidement à y prendre goût. En revanche, le jeu au stick est à éviter absolument : ni précis, ni amusant, il gâche totalement l’expérience.
On peut tout de même saluer quelques options bienvenues, comme le rechargement automatique, qui se révèle particulièrement utile en mode gyroscope, où viser hors écran pour recharger peut fatiguer à la longue. En revanche, si l’on peut cacher entièrement le HUD, il est impossible de masquer uniquement le viseur. Autant cela reste compréhensible en mode stick, voire pratique en gyroscope, autant en tactile cela devient totalement inutile. Côté contenu, le remake ne se contente pas de reproduire l’expérience originale et propose quelques ajouts. Le mode Horde, inédit, multiplie le nombre d’ennemis à l’écran. Le résultat est nerveux, intense, et particulièrement jouissif en tactile, apportant un peu de difficulté supplémentaire. Trois niveaux de difficulté classiques (facile, normal et difficile) sont disponibles et modulent le nombre de continues, mais les puristes préféreront sans doute le mode Arcade. Deux systèmes de scoring sont également proposés : un mode Classique fidèle à l’original, et un mode Moderne qui introduit la possibilité de multiplier son score jusqu’à ×5 en enchaînant plusieurs ennemis sans se faire toucher, ce qui encourage une approche plus agressive. Enfin, le jeu peut aussi se pratiquer à deux, aussi bien en coopératif qu’en compétitif, chacun devant alors chercher à obtenir le meilleur score, recréant un peu l’ambiance des salles d’arcade.
En fin de compte, malgré ses défauts évidents, ce remake procure un certain plaisir. La nostalgie n’y est sans doute pas étrangère, et l’on avoue s’être surpris à relancer une partie de temps en temps, juste pour passer une heure à se laisser emporter par le mode tactile.