Test de The Hundred Line -Last Defense Academy- sur Nintendo Switch

En résumé

  • Sorties :
  • 23 Avril 2025
  • 24 Avril 2025
  • 24 Avril 2025

L'avis de Skyward

The Hundred Line - Last Defense Academy- est un tactical RPG intégrant des éléments de gestion de calendrier à la Persona. Si le gameplay ne révolutionne rien, il demeure assez bien exécuté dans son classicisme. On aurait certes aimé un peu plus de richesse et de variété dans la gestion des temps libres à l'académie, mais les combats, bien que redondants, sont assez divertissants par ailleurs. L’intérêt du jeu réside principalement dans le fait qu’il soit fortement basé sur les choix du joueur avec une centaine de fins disponibles qui sont toutes très différentes et forment un arbre de possibilités à la fois riche et complexe. Malheureusement, cette mécanique n'apparaît pas avant une trentaine d’heures et la fin des 100 premiers jours de l’aventure, ce qui est assez rébarbatif et ne plaira clairement pas à tous les joueurs. On réservera donc cette aventure aux plus obstinés et aux plus patients, sachant qu’il faut également bien maîtriser l’anglais, l’aventure n’étant pas disponible en français.

Les plus

  • Quelques éléments de gameplay innovants comme les attaques suicides
  • Le chara design toujours appréciable
  • La musique super punchy
  • La très, très bonne durée de vie
  • Les personnages attachants

Les moins

  • Le parti pris d’obliger à finir 100 jours de jeu avant de pouvoir effectuer des choix
  • Le manque de variété dans les combats
  • Le gameplay assez classique au final
  • Pas de traduction française
  • Nintendo-Difference

    par Skyward

    le 11 septembre 2025 12:45

Depuis que les projets Danganronpa et Zero Escape sont terminés, leurs créateurs respectifs, Kazutaka Kodaka et Kotaro Uchikoshi, ne cessent de concevoir des jeux aux gameplays créatifs et uniques. Kodaka a notamment travaillé sur Master Detective Archives : RAIN CODE, qui reprenait les codes visuels de Danganronpa dans une enquête policière surnaturelle, et Uchikoshi a lancé sa propre saga avec AI : The Somnium Files. Après avoir collaboré une première fois sur World’s End Club, un étrange jeu au parfum d’apocalypse, les deux hommes ont remis le couvert récemment avec The Hundred Line – Last Defense Academy-, un tactical RPG aux multiples fins. Ce petit ovni vidéoludique, issu de la collaboration entre Media.Vision et Too Kyo Games – une équipe incluant notamment des mastodontes comme Masafumi Takada pour l’audio et Rui Komatsuzaki pour le character design –, est le projet coup de cœur du moment de Kazutaka Kodaka et Kotaro Uchikoshi. Voici donc notre avis sur cette étrange aventure très prenante, mais qui met BEAUCOUP de temps à démarrer.


Test réalisé sur Nintendo Switch à partir d’un code fourni par l’éditeur.


Artwork de The Hundred Line -Last Defense Academy-


Hemoanima


Dans The Hundred Line – Last Defense Academy-, on incarne Takumi, un jeune homme vivant dans un Tokyo similaire à celui de notre monde, mais existant sous un dôme géant, avec des jours et des nuits déterminés par l’allumage et l’extinction des lampes au plafond. Personne ne semble connaitre ou s’intéresser aux raisons qui font que la ville se trouve ainsi enfermée. Un jour, une alerte sonne, la ville se fait envahir de créatures étranges, et une étrange mascotte nommée Sirei active un pouvoir nommé hemoanima chez Takumi, lui permettant de se transformer et de battre les monstres à l’aide d’une arme apparue de nulle part. Takumi est ensuite enrôlé par Sirei et téléporté dans une salle de classe avec d’autres jeunes personnes dans une situation similaire. On leur explique que leur seule mission est de défendre cette académie pendant 100 jours sans interruption, et de protéger ce qui est le dernier espoir de l’humanité. L’école se trouve à la surface de la Terre, sans dôme au-dessus d’elle, et est entourée de flammes violettes aux propriétés étranges. Si le contexte des élèves kidnappés et enfermés dans une salle de classe rappelle Danganronpa, le jeu plaisante rapidement à ce sujet et explique très clairement que ce n’est pas ce type d’aventure où tout le monde doit s’entretuer, bien au contraire. Malheureusement, à peine quelques jours après l’arrivée des élèves, Sirei est retrouvé mort, et avec lui disparaissent toutes les chances d’avoir rapidement des explications. Les jeunes gens sont donc en autonomie absolue pendant une bonne partie de l’aventure.


Artwork de The Hundred Line -Last Defense Academy-


Deux de tension


Une des spécificités et un des intérêts principaux de The Hundred Line – Last Defense Academy- est le fait que, bien que l’aventure comporte une centaine de fins différentes dépendant de nombreux choix du joueur, on ne peut effectuer aucune décision avant la fin des 100 premiers jours. Il faut donc investir au moins une trentaine d’heures dans cette aventure de base avant de pouvoir débloquer le potentiel réel du jeu. Nous ne parlerons pas de ce qu’il se passe à la fin des 100 jours, étant donné que cela nécessiterait des spoilers majeurs. En revanche, on peut dire que c’est un démarrage un peu long avant de pouvoir faire ce qui intéresse la plupart des joueurs. L’intégralité des 100 jours aurait pu être une aventure à part entière, et quand on démarre la partie intéressante, on a l’impression d’être dans un post-game alors qu’on est encore complètement dans le cœur de l’aventure principale. Une expérience à réserver aux plus patients donc, ce qui n’était pas forcément notre cas. On note cependant que la complexité des branches de l’histoire témoigne clairement d’un projet passion un peu fou de ses créateurs, et d’un jeu concocté avec soin et amour. Heureusement, en dehors des choix, le gameplay reste le même avant et après les 100 premiers jours, donc on peut en parler en détail.


Image de The Hundred Line -Last Defense Academy-


Activités parascolaires


Les journées de Takumi sont réparties entre jours de repos et journées orientées par l’histoire, comportant la plupart du temps des phases de combat intensives et des attaques de boss. Durant les journées de temps libre, le jeu s’apparente à un Persona-lite, l’idée étant de passer du temps avec ses camarades et d’explorer l’école, ainsi que ses environs, afin de pouvoir progresser et d’être prêt quand les combats se produisent. Différentes pièces de l’école se débloquent avec le temps, élargissant le spectre des activités accessibles. Takumi peut choisir de passer du temps avec ses camarades, leur offrir des cadeaux, améliorer son arme, améliorer ses pièges et ses potions, s’entraîner au combat grâce à une machine VR ou aller collecter des ressources à l’extérieur.


Image de The Hundred Line -Last Defense Academy-


Copains comme cochons


Concernant la partie sociabilisation, elle est assez basique. Takumi peut aller à la rencontre d’un camarade et lui parler directement. En général, une discussion va générer un mot-clé qui va lui permettre de pouvoir plus facilement trouver des cadeaux qui pourraient lui plaire. Parler avec un camarade permet de faire progresser les notes de Takumi dans les matières scolaires associées à cette personne (sciences, maths, EPS, etc.). Mais pour augmenter plus sensiblement les notes, il faut offrir des cadeaux à ses copains. Pour offrir des cadeaux, il faut se rendre à la machine à cadeaux et, en échange de matériaux bruts, générer un présent qu’on offre par la suite. Un cadeau qui plaît à une personne permet de faire progresser énormément les statistiques de Takumi. Un cadeau plus générique ne servira pas à grand-chose. Le menu de chaque personnage permet de suivre les cadeaux les plus appréciés.


Image de The Hundred Line -Last Defense Academy-


Arsenal de pro


Les statistiques de Takumi lui permettent ensuite d’améliorer son équipement, ses potions et ses pièges dans d’autres pièces de l’académie, moyennant également de l’argent et des matériaux bruts. L’argent est obtenu en explorant, en effectuant des combats ou en s’entraînant. Concernant les armes, il est urgent de débloquer toutes les attaques des armes des personnages qu’on envoie au combat afin d’avoir un large panel de possibilités lors des batailles. Les potions et pièges arrivent plus tard dans l’aventure, mais sont indispensables dans les derniers combats afin de booster nos personnages et de ralentir l’ennemi.


Image de The Hundred Line -Last Defense Academy-


Chasse au trésor post-apocalyptique


Les matériaux nécessaires à la confection des cadeaux, des pièges et des potions se collectent à l’extérieur de l’école. Là où une des autres activités prend une demi-journée à Takumi, l’exploration lui prend une journée entière. Il peut sélectionner jusqu’à trois camarades pour l’accompagner et sortir de l’enceinte de l’académie. Il peut alors explorer une immense carte composée de plusieurs zones, dont certaines verrouillées en fonction de la progression générale dans l’aventure. Chaque secteur se présente sous la forme d’un jeu de société. On peut choisir à tout instant entre deux chiffres aléatoires correspondant au nombre de cases dont on peut avancer. Les cases correspondent à des combats avec des ennemis, des points de collecte ou des événements, et permettent de récupérer de l’argent, des ressources et de l’expérience. Les héros peuvent être blessés au cours des combats ou lors d’événements aléatoires. Si les PV de tout le monde tombent à zéro, il faut alors retourner immédiatement à l’académie. On note que certaines des cases comportent des ressources uniques permettant de crafter des cadeaux rapportant énormément de points auprès de certains camarades. Malheureusement, il faut bien reconnaitre que cette exploration s’avère inutilement complexe et rébarbative.


Image de The Hundred Line -Last Defense Academy-


De la tactique un peu classique


En dehors de ces phases de temps libre, l’histoire progresse, la plupart du temps, lorsque l’école se fait attaquer par les envahisseurs. Le gameplay passe alors en mode tactical RPG. Les ennemis attaquent en plusieurs vagues, la dernière étant souvent celle du boss. Les étudiants doivent alors défendre l’école, l’objectif étant, 80 % du temps, d’empêcher la destruction du bouclier de l’académie. Malheureusement, à part quelques combats vers la fin, le terrain de combat est la plupart du temps le même, le jeu faisant varier un peu les objectifs selon les boss agressant les héros. Pour un tactical RPG, les combats manquent quelque peu de diversité et d’excitation, et on s’ennuie souvent assez vite, avec juste des hordes d’ennemis de plus en plus nombreux et pénibles. On ne choisit pas non plus qui est envoyé au combat, cela dépend de l’histoire. Les combats sont assez basiques, chaque personnage ayant des pouvoirs et capacités liés à son hemoanima. Certains tapent ainsi très fort sur un seul adversaire, tandis que d’autres sont meilleurs pour exterminer un grand nombre d’ennemis fragiles. Il est possible de créer des combos en tuant des ennemis plus résistants, ce qui permet d’augmenter le nombre d’actions par personnage et la durée du tour du joueur. Il est également possible de déployer des pièges pour ralentir l’ennemi et protéger la barrière, ou d’utiliser des potions pour booster l’attaque, la défense ou rendre des PV aux héros. Petite caractéristique fun cependant : chaque personnage peut débloquer une super attaque quand la jauge est suffisamment remplie, mais cette super attaque peut aussi être lancée si le perso a des PV très bas, ce qui entraîne une monstrueuse attaque suicide. Les héros étant ressuscités par des machines spéciales entre chaque vague d’ennemis, cela s’avère particulièrement intéressant. Les boss sont par ailleurs assez cool avec des gimmicks uniques comme diffuser une brume invisible ou faire un lavage de cerveau aux élèves.


Image de The Hundred Line -Last Defense Academy-


Esthétique sympathique


Visuellement et musicalement, pas de surprises : on est bien sur un jeu à la sauce Too Kyo Games avec des personnages dans lesquels on reconnait instantanément le style de Rui Komatsuzaki. On y retrouve ainsi cette esthétique Danganronpanesque qui est sa marque de fabrique et qu’on ne peut s’empêcher d’adorer. Ces personnages complexes avec des archétypes pourtant très marqués ont un capital sympathie assez fort. Le travail sur l’audio de Masafumi Takada est toujours aussi appréciable, avec des envolées électro épiques qui donnent beaucoup de saveur à l’aventure. Le jeu tourne sans problème visuel ni ralentissement majeur sur Switch, pas de problème à signaler de ce côté-là. On regrette toutefois que, comme souvent, le jeu ne soit disponible qu’en anglais ou en japonais.



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