Test de The Rogue Prince of Persia sur Nintendo Switch 2

En résumé

  • Sorties :
  • 16 Decembre 2025
  • 16 Decembre 2025
  • 16 Decembre 2025

L'avis de Draco

The Rogue Prince of Persia s'impose comme un roguelike solide, généreux et particulièrement plaisant, capable de séduire aussi bien les amateurs du genre que les fans de la saga. Une aventure pleine, maîtrisée et sincère, qui prouve que Prince of Persia peut encore se réinventer sans renier son ADN.

Les plus

  • Gameplay très agréable à prendre en main
  • Mélange des genres particulièrement réussi (plateforme, exploration, roguelike)
  • Système de progression gratifiant et bien pensé (arbre de compétences, médaillons, forge, camp évolutif)
  • Grande variété d'armes et de styles de jeu
  • Direction artistique inspirée et forte identité visuelle
  • Bande-son remarquable, mêlant avec justesse modernité et influences persanes
  • Contenu généreux pour les amateurs de complétion

Les moins

  • Difficulté globale trop faible de base
  • Boss principaux globalement trop simples
  • Quelques bugs techniques (collisions, zones accessibles anormalement, blocages en boutique)
  • Structure roguelike répétitive qui pourra ne pas convenir à tous les joueurs
  • Nintendo-Difference

    par Draco

    le 12 février 2026 9:00

The Rogue Prince of Persia est un roguelike développé pour le compte d’Ubisoft par le studio bordelais Evil Empire, fondé par d’anciens membres de Motion Twin, à qui l’on doit l’excellent Dead Cells. Nous avons d’ailleurs consacré un article complet à ce studio, consultable à cette adresse. Ce nouveau Prince of Persia propose une approche différente des épisodes que nous avions l’habitude de voir pour revenir à une formule plus ancienne en 2D, orientée action-plateforme et en mélangeant intelligemment les genres. Le jeu reprend ainsi des idées du tout premier Prince of Persia sur NES, qui proposait de la plateforme exigeante et un sens du timing dans l’exécution des mouvements, et y ajoute des éléments de Metroidvania via l’exploration, et surtout une structure roguelike fortement inspirée de titres comme Dead Cells (forcément, c’est en partie la même équipe), Children of Morta, Curse of the Dead Gods ou encore Hades.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.


Artwork de The Rogue Prince of Persia


Quand les Huns attaquaient la Perse…


Le jeu suit les aventures du prince de Perse qui, après un affrontement contre le roi des Huns, Nogaï, revient pour ne trouver que ruines et cendres : sa ville et les bourgs du pays ont été ravagés, et l’armée de son père comme celle de sa mère ont été écrasées par les forces hunniques. Il apprend alors que, pour remporter la victoire, Nogaï a eu recours à la magie noire. Bien décidé à se venger et surtout à retrouver ses parents ainsi que son frère, le prince se lance dans une quête mêlant vengeance et rédemption, pour lui-même comme pour tout son peuple.

Résolument tourné vers la plateforme et l’action, The Rogue Prince of Persia s’appuie sur des mécaniques bien connues de la saga, comme la course sur les murs ou les pirouettes avant et arrière en plein combat. Le prince acrobate dispose de plusieurs actions clés : un puissant coup de pied déclenché avec le bouton X, capable de repousser les ennemis et parfois de les faire chuter mortellement, une attaque principale sur Y correspondant à l’arme équipée (échangeable ou achetable à la manière d’un RPG, chacune avec ses forces et faiblesses), ainsi qu’une arme secondaire activée avec le bouton A, consommant une jauge d’endurance. Cette dernière ne peut être rechargée qu’en éliminant des ennemis.



Parmi les mécaniques d’acrobatie, le joueur peut compter sur une jauge spéciale appelée le Souffle de Vayu, visible sous la barre de vie. Elle se remplit en réalisant des actions parfaitement timées et, une fois activée, augmente temporairement la vitesse du prince ainsi que ses dégâts, renforçant considérablement le rythme des affrontements. Certains ennemis bénéficient d’une aura protectrice les rendant résistants aux attaques classiques et insensibles au coup de pied. Il faudra alors faire preuve d’ingéniosité en utilisant les éléments du décor, en projetant des objets ou en insistant avec ses attaques pour briser leur défense.

Au fil des niveaux, le joueur récupère des cendres d’âmes, un collectible central du gameplay. Dépensables à l’Oasis (le hub de départ de chaque run), elles permettent de débloquer de nouveaux objets et améliorations pour les parties suivantes. Ces âmes s’obtiennent sur certains ennemis vaincus ou via des fontaines d’âmes, généralement placées avant les combats de boss. Le dédale de chemins est vaste, et des portails de déplacement facilitent les allers-retours, à condition de les avoir débloqués en progressant dans les niveaux. Tout au long de l’aventure, plusieurs PNJ, alliés ou alliés de circonstance, comme Paachi le forgeron, viennent épauler le joueur. Une fois rencontrés, ils rejoignent l’Oasis et offrent l’accès à de nombreuses armes, amulettes et améliorations.


Image de The Rogue Prince of Persia


Les niveaux adoptent une structure tentaculaire, avec plusieurs chemins menant à des zones distinctes. Il faudra donc les parcourir de nombreuses fois pour en découvrir toutes les routes et secrets, d’autant que chaque action influe sur leur évolution. De nouveaux passages s’ouvrent, des ennemis apparaissent, et certains bonus ou personnages font leur apparition dans des zones pourtant déjà traversées. Les niveaux sont ainsi vivants et en constante évolution.


Échouer, c’est avoir la possibilité de recommencer de manière plus intelligente !


La mort fait partie intégrante de l’expérience : mourir équivaut à recommencer depuis le début, tout en conservant l’ensemble des déblocages permanents, à l’exception des âmes collectées durant le run. Le jeu adopte pleinement un die and retry assumé, où progresser passe par l’échec, l’apprentissage et la répétition, jusqu’à devenir suffisamment fort et maîtriser parfaitement ses actions. Un concept répétitif, inhérent au genre et qui peut ne pas plaire à tout le monde, mais qui en fait pourtant tout le sel. The Rogue Prince of Persia mélange habilement les mécaniques de plateforme héritées de la saga et celles du roguelike, où le joueur revient à chaque run un peu plus puissant. Il est d’ailleurs extrêmement difficile de vaincre un boss sans avoir effectué plusieurs parties au préalable, d’autant que ces derniers gagnent en puissance au fil de l’avancée du scénario et des affrontements répétés.

Artwork de The Rogue Prince of Persia

Après chaque mort, le joueur retourne au campement principal, où il peut investir les points de compétences gagnés pour accéder à un arbre de compétences proposant des améliorations actives et passives. Chaque run renforce le personnage : augmentation définitive de la barre de vie, déblocage de médaillons, accumulation d’or et de cendres d’âmes, bref, des ressources indispensables à la progression. Les médaillons occupent une place centrale dans le gameplay. Ces objets puissants, aux effets variés et parfois conditionnels, peuvent être combinés entre eux pour créer des synergies efficaces. Leur nombre est limité et ils doivent être retrouvés à chaque partie, rendant leur gestion essentielle, bien qu’il soit possible de débloquer un certain nombre de ces précieux colifichets dès le démarrage d’une partie, à condition d’avoir acheté ce bonus dans la boutique de l’Oasis.

Au détour des couloirs, le prince croisera d’autres boutiques permettant d’acheter, de remplacer ou d’améliorer ses armes. Le râtelier est particulièrement riche : épées rapides et équilibrées, haches lentes mais dévastatrices, lances rapides et maniables pour le combat à distance, et bien d’autres armes plus originales encore (vous avez déjà pris une casserole sur la tronche ?). Chaque catégorie offre une approche différente, renouvelant constamment les runs. Chaque nouvelle tentative peut proposer des armes principales et secondaires inédites, rendant chaque partie légèrement différente de la précédente. Le camp évolue lui aussi avec la progression : la forge apparaît rapidement, permettant de débloquer définitivement armes et outils contre des cendres d’âmes durement gagnées, et l’atelier de Paachi fonctionne sur le même principe pour améliorer les médaillons et accorder divers bonu passifs. Peu à peu, d’autres personnages rejoignent l’Oasis, ce lieu où le prince revient inlassablement à la vie.


Image de The Rogue Prince of Persia


Une histoire rondement menée


Sur le plan conceptuel comme artistique, le jeu s’inspire clairement de références du genre telles que Dead Cells ou Hades, tout en affirmant une identité propre. Une carte mentale, accessible dans les menus, permet de suivre les intrigues sous forme de points d’interrogation qui se dévoilent progressivement au fil de l’exploration et des découvertes. Le contenu s’avère généreux pour les amateurs de complétion, avec un grand nombre de runs à effectuer. Battre le boss final ne marque d’ailleurs pas la fin de l’aventure : de nouvelles routes apparaissent, le scénario progresse et la guerre est encore loin d’être terminée.

Le jeu propose trois boss principaux, chacun doté de ses propres mécaniques. S’ils demandent un minimum de concentration, ils restent globalement assez simples, voire trop simples, ce qui constitue l’un des reproches majeurs du titre. Heureusement, il est possible de durcir l’expérience en activant des malus optionnels qui renforcent ennemis et boss tout en multipliant les gains d’XP et de cendres d’âmes. En effet, à un certain stade de l’aventure, le joueur peut ajouter des difficultés supplémentaires au début de chaque run, augmentant la jauge de drop et la difficulté globale, mais aussi les récompenses. Pour cela, il faut avoir vaincu le boss final : chaque victoire permet d’obtenir des pierres de défi, chacune appliquant un malus spécifique lorsqu’elle est activée à l’Oasis. En contrepartie, la collecte d’armes et d’or est largement décuplée, permettant aux joueurs les plus aguerris de corser l’expérience tout en progressant plus rapidement.


Image de The Rogue Prince of Persia


Le jeu souffre malgré tout de quelques bugs, notamment des zones qui devraient être inaccessibles mais qui ne le sont pas, entraînant parfois des problèmes de collision ou des incohérences dans les décors. On note également certains blocages plus gênants, comme l’impossibilité occasionnelle de quitter une boutique, obligeant alors à relancer le jeu. Ce souci a notamment été rencontré lors de l’achat du pack cupide spécialisé dans l’or, impossible à récupérer sans provoquer un plantage (et que l’on n’a d’ailleurs jamais pu débloquer).


Ô nuits d’Arabie… aux rêves infinis… Pays merveilleux


Sur le plan technique et artistique, The Rogue Prince of Persia s’en sort très bien. Les décors et les seconds plans sont de toute beauté et bénéficient d’une véritable patte graphique qui confère au jeu une identité visuelle forte et une ambiance réussie. L’habillage sonore n’est pas en reste, avec des musiques et des effets parfaitement calibrés pour accompagner aussi bien l’action que le déroulement de l’histoire. Du très bon travail de la part du compositeur Daniel Z. Asadi, qui a réussi à mélanger les genres tout en conservant l’authenticité des musiques persanes. C’est une grande réussite à la fois visuelle et sonore.


Image de The Rogue Prince of Persia


Au terme de cette aventure exigeante et généreuse, The Rogue Prince of Persia laisse donc une impression solide, oscillant entre maîtrise et générosité. Voilà donc une relecture particulièrement réussie de la licence, qui parvient à marier l’héritage de Prince of Persia avec une structure roguelike moderne et maîtrisée. Porté par un gameplay nerveux, précis et grisant, le titre brille par la richesse de ses mécaniques, la variété de ses armes, la pertinence de sa progression et une boucle de jeu extrêmement efficace, capable de rendre chaque run légèrement différent du précédent. Si le jeu assume pleinement sa nature répétitive (inhérente au genre), il parvient à en faire une véritable force grâce à un système de progression gratifiant, un campement qui évolue intelligemment et des possibilités de personnalisation nombreuses, tant dans les builds (qu’on aurait peut-être aimés plus poussés) que dans la difficulté.

Tout n’est cependant pas parfait. La difficulté de base, trop permissive, et des boss principaux globalement trop simples pourront frustrer les joueurs les plus aguerris, tandis que quelques bugs techniques viennent parfois ternir l’expérience. Mais si peu finalement au vu de toutes les autres qualités. N’oublions pas de préciser que sur Switch 2 le jeu tourne en 60 images par seconde de façon constante, mode téléviseur (et proche du 4K) ou non (1080p en mode portable), et que le rendu est impeccable.


Artwork de The Rogue Prince of Persia


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