Test de Tomodachi Life : Une vie de rêve sur Nintendo Switch

En résumé

  • Sorties :
  • 16 Avril 2026
  • 16 Avril 2026
  • 16 Avril 2026

L'avis de Klaus

Avec Tomodachi Life : Une vie de rêve, Nintendo EPD et ses associés offrent ici l'une des expériences les plus atypiques parmi tout le paysage vidéoludique de Nintendo, mais aussi dans son ensemble, tous constructeurs confondus. Étonnamment profond, cet épisode accentue les possibilités par rapport à ses prédécesseurs sur DS et 3DS, malgré quelques manquements. Certes, les améliorations pour la représentation sont présentes et les efforts sont notables et plus que bienvenus, mais on ne peut pas en dire autant dans le cas de certaines langues. En effet, que ce soit dans la version française ou espagnole, le jeu n'offre pas la possibilité de sélectionner ne serait-ce qu'un pronom neutre. On peut sélectionner un personnage non binaire dans toutes les versions, mais le message aurait gagné à être encore plus fort avec davantage de liberté pour la personnalisation et donc la représentation, et ce pour toutes les langues puisque la version anglaise permet très simplement de choisir « they/them ». Neuf ans d'idées ont permis d'agrandir l'éventail de possibilités de cet épisode, qui en fait de lui un simulateur de vie conservant les aspects minimalistes du concept de la série tout en effaçant en partie la sensation de simplement observer les personnages et le côté répétitif. Néanmoins, une certaine répétitivité peut tout de même s'installer dans le cas où l'on voudrait jouer longuement, plutôt que de profiter petit à petit du jeu quotidiennement. La personnalisation est bien plus poussée que dans l'épisode 3DS, mais peut s'avérer souvent assez frustrante, autant dans le choix des options qu'au niveau du maquillage. D'un autre côté, cela fait aussi partie du concept minimaliste de l'œuvre, et les développeurs ont su garder l'équilibre entre cette idée et les éléments plus modernes que l'on peut attendre d'une nouvelle production en 2026. Tomodachi Life : Une vie de rêve est un chef-d'œuvre de l'humour témoignant de sa très longue période de gestation, et qui laisse beaucoup plus de place à la créativité. Et ici, tout n'est pas question de talent ou de compétences artistiques : avec un peu d'imagination, on peut créer des Mii et toutes sortes d'éléments (nourriture, animaux, créatures, décorations...) qui pourront souvent donner lieu à des fous rires inégalés dans le jeu vidéo. Un jeu que l'on aime savourer à petites doses, bien que l'on aurait aimé voir davantage d'efforts, notamment en ce qui concerne la représentation. Il est possible de faire mieux.

Les plus

  • Le choix des préférences amoureuses
  • L'humour dans tous ses états
  • Un épisode qui laisse beaucoup plus de place à l'imagination et à la créativité
  • Une réalisation soignée avec des graphismes détaillés
  • Un équilibre convaincant entre la conception sonore plus moderne et l'aspect minimaliste des Mii
  • Une personnalisation bien plus poussée que sur 3DS (nouvelles options, maquillage...)
  • La possibilité de forcer un peu le destin en déplaçant manuellement les Mii
  • La customisation de l'île (routes, décors, structures, végétation, éléments personnalisés...)
  • Des situations et événements plutôt variés
  • Performances très correctes sur Nintendo Switch 2

Les moins

  • Pas de pronoms neutres dans certaines langues, dont le français
  • Quelques manquements au niveau de la personnalisation des Mii
  • Une certaine répétitivité peut s'installer
  • L'absence d'éléments très appréciés sur 3DS, comme la salle de concert
  • Certains mini-jeux plus anecdotiques que d'autres
  • On aurait aimé pouvoir utiliser le stylet en utilisant le bâtisseur d'île
  • Nintendo-Difference

    par Klaus

    le 15 avril 2026 22:00

En 2009, à une époque où plusieurs jeux Nintendo ne quittaient pas le Japon, la division Software Planning & Development Division (SPD) de l’entreprise donnait naissance à Tomodachi Collection sur DS, le tout premier épisode d’une série de simulateurs de vie que l’on connaît désormais sous le nom de Tomodachi Life. Son réalisateur, Ryutaro Takahashi, s’était inspiré de Tottoko Hamtaro : Tomodachi Daisakusen Dechu sur Game Boy Color, et c’est Yoshio Sakimoto, le producteur, qui avait présenté le prototype à Satoru Iwata dès 2006. Des années plus tard, Takahashi et Sakamoto sont toujours là et occupent les mêmes postes sur la saga après avoir également travaillé sur l’épisode 3DS, dont la popularité a explosé mondialement, alors que le premier volet n’avait jamais été localisé. Le simulateur de vie atypique est effectivement de retour avec un tout nouveau jeu sur Switch, nommé Une vie de rêve (Living the Dream en anglais). À l’instar de son prédécesseur sur 3DS, il est clairement prêt à secouer le monde entier, comme on a pu le constater avec son annonce en 2025 qui a engendré des réactions massives, que ce soit au Japon ou ailleurs, puis avec l’arrivée d’une démo fin mars qui n’a fait qu’accroître l’impatience d’innombrables fans, mais aussi de personnes qui découvriront la série pour la première fois. Très récemment, Nintendo a également voulu mettre en avant le développement de ce nouvel épisode conçu principalement par le groupe de production numéro 4 de la division Entertainment Planning & Development Department (résultat d’une fusion entre deux divisions, SPD et Entertainment Analysis & Development, EAD). Tout aussi atypique que le jeu et la série en général, il s’est déroulé pendant neuf ans, Takahashi ayant précisé que le développement a débuté vers 2017… Soit au lancement de la Switch. Une période de gestation qui interroge et fascine, surtout d’un point de vue extérieur. Cependant, quand on connaît la série en général, et après avoir touché longuement au nouveau jeu, on peut comprendre assez vite comment et pourquoi l’équipe a travaillé aussi longtemps sur un tel titre. Après notre preview publiée le 24 mars, nous avons eu l’opportunité de continuer notre partie et ainsi découvrir la véritable étendue de Tomodachi Life : Une vie de rêve, qui pourrait bien devenir l’une des œuvres les plus percutantes jamais créées au sein de Nintendo.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.



Miirobolant


Tomodachi Life : Une vie de rêve était annoncé il y a plus d’un an, lors d’un Nintendo Direct qui révélait un court teaser d’une minute. La période de sortie était déjà fixée à 2026, mais peu d’informations avaient été divulguées. Il en était de même pour la deuxième présentation du titre lors d’un autre Direct diffusé en septembre 2025, avec une vidéo un peu plus longue et une sortie prévue pour le printemps. Cependant, fin janvier, tout change lorsque Nintendo décide d’organiser une longue présentation entièrement dédiée à ce nouvel épisode, où l’on a donc découvert sa date de sortie. Bien qu’assez complète, Nintendo a souhaité garder la surprise sur de nombreuses nouveautés de cet épisode, mais a donc présenté le concept de la série et les différences de ce nouveau jeu par rapport à ses deux prédécesseurs. Cela a permis de découvrir comment ce volet offre bien plus de liberté, autant dans la personnalisation que dans les relations entre les personnages. Deux mois plus tard, nous avons eu l’opportunité d’essayer une bonne partie du début du jeu, juste avant la sortie de la démo. Notre premier contact avait été largement positif, mais ce n’était évidemment pas assez pour livrer un verdict complet. Bien qu’assez particulier et atypique, Tomodachi Life : Une vie de rêve est un simulateur de vie, ce qui signifie que pour se forger un avis, il est plutôt conseillé de profiter de tout ce qu’il a à offrir sur une durée assez longue. Cela permet de voir comment les relations entre les Mii évoluent, de créer plus de personnages, d’agrandir l’île… Nous constations à ce stade comment les possibilités étaient bien plus nombreuses en comparaison avec la mouture 3DS. Toutefois, il y avait un doute sur le fait que la personnalisation plus poussée pouvait effacer une partie de ce qui fait la force de la série, notamment à travers la variété des scènes et des interactions entre les personnages, ce que l’on pouvait d’ailleurs reprocher à Animal Crossing : New Horizons.



Malgré l’immense popularité de l’épisode 3DS, qui constitue tout de même la dixième meilleure vente parmi les jeux édités par Nintendo sur la console, il est clair que de nombreuses personnes vont découvrir la série grâce à Tomodachi Life : Une vie de rêve, ou sont déjà en train de le faire grâce à la démo. Il convient donc de présenter le concept atypique de cette saga née à l’origine sur DS. Avant tout, Tomodachi Life est une œuvre où l’on passe son temps à observer le comportement des personnages créés par nos soins. Plutôt qu’imaginer un système d’avatars que l’on peut retrouver dans d’autres séries comme Les Sims, Tomodachi Life reprend les Mii et permet d’ailleurs d’utiliser les personnages déjà créés avec la console. Dans Une vie de rêve, cela va beaucoup plus loin : on peut donner des indications pour que le jeu génère des personnages de façon assez aléatoire, ce qui peut parfois donner des résultats assez ressemblants et ainsi accélérer le processus de personnalisation, ou bien créer un Mii de A à Z.



En choisissant d’ajuster des détails ou de créer un personnage à partir de zéro, on remarque très vite que les options sont beaucoup plus variées que dans l’interface habituelle de création de Mii. Cependant, il faut garder à l’esprit que Nintendo souhaite conserver à tout prix l’aspect minimaliste, presque robotique, de ses personnages. Cela amène à faire des compromis, et donc à proposer moins de possibilités par rapport à d’autres simulateurs de vie. C’est parfois assez frustrant, puisqu’on peut ne pas arriver à reproduire correctement les personnages que l’on souhaite recréer (par exemple, il est impossible de choisir des détails assez banals, comme la couleur de l’élastique pour la queue de cheval), ou de concevoir des Mii qui correspondent totalement à notre apparence, mais étrangement, c’est aussi ce qui fait leur force. Le volume 21 de la série d’articles « Les développeurs ont la parole » l’explique d’ailleurs plutôt bien, puisque Nintendo a souhaité volontairement garder un certain équilibre, afin que les Mii ne soient pas trop réalistes.



L’exemple montré avec l’image ci-dessus est assez parlant, puisque dans Une vie de rêve, il est désormais possible de maquiller les Mii, ce qui étend grandement les possibilités de personnalisation. Cela était déjà le cas dans la version améliorée du RPG Miitopia sur Switch, mais les développeurs avaient souhaité offrir encore plus de liberté à ce niveau. Ici, comme l’expérience est plus « minimaliste », les options sont moins diversifiées malgré la présence d’un mode artiste, ce qui peut parfois s’avérer frustrant. Par exemple, il est impossible d’avoir une vue « 3D » du visage que l’on souhaite maquiller. De même, on ne peut pas créer des mèches, à moins de vouloir créer une coiffure en choisissant donc des cheveux qui laissent assez de place pour cela au préalable. C’est la solution qui a été trouvée par de nombreuses personnes. Toutefois, le résultat peut ne pas être celui que l’on espérait. Selon la vue, par exemple en voyant l’arrière du visage ou un côté, le maquillage se voit difficilement et son rendu peut être assez bizarre. Beaucoup de personnes arrivent tout de même à trouver des compromis. De notre côté, nous avons effectivement réussi à avoir des résultats assez convaincants en essayant de recréer des personnages au design assez précis. Il est également important de savoir que le but n’est pas de reproduire trait pour trait un personnage que l’on affectionne, cela devient même assez drôle de voir comment un Mii peut être différent, tout en gardant un minimum de ressemblance. C’est d’ailleurs aussi ce qui faisait la force des deux premiers volets, mais c’était clairement une autre histoire, puisqu’il fallait user de différents stratagèmes pour contourner les grandes limites de la personnalisation, comme par exemple utiliser autrement des sourcils ou des moustaches.



Dans les Tomodachi Life, créer l’apparence d’un Mii ne suffit pas pour le personnaliser. Après avoir choisi sa taille et sa corpulence, il faut sélectionner sa date d’anniversaire. Ici, dans le cas où on ne la connaîtrait pas, il est possible de passer cette étape ou de simplement mettre son âge. Dans le cas où on ne met rien, le jeu demande s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte. Il est même possible d’empêcher le vieillissement des Mii. On peut également sélectionner le genre du personnage, entre homme, femme et, cette fois-ci, non binaire. De plus, le jeu offre la possibilité d’indiquer les liens de parenté que des Mii peuvent avoir dans le monde réel. Cela n’était pas possible jusque-là, y compris dans Tomodachi Life sur 3DS. Une vie de rêve va également plus loin en proposant de choisir la ou les préférences amoureuses des personnages. Dans les épisodes précédents, cela n’était pas non plus possible, et les Mii pouvaient uniquement entretenir des relations amoureuses hétérosexuelles. Pour les personnages de même genre, il fallait se contenter d’une relation pouvant aller jusqu’à une grande amitié. Il était tout de même possible de contourner la limite en créant par exemple un Mii féminin tout en lui donnant l’apparence d’un personnage masculin. Une vie de rêve constitue donc à ce niveau une véritable avancée, en proposant par ailleurs de sélectionner plusieurs préférences amoureuses, ou bien aucune. Cela a son importance, puisque les Mii peuvent donc avoir des relations pouvant aller jusqu’au mariage. Tous les couples peuvent aussi avoir des enfants, mais dans le cas où on ne voudrait pas que cela se produise, le titre propose une option qui peut empêcher l’arrivée d’enfants.



Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, au cours de la personnalisation d’un personnage, on peut aussi choisir le genre de tenue qu’il ou elle portera lors d’événements comme les mariages. Peu importe le genre du personnage, on peut choisir entre deux types de tenues, ou bien les deux. Il s’agit d’une nouveauté bienvenue, mais il y a tout de même un manquement important. Alors que dans la version anglaise, on peut choisir entre he, she et they/them, certaines langues du jeu comme le français et l’espagnol se contentent uniquement de proposer il et elle. Dans un jeu où il est possible de créer des personnages non binaires, il est particulièrement regrettable de voir qu’il n’est pas possible d’aller plus loin dans le choix des pronoms. Une vie de rêve ne propose pas ne serait-ce qu’un seul pronom neutre en français. C’est un point que l’on soulignait déjà dans notre preview. Il est possible de changer à volonté le pronom des Mii, tout comme le visage, le corps ou encore le maquillage, mais on aurait aussi aimé pouvoir choisir au moins un pronom neutre. Ce jeu est un exemple en termes de représentation ; il délivre un message fort, mais certaines langues sont limitées à seulement deux pronoms. On peut bien sûr attendre éventuellement une mise à jour ajoutant ce que l’on attend, mais en tenant compte du fait que le jeu est en développement depuis neuf ans, on pouvait espérer mieux.



Comme indiqué dans notre preview, les Mii ont des voix synthétisées. Ici, un nouveau moteur de synthèse vocale a été implémenté, mais les résultats sont très proches de l’épisode sur 3DS. On revient alors à l’aspect robotique des Mii, volontairement voulu par les développeurs. Dans Une vie de rêve, il est possible de choisir parmi dix types de voix par défaut, de générer une voix aléatoire ou bien de la personnaliser avec plusieurs paramètres différents. Par exemple, la hauteur de la voix des Mii peut être personnalisée. Les résultats peuvent parfois être très drôles et on comprend bien vite que l’intérêt n’est pas de trouver la voix la plus réaliste. La personnalité des Mii peut aussi être personnalisée, ce qui était déjà le cas sur 3DS. En fonction des choix, on tombera sur une personnalité précise, qui aura un impact sur les mouvements des personnages, sa façon d’approcher les autres, sa manière de parler et plus encore. La couleur de sa tenue de base et de sa maison sera aussi différente selon la personnalité (par exemple, une couleur rouge pour quelqu’un d’énergique, ou bien vert pour un personnage réservé).



Forcer le destin


Chaque Mii créé s’installe sur une île qui, au tout début, est complètement déserte. On peut choisir le nom que l’on souhaite, ou bien sélectionner un des noms proposés par défaut. S’il ne nous plaît pas, le jeu offre la possibilité d’en changer à volonté. Au lieu d’un complexe d’appartements, les personnages s’installent dans de petites maisons qui ressemblent surtout à des chambres ou au moins à des studios riquiquis. Dans leur petite maison, les Mii peuvent se mettre à jouer avec des objets ou des ustensiles qu’on leur donne. Ils ne mangent pas tout seuls : il est nécessaire de leur donner à manger régulièrement, puisque leur faim est symbolisée par un estomac dont il faut essayer de remplir la jauge au quotidien. Les Mii peuvent avoir des préférences en termes de nourriture, ce qui sera indiqué sur une petite fiche apparaissant à chaque fois que l’on ira parler à un personnage. Elle montre aussi comment les relations entre le Mii en question et trois personnages évoluent.



Comme cela était décrit dans notre preview, le début du jeu est une sorte de grand tutoriel, dans lequel il n’est pas possible de créer des Mii à volonté. On doit d’abord les observer et les faire participer à différentes activités, mais aussi faire en sorte qu’ils se rapprochent l’un de l’autre. Durant l’introduction, on a aussi accès à peu de bâtiments. Il est possible d’acheter de la nourriture à la supérette, dont la sélection (quatre plats ou aliments au maximum) change chaque jour, à condition de ne pas modifier manuellement l’heure et le jour de la console. La nourriture donnée aux Mii permet d’augmenter le niveau de bonheur. Ce dernier peut aussi augmenter en caressant la tête d’un Mii, en acceptant une requête (à condition qu’elle soit suffisamment réussie pour le personnage, comme par exemple l’accompagner pour rencontrer un Mii afin qu’ils deviennent amis), en donnant des vêtements ou en offrant des cadeaux comme des trésors. Cette approche fait penser à un RPG, puisque plus le niveau de bonheur d’un Mii augmente, plus on peut lui donner de choses, comme si ses compétences se développaient. On peut lui offrir de petites manies, comme une façon spécifique de saluer, de manger, de se déplacer, ou encore lui offrir un ustensile. Cela se verra ensuite très vite dans ses déplacements sur l’île, et si des personnages possèdent le même ustensile, ils pourront interagir de différentes manières. Cela pourra même donner lieu à des événements.



En plus du niveau de l’augmentation de bonheur, chaque action permettra d’obtenir des graines de bonheur qui pourront être versées dans la fontaine à vœux située au centre de l’île. Cela augmentera le rang de cette dernière et permettra d’obtenir des nouveautés qui seront plus ou moins importantes pour le développement des lieux, mais aussi des personnages. Cette courbe de progression peut être assez répétitive, et les personnes qui veulent à tout prix avancer très rapidement dans le jeu en verront certainement le bout au bout de seulement quelques jours. Cependant, l’attrait d’Une vie de rêve, et de toute évidence de la série dans son ensemble, réside dans le fait que l’on peut profiter du jeu à petites doses, quotidiennement, sans se mettre la pression. Le nouveau volet conserve les aspects répétitifs de la saga, mais en efface aussi beaucoup, notamment grâce à la possibilité de déplacer manuellement les Mii, qui était d’ailleurs auparavant une fonction débug uniquement. Heureusement pour lui, les développeurs en ont décidé autrement et ont choisi de l’implémenter en tant que véritable fonctionnalité importante du jeu. Toutefois, un certain équilibre a été gardé là aussi, puisque faire en sorte que des Mii se rencontrent en les déplaçant manuellement ne peut pas toujours donner le résultat voulu. Parfois, un personnage manquera une occasion de parler à un autre, certains seront déjà occupés… On constate assez tôt la variété des situations qui peuvent survenir dans le jeu.



Tous les Mii ont leurs caractères, ce qui signifie qu’ils peuvent parfois ne pas s’entendre. De plus, les relations peuvent aussi changer d’un jour à l’autre. Au cours de notre test, on a observé toutes sortes de situations. Un Mii à la personnalité timide a fini par éprouver rapidement des sentiments amoureux pour un autre personnage. Cependant, ce dernier ne le remarquait pas, et n’était pas encore à ce stade l’ami de ce Mii. Toutefois, alors que la relation n’évoluait pas, l’amour du personnage éprouvant des sentiments pour lui ne faisait que s’accroître, au point que celui-ci décide de lui faire sa déclaration. Dans ce genre de cas, le Mii nous demande conseil, et on peut alors lui dire de se lancer, de lui déconseiller ou bien de lui affirmer que c’est encore trop tôt. On a essayé les trois cas de figure. En lui disant de se lancer, il faut décider d’un lieu de rendez-vous (chez lui, ou bien à un endroit précis de l’île) et choisir une tenue, ou bien garder celle qu’il possède déjà. Sans trop de surprise, l’échec était cuisant, puisque personne n’est venu au moment de sa déclaration. Mais le personnage ne s’est pas laissé abattre et a organisé un autre rendez-vous. C’est alors qu’une amie du Mii pour lequel il éprouve des sentiments est arrivée pour lui dire qu’il n’éprouve pas de sentiments. Désespéré, le personnage a décidé d’abandonner et ses sentiments amoureux se sont transformés en simple amitié.

En redémarrant le jeu, retour à la case départ : le personnage voulait toujours faire sa déclaration (ce qui n’est pas toujours le cas des requêtes, lorsque l’on redémarre le jeu, il se peut qu’elles disparaissent, à l’inverse des déclarations), et on a alors décidé de voir ce qu’il se passe en lui disant que c’est encore trop tôt. Pour ce Mii, il a reconnu que ce n’était pas encore le bon moment, et a simplement décidé d’attendre. Depuis, l’autre personnage a fini par éprouver des sentiments amoureux, mais aucun des deux n’a fait une déclaration. Au cours de notre preview, on avait pu former deux couples de façon assez simple, bien qu’un triangle amoureux était en train de se former. On a donc remarqué que les situations peuvent être très variées et cacher une certaine profondeur, ce qui est donc un très bon point pour cet épisode.



Comme pour la nourriture, la sélection de la boutique de vêtements change chaque jour, mais est beaucoup plus grande. Cependant, en fonction de ce qu’elle propose (robe, t-shirt, chemise, collier, bonnet, chaussure, costume…), les prix peuvent être très variés, et il vaut mieux faire attention à ne pas tout acheter d’un coup. D’ailleurs, il faut savoir que l’argent s’obtient en s’occupant des Mii de différentes façons. Plus on a de Mii installés sur l’île, plus on obtient de l’argent. Et comme les bonnes actions permettent d’avoir des graines de bonheur et de débloquer de plus en plus d’éléments, cela donne aussi encore plus d’occasions de dépenser de l’argent. Cela n’est jamais vraiment un problème, à moins de vouloir tout faire très vite. On peut tout de même user de certains raccourcis, comme revendre des trésors. Ces derniers peuvent s’obtenir par exemple en observant les rêves des Mii, ou encore après avoir réussi des mini-jeux.



En ce qui concerne les mini-jeux, Une vie de rêve emprunte des idées de l’épisode 3DS, comme les quiz, tout en proposant des nouveautés. Certains mini-jeux sont plus anecdotiques que d’autres, tandis que certains peuvent parfois être assez injustes, comme ceux qui reposent sur de simples silhouettes ou des pixels. Il est assez intéressant également de voir que des rêves peuvent être également des mini-jeux, mais il est assez dommage de constater qu’ils ne vont pas non plus très loin. Mention spéciale cependant au mini-jeu de micro-shoot ’em up qui se lance lorsqu’un personnage veut faire sa demande en mariage, qui constitue parfois un petit défi et demande une certaine concentration, puisque si l’on perd trois fois, la déclaration tombe à l’eau et il faudra attendre qu’une nouvelle occasion se présente. Il se déroule dans la tête du personnage qui souhaite épouser son amoureux ou son amoureuse, et consiste à éliminer des pensées envahissantes.



Sans filtres


Parler des mini-jeux revient aussi à s’arrêter à l’humour omniprésent de la série. Avec les situations toutes aussi loufoques les unes que les autres, où l’on parvient parfois difficilement à comprendre le sens, Une vie de rêve devient rapidement très drôle et peut clairement déclencher des fous rires. Dans le cas où l’on souhaite inclure des personnages que l’on affectionne ou à qui on voudrait au moins faire vivre une vie trépidante, il est quasi certain de se mettre à rire à gorge déployée, à condition d’être suffisamment réceptif à l’humour du jeu. Cela n’est heureusement pas bien difficile, Nintendo EPD ayant encore une fois très bien compris comment s’adresser à un très large public. De plus, la traduction française, que l’on doit à Florence d’Anterroches, David Caussèque et Sabrina Bretant, avec Laurence Uhlen, Jérôme Petit et Mathieu Springinsfeld à l’assurance qualité, est une nouvelle fois très soignée, et peut là aussi déclencher de bonnes poilades. Mais tout ne repose pas sur les idées des développeurs et des linguistes, puisqu’à de multiples occasions, le jeu demande de saisir du texte. Cela inclut par exemple des expressions que l’on souhaite faire dire à des personnages, ou bien des sujets de discussions que les Mii pourront avoir, et ce tout au long du jeu. Cela peut être assez étonnant d’un point de vue extérieur, mais Une vie de rêve ne contient aucun filtre. Cela signifie que l’on peut tout à fait faire dire n’importe quoi aux Mii, y compris les mots les plus grossiers pouvant exister sur cette planète, toutes langues confondues. Il est par ailleurs assez amusant de constater que dans la version française, les personnages peuvent prononcer des mots en anglais de la bonne façon, sans passer par l’option qui permet de choisir la bonne prononciation.



Comme cela avait été expliqué à la suite du Direct entièrement dédié au jeu, Une vie de rêve n’embarque aucune fonctionnalité en ligne. Cela va même plus loin, car il est impossible de transférer des captures d’écran ou des vidéos dans l’application Nintendo Switch App sur Android et iOS. Cela peut avoir un rapport avec la grande liberté offerte par cet épisode, qui peut permettre de créer des Mii bien spécifiques et d’écrire n’importe quel mot. On peut tout de même enregistrer des captures d’écran et des vidéos et les partager en les copiant sur un ordinateur grâce à la connexion USB. À noter toutefois qu’il est possible de partager des Mii via le multijoueur local et que la fonctionnalité GameChat sera compatible sur Switch 2. Difficile de savoir si cela aurait pu être mis facilement en place, mais on aurait aimé qu’il soit possible de se partager des Mii entre profils associés à une même console.



Comme nous l’avions déjà souligné dans notre preview, Une vie de rêve donne accès à une boutique de déco qui permet de personnaliser les maisons des personnages avec une variété de styles. Après avoir suffisamment progressé dans le jeu, il devient possible de changer le sol et les murs indépendamment, ce qui vient agrandir l’éventail de possibilités. Mais ce n’est pas tout, l’atelier de création va aussi se développer et permettre de créer des sols et des murs en se servant de différentes bases ou en partant de zéro. On peut même créer du mobilier urbain avec des formes simples et des formes de maison, des toits et d’autres structures, des trésors personnalisés, de la nourriture, des vêtements et même des sols pour l’île. L’interface est similaire à celle du maquillage des personnages, avec quelques différences selon ce que l’on souhaite créer puisque le jeu offre des patrons différents en fonction du type de création (canette, bol, haut sans manches, haut à manches longues, short, jupe, pyramide, octaèdre…). Les possibilités deviennent tellement nombreuses que l’on peut parfois se surprendre à réfléchir longuement à ce que l’on pourrait bien créer pour améliorer la qualité de vie des Mii.



Ce nouvel épisode va aussi bien plus loin grâce au bâtisseur d’île, qui permet de personnaliser librement l’extérieur de l’île avec du mobilier urbain, différents types de sols et plus encore. Au-delà des créations personnalisées, le jeu donne également accès petit à petit à du mobilier que l’on peut ensuite acheter à volonté au centre d’urbanisme, à condition d’avoir assez d’argent. Il peut parfois être assez frustrant de ne pas avoir les moyens de se procurer tout ce que l’on souhaite, il vaut donc mieux faire attention à ne pas tout dépenser n’importe comment. Les Mii peuvent ensuite interagir avec les éléments du décor, ce qui peut donner lieu à de nouveaux événements et à des interactions très spécifiques.



Comme ce fut le cas sur 3DS, Une vie de rêve permet de débloquer de nouveaux bâtiments en avançant petit à petit dans le jeu, tels que le restaurant, la grande roue et le studio photo. Les Mii peuvent y aller d’eux-mêmes, ce qui peut déclencher de nouveaux événements. Néanmoins, on aurait aimé pouvoir retourner à la salle de concert. En effet, elle demeure absente de cette mouture, sans que l’on sache exactement pourquoi. On peut éventuellement espérer qu’elle revienne par le biais d’une mise à jour, d’autant plus qu’elle faisait partie des fonctionnalités les plus appréciées et les plus drôles du jeu précédent. On apprécie dans tous les cas toutes les structures proposées dans Une vie de rêve. Par exemple, le studio photo peut permettre de créer des scènes très drôles.



Neuf ans d’idées ont permis aussi à ce titre de bénéficier d’une réalisation très soignée, entre les graphismes détaillés, les performances très correctes sur Switch 2 grâce à une amélioration spécifique à la console appliquée d’emblée, sans mise à jour et permettant de profiter d’une résolution adéquate pour le mode portable ainsi que d’utiliser les contrôles tactiles lors de la personnalisation, ce qui n’est normalement pas possible quand on utilise l’option de l’amélioration du mode portable. L’ambiance sonore est elle aussi de qualité, avec des musiques signées Shinobu Nagata, Reika Nakai et Kairi Hamada, avec également la participation de Toru Minegishi, le directeur audio d’Une vie de rêve. Elles ne viennent pas non plus transcender ce que l’on pourrait attendre d’un simulateur de vie, mais contribuent à l’atmosphère si atypique de la série et accentuent son humour. Le cycle jour et nuit est également bien pensé, donnant lieu à des scènes différentes selon le moment de la journée puisque les Mii peuvent par exemple aller dormir et faire des rêves bien plus souvent.



Avec Une vie de rêve, il est évident que Nintendo EPD a su proposer un nouvel épisode plus profond et complet que ses prédécesseurs. Les défauts que l’on pouvait y trouver ont presque disparu, puisqu’il y a moins de moments où l’on peut s’ennuyer, à condition de ne pas vouloir aller trop vite. Après tout, l’un des intérêts de cette série est de jouer à petites doses. Par ailleurs, les relations entre les Mii évoluent au fil des jours. Tout ne repose donc pas sur le fait que l’on peut forcer le destin en conseillant les personnages et en les manipulant pour qu’ils fassent des rencontres. Il peut aussi être intéressant de jouer quotidiennement, ou au moins régulièrement chaque mois pour voir ce qui est proposé dans les boutiques, car les assortiments changent souvent et la nourriture peut être différente en fonction de la saison. Contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, le choix de la région au tout début du jeu n’a pas d’impact sur ce qui est proposé sur l’île, il permet simplement de sélectionner la monnaie de notre choix afin d’apporter un peu de réalisme, de faire en sorte à ce qu’elle corresponde à celle où l’on habite ou, au contraire, de choisir une monnaie différente de notre région. Très tôt, cela peut donner une idée du degré de liberté offert par ce titre.



Ce nouveau Tomodachi Life conserve bien le concept de jeu d’observation des premiers épisodes, mais va cette fois-ci beaucoup plus loin et devient un véritable simulateur de vie que l’on peut considérer comme un mini « god game ». C’est une réflexion que l’on se faisait déjà lors de nos premières impressions, car même si le titre nous tient par la main pendant plusieurs heures afin de ne pas être trop perdu, il casse les limites de ses prédécesseurs en proposant de personnaliser un grand nombre d’éléments, entre l’apparence des Mii, la création de vêtements, structures, nourritures et plus encore, ainsi que le bâtisseur d’île. La liberté a explosé depuis le volet 3DS, mais on note tout de même quelques limites qui ont visiblement été imposées volontairement afin d’éviter de se perdre dans cet épisode plus ouvert. Proposer un nouveau jeu beaucoup plus libre, sans atteindre une véritable complexité que l’on peut retrouver dans d’autres simulateurs de vie, est peut-être ce qui fera le succès indéniable de cet épisode. Après y avoir joué de nombreuses heures, il est clair que la durée de vie peut devenir colossale, voire quasi infinie si l’on a un minimum d’imagination. Certaines limites sont tout de même frustrantes et difficilement compréhensibles, comme l’impossibilité de choisir des pronoms neutres dans certaines langues. Une vie de rêve est un jeu incroyablement riche, mais il est possible de faire encore mieux en matière de représentation. Il n’y a plus qu’à espérer que ce soit pris en compte dans un avenir plus ou moins proche.



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