Test de Yakuza 0 Director’s Cut sur Nintendo Switch 2

En résumé

  • Sorties :
  • 5 Juin 2025
  • 5 Juin 2025
  • 5 Juin 2025

L'avis de Draco

Yakuza 0 : Director’s Cut reste avant tout un jeu exceptionnel, porté par une écriture remarquable, un contenu d’une richesse rare et une identité toujours aussi forte. Si cette version Nintendo Switch 2 n’est clairement pas la plus ambitieuse sur le plan technique et si ses ajouts ne suffiront sans doute pas, à eux seuls, à justifier un nouvel achat pour les joueurs ayant déjà terminé le jeu il y a quelques années, elle marque en revanche un tournant important en proposant enfin des sous-titres français officiels, une excellente nouvelle pour le public francophone. Dès lors, cette édition s’impose comme une porte d’entrée idéale pour les nouveaux venus et comme une option particulièrement confortable pour celles et ceux qui souhaitent redécouvrir Kamurocho en mode portable. Un retour solide, parfois un peu paresseux dans sa forme, mais toujours aussi marquant sur le fond, et sans doute l’un des meilleurs épisodes de la saga, autant pour débuter que pour replonger dans l’univers Yakuza.

Les plus

  • Une écriture et une narration aux petits oignons
  • Kiryu et Majima, un duo qui fait mouche
  • Un gameplay solide et varié
  • Un contenu extrêmement généreux
  • L’arrivée des sous-titres français, une vraie plus-value pour les joueurs francophones
  • Une excellente expérience en mode portable
  • La version la plus complète de Yakuza 0 à ce jour

Les moins

  • Des ajouts de la Director’s Cut dispensables pour les anciens joueurs
  • Des nouvelles scènes cinématiques à l’intérêt inégal
  • Le mode Raid au Quartier Rouge, un peu trop anecdotique sur la durée
  • Une réalisation technique correcte mais sans éclat
  • Un intérêt très limité pour ceux l'ayant déjà fait
  • Nintendo-Difference

    par Draco

    le 7 janvier 2026 15:26

Dix ans après sa sortie initiale, Yakuza 0 demeure un titre à part dans le paysage vidéoludique, un jeu dont l’impact et la réputation n’ont jamais faibli. Préquel de la saga Like a Dragon (le nom japonais de la saga Yakuza), il est encore aujourd’hui régulièrement cité comme l’un des meilleurs épisodes de la série, voire comme le point d’entrée idéal pour découvrir l’univers si particulier imaginé par Ryu Ga Gotoku Studio. Cette version Director’s Cut se distingue par une série d’ajouts et d’améliorations notables par rapport à la version originale. On y retrouve notamment de nouvelles scènes cinématiques, l’introduction de doublages anglais et chinois et un mode multijoueur en ligne inédit baptisé Raid au Quartier Rouge. Surtout, cette édition marque une étape importante pour la série puisqu’elle propose enfin une localisation complète en français, mais aussi en allemand, italien et espagnol, une première pour Yakuza 0. Le jeu intègre par ailleurs les pistes musicales sous licence issues de la version japonaise, renforçant encore l’authenticité. Pour les joueurs francophones, il s’agit donc de la toute première occasion de découvrir le titre avec des sous-titres français officiels.


Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.


Yakuza 0 Director's Cut


Une écriture et une narration toujours au sommet


Dans Yakuza 0, le joueur incarne Kazuma Kiryu et Goro Majima, deux figures devenues emblématiques, plongées dans les bas-fonds d’un Japon de la fin des années 80 gangrené par l’argent facile, les luttes de pouvoir et une violence souvent sourde mais omniprésente. Une époque que le jeu parvient à retranscrire avec une justesse impressionnante, aussi bien dans son ambiance générale que dans les thématiques qu’il aborde. Dès les premières heures, le ton est donné : Yakuza 0 raconte une histoire sombre, sérieuse et parfois brutalement réaliste, tout en laissant régulièrement s’infiltrer un humour absurde et décalé, parfaitement assumé, devenu au fil des années l’une des signatures les plus reconnaissables (et appréciable) de la série.



Car, s’il y a bien un domaine dans lequel Yakuza 0 excelle, c’est incontestablement celui de l’écriture, tant le soin apporté au scénario et aux personnages reste impressionnant. Le récit principal offre une construction particulièrement bien maîtrisée, alternant avec une grande fluidité entre les trajectoires de Kiryu et de Majima avec des enjeux qui se mettent progressivement en place et des personnages qui gagnent en épaisseur au fil des heures.



Cette version Director’s Cut introduit bien quelques nouvelles scènes cinématiques, présentées comme un enrichissement du récit, mais dont l’apport reste finalement assez discutable. Si certaines viennent apporter un léger supplément de contexte ou de nuances bienvenues, d’autres semblent plus superflues, allant parfois jusqu’à casser légèrement le rythme de passages qui fonctionnaient déjà parfaitement dans la version originale. Rien de véritablement problématique, mais il apparaît vite que ces ajouts ne constituent clairement pas l’argument principal de cette édition.



Les quêtes annexes, toujours aussi nombreuses et variées, participent quant à elles pleinement à l’identité du jeu. Entre histoires étonnamment touchantes, situations volontairement absurdes et caricatures assumées de la société japonaise, elles offrent un contrepoint bienvenu à la noirceur du scénario principal et renforcent encore davantage l’attachement que l’on développe pour cet univers et pour ses personnages, parfois bien plus qu’on ne l’aurait imaginé au départ.


Un gameplay solide et généreux



Manette en main, Yakuza 0 repose toujours sur un système de type beat’em up 3D qui n’a pas pris une ride malgré les années. Chaque protagoniste dispose de plusieurs styles de combat bien distincts, chacun apportant ses propres coups, son rythme et sa gestion de l’espace, ce qui permet de renouveler constamment l’approche des affrontements et d’éviter toute lassitude. Kiryu privilégie une puissance brute et une certaine rigueur dans l’exécution, là où Majima se montre bien plus imprévisible et agressif, offrant ainsi une variété bienvenue dans la manière d’aborder les combats.



Les Heat Actions, véritables signatures de la série, demeurent toujours aussi spectaculaires et jouissives à déclencher, renforçant le côté excessif et presque cinématographique des affrontements. Il convient de rappeler pour ceux qui découvriront la série sur Nintendo Switch 2 avec cet épisode que les Heat Actions sont la signature la plus spectaculaire de Yakuza 0. Lorsque la jauge de Heat se remplit à force d’enchaîner les coups, le combat bascule alors dans une mise en scène ultra-cinématographique (un ennemi est projeté contre un mur, écrasé au sol ou utilisé comme projectile à l’aide d’un objet du décor). Ces attaques contextuelles, déclenchées au bon moment, infligent de lourds dégâts tout en transformant chaque affrontement en véritable scène de film à la John Wu, donnant au jeu ce mélange unique de brutalité et de mise en scène excessive qui fait toute l’identité de la série.



Concernant la progression, elle s’appuie sur des arbres de compétences distincts pour chaque personnage, ce qui encourage l’investissement sur le long terme et l’adaptation progressive au style de jeu que l’on souhaite privilégier, sans jamais donner l’impression de forcer la main au joueur.


À tout cela s’ajoute une quantité impressionnante de contenu secondaire : mini-jeux en tous genres, gestion de business, activités annexes parfois improbables et défis optionnels en pagaille. Yakuza 0 est un jeu extrêmement dense, capable d’occuper des dizaines, voire des centaines d’heures pour les joueurs les plus complétistes, sans jamais donner le sentiment de remplir artificiellement son contenu.



Pas franchement raide dingue de toi !


Cette version Director’s Cut introduit également Red Light Raid (Raid au Quartier Rouge), un nouveau mode coopératif multijoueur inédit qui transforme Yakuza 0 en un beat’em up d’arène, jouable aussi bien en ligne qu’en solo, et totalement détaché de la trame narrative principale. Le principe repose sur des missions de type « raid », dans lesquelles il s’agit d’affronter des vagues successives d’ennemis avant de faire face à un boss final, dans une logique de pur défouloir.



Trois variantes sont proposées, allant du Raid En ligne via matchmaking avec des joueurs du monde entier, au Raid entre amis, en coopération locale, sans oublier un Raid Solo où l’on est accompagné d’alliés contrôlés par l’IA. Le mode permet de choisir parmi plus de 60 personnages issus de l’univers Yakuza, chacun disposant de ses propres aptitudes, allant des incontournables Kazuma Kiryu et Goro Majima à des figures plus secondaires comme Taiga Saejima, très orienté tank, Ryuji Goda ou encore Makoto Date. En enchaînant les parties, il est possible de débloquer de nouveaux personnages et d’améliorer leurs capacités via des récompenses essentiellement monétaires. Pensé comme un défouloir parallèle, Red Light Raid mise avant tout sur la variété des styles et l’aspect social pour offrir une rejouabilité potentiellement infinie, même si son intérêt reste clairement secondaire et peine à rivaliser avec la richesse du jeu principal.



Une version techniquement solide et enfin traduite


Sur Nintendo Switch 2, Yakuza 0 : Director’s Cut tourne en 60 images par seconde, aussi bien en mode portable qu’en mode docké, avec une stabilité globalement satisfaisante qui assure un confort de jeu appréciable, notamment lors des longues sessions. En mode portable, l’expérience se révèle particulièrement agréable, permettant de profiter pleinement du titre dans de bonnes conditions, sans jamais donner l’impression de jouer à une version au rabais, comme on a encore pu en voir cette année depuis la sortie de la console, et cela même alors que le jeu faisait partie des jeux de lancement de la console. Et on ne peut que féliciter Ryu Ga Gotoku Studio et SEGA d’avoir montré l’exemple, notamment sur la possibilité d’offrir un jeu très agréable à l’œil et conservant ses 60 images par seconde.



Cependant, pas de quoi non plus s’affoler et leur sortir les violons, puisque le jeu est à la base un jeu PlayStation 3 et cette version ne cherche jamais réellement à impressionner sur le plan visuel en se contentant d’un rendu très proche des anciennes versions, avec des modèles, des textures et des environnements qui accusent clairement le poids des années, auxquels s’ajoutent quelques concessions bien visibles comme de l’aliasing, des éléments d’interface parfois flous et une présentation générale qui trahit sans peine l’âge du jeu. Si l’ensemble reste tout à fait acceptable et n’entrave jamais la lisibilité ou le plaisir de jeu, il est difficile pour le fan ayant déjà fait l’épisode 0 de ne pas ressentir une légère frustration en relançant le jeu dans une version Director’s Cut qui n’en fait pas plus.



Il convient enfin de rappeler que Yakuza 0 : Director’s Cut a d’abord été proposé en exclusivité sur Nintendo Switch 2, avant de devenir également disponible, depuis le 8 décembre dernier, sur PlayStation 5, Xbox Series et PC via Steam. Si les nouveaux ajouts de cette édition ne constituent pas, à eux seuls, une raison suffisante de replonger pour les joueurs ayant déjà terminé le jeu de base, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit aujourd’hui de la version la plus complète du titre. Dans ce contexte, la version Nintendo Switch 2 tire clairement son épingle du jeu : les différences graphiques entre les plateformes restant relativement marginales, la possibilité de profiter de Yakuza 0 partout, en mode portable, confère à cette édition un avantage évident sur ses concurrentes.


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