En résumé
L'avis de Skyward
Yoshi and the Mysterious Book est une pépite d’originalité dans ce monde de brutes. Soit, c’est un jeu facile et adapté aux enfants, mais la créativité du titre et du gameplay est impressionnante. Un véritable feu d’artifice de concepts et une ode à la découverte et l’exploration. Les développeurs ont choisi de ne pas se concentrer autant sur les visuels cette fois-ci et ont tout donné pour concevoir une expérience unique et inédite, se rapprochant de l’expérience scientifique. L’idée de remplacer des niveaux standards par des pages de découvertes est très amusante et on apprécie cette inventivité. Cet épisode dispose d'une durée de vie d’au moins une dizaine d’heures en ligne droite, mais elle peut être monstrueusement prolongée en complétant les pages de Mysterius. On lui reprochera essentiellement une narration trop juvénile et minimaliste par moments.
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par Skyward
le 19 mai 2026 15:00
Dans le Marioverse étendu, les jeux Yoshi ont une drôle de place. La première fois qu’on incarnait le dinosaure dans Super Mario World 2 : Yoshi’s Island, on jouait à un platformer assez classique et occasionnellement exigeant. La saga a cependant récemment évolué vers un public plus enfantin. Les derniers jeux, clairement destinés aux plus jeunes, portaient une attention particulière aux visuels inspirés des loisirs créatifs, ce qui a pu refroidir un public plus adulte. Et sept ans après Yoshi’s Crafted World, Nintendo propose une nouvelle aventure particulièrement étrange : Yoshi and The Mysterious Book. Ce jeu, qui s’apparente plus à un travail de recherche sur des créatures mystérieuses qu’à un plateformer classique est-il créatif dans le bon sens du terme ou trop différent pour son propre bien ? Voici notre avis sur cette curieuse aventure.
Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’un code fourni par l’éditeur.
Dans Yoshi and the Mysterious Book, un étrange livre parlant nommé Mysterius et provenant de la bibliothèque de Bowser se retrouve par accident sur l’île des Yoshi à cause des bêtises de Bowser Jr. Le mystérieux ouvrage demande assistance aux illustres petits dinosaures pour reconstituer ses pages dégradées. Pendant ce temps, Bowser Jr. et Kamek parcourent aussi ses pages en semant le bazar. Mysterius est un bouquin fort péculier, ses chapitres contenant en effet des écosystèmes entiers et décrivant des créatures fantastiques aux propriétés mystérieuses. Chaque grand chapitre correspond à un type d’environnement (forêt, plaine, bord de mer) et ces milieux contiennent une poignée de créatures à découvrir et étudier. Au départ, seul un nombre limité d’environnements et créatures est disponible, et le reste est débloqué au fur et à mesure que l’on progresse dans l’aventure.
Le gameplay de Yoshi and the Mysterious Book est perturbant et agréablement surprenant dans son originalité. Contrairement aux jeux Yoshi précédents où l’on parcourait des niveaux linéaires en collectant des fleurs, cette aventure a un fonctionnement sensiblement différent. Une fois que l’on a choisi son Yoshi préféré, celui-ci est projeté dans le biome de la créature que l’on sélectionne dans le chapitre, et sa seule mission est d’interagir avec celle-ci de toutes les façons possibles afin de découvrir ses propriétés et caractéristiques. La seule façon de « terminer » officiellement un niveau est de réaliser une action majeure en lien avec le monstre de la page. Parfois, celle-ci est explicite (ramasser 4 clés pour pouvoir ouvrir une porte), et à d’autres moments, il faut beaucoup plus réfléchir à ce qu’il faut faire (par exemple, atteindre la plus haute cime d’un arbre ou pêcher le plus gros poisson de l’étang). Heureusement, Mysterius égrène des indices à la demande quand on est bloqué.
Ce jeu a la particularité d’être très facile en termes de difficulté brute. Yoshi ne peut pas vraiment être blessé ou mourir, les ennemis sont peu agressifs et il n’est jamais compliqué de finir les niveaux. C’est donc une expérience particulièrement adaptée à un public plus jeune. En revanche, côté exploration et réflexion, c’est un épisode qui peut apporter de véritables challenges, y compris pour des joueurs plus âgés. Si les trouvailles majeures sont assez simples à découvrir, compléter l’intégralité des pages de Mysterius et trouver toutes les fleurs est beaucoup plus difficile. On précise que le panel de mouvements de Yoshi est assez limité (flotter en l’air, avaler des ennemis, pondre des œufs et les lancer, faire un saut bondissant pour détruire un objet, porte un objet ou une créature sur son dos), il faut donc utiliser astucieusement toutes ces fonctionnalités pour réussir à tout débloquer.
Chaque niveau a un gameplay complètement unique, on ne sait jamais à quoi s’attendre, les créatures étant, en plus de cela, assez nombreuses. Certains d’entre eux sont basiques, comme le niveau d’introduction où l’on étudie une créature florale au comportement simple, tandis que d’autres sont plus similaires à des mini-jeux (on pense à un niveau où on surfe sur un monstre ressemblant à une planche). Enfin, quelques-uns sont particulièrement déroutants, dont un qui s’apparente à du survival horror avec une créature qui cherche à tuer Yoshi dans des ruines labyrinthiques. On est souvent surpris et on s’ennuie peu, malgré la relative facilité générale.
Lorsqu’on termine un niveau, on a la possibilité de nommer soi-même le monstre que l’on vient de découvrir ou de choisir le nom officiel proposé par Mysterius. On découvre alors toutes les pages que l’on a réussi à compléter et correspondant aux expériences qu’on a menées sur l’étrange animal. Chaque fois que l’on finit un niveau, on a accès à une nouvelle créature dans le chapitre jusqu’à découvrir celle qui fait office de boss. On a alors une interaction avec Kamek et Bowser Jr. avant de les affronter ou réparer leurs bêtises en lien avec une créature plus imposante. Chaque combat de boss fonctionne de façon unique avec une diversité aussi importante de gameplay que dans les niveaux classiques.
Au départ, certains chapitres sont verrouillés, et il faut remporter des points en effectuant des découvertes afin de les débloquer. Yoshi and the Mysterious Book a donc un côté semi ouvert car rien n’est imposé en termes de pages à remplir pour pouvoir progresser et l’exploration au sein des biomes est complètement libre. On peut aussi collecter des runes qui permettent d’obtenir des indices sur les découvertes encore masquées et bien entendu les fameuses fleurs présentes dans la plupart des jeux Yoshi. Enfin, de temps en temps, des taches d’encre apparaissent dans les chapitres pour guider Yoshi vers des actions spécifiques en le récompensant avec des runes supplémentaires.
Visuellement, après une plâtrée de jeux Yoshi orientés visuellement vers le loisir créatif, on retombe sur quelque chose de plus simple rappelant Yoshi’s Island. L’esthétique s’inspire des illustrations de livres, mais ce parti pris est assez discret et ne prend pas le dessus sur le gameplay qui constitue la véritable originalité du titre. En revanche, l’esthétique volontairement un peu brouillonne peut empêcher d’apprécier la qualité visuelle sur Switch 2. Le jeu semble en revanche tourner sans souci, y compris en mode portable. Musicalement, c’est une aventure dans la lignée des autres jeux Yoshi sans révolution, avec une patte reconnaissable et un côté choupinou et rassurant.