En résumé
L'avis de Chozo
Star Overdrive est un projet indépendant très audacieux qui peine à égaler ses modèles en raison d'un manque de finition dans ses mécaniques de combat et son rythme global. Reste un modèle du genre en termes de game design pour la partie exploration des grands espaces, quand il s'agit de proposer des rampes à tricks à l'infini dans ce vaste monde ouvert qui manque cependant cruellement de vie, et n'est pas très différent de la zone ouverte ratée de Metroid Prime 4 : Beyond. On s'inspire ici des meilleures licences, oui, mais aussi de leurs mauvais côtés.
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Les moins
par Chozo
le 23 juillet 2026 16:27
Développé par le studio romain Caracal Games, Star Overdrive s’impose comme une proposition ambitieuse mêlant action, aventure et glisse futuriste dans un monde ouvert, arborant une esthétique imprégnée des eighties. Le titre plonge le joueur dans une quête initiatique très proche d’un Breath of the Wild dans l’esprit, où la narration, bien que classique dans son poncif de « princesse en détresse », s’enrichit par la collecte de cassettes audio distillant des fragments de lore au fil de l’exploration. Mais la promesse du jeu est aussi plus primitive, avec ces kilomètres de zones remplies de rampes et de tremplins, destinés à satisfaire les amateurs de glisse façon Tony Hawk, le skate étant remplacé ici par un hoverboard. Enfin, c’est aussi l’arme utilisée par le héros qui fait parler, puisqu’il utilise un bon vieux keytar multifonction pour taper sur l’ennemi. Ils ne savent plus quoi inventer.
Test réalisé sur Nintendo Switch à partir d’un code fourni par l’éditeur.
L’histoire débute par un crash sur la planète désertique de Cebete, où Bios, le jeune protagoniste, se lance à la recherche de sa petite amie, Nous, après avoir capté son signal de détresse. Le cœur battant de l’expérience réside indéniablement dans l’utilisation de l’hoverboard, qui transforme un monde ouvert d’une surface annoncée par les développeurs de 170 km² en un gigantesque skatepark spatial. Compte tenu de la lenteur extrême de Bios lorsqu’il se déplace à pied, la planche devient le seul moyen de transport viable, offrant des sensations de vitesse grisantes et une maniabilité qui s’affine avec le temps. Le système de tricks permet non seulement de gagner du boost, mais aussi de recharger une jauge d’énergie cinétique essentielle pour progresser. Par ailleurs, un système d’arbre de compétences permet d’améliorer les statistiques de la planche, comme sa vitesse ou sa capacité à glisser sur l’eau, bien que cela impose parfois des phases de craft qui peuvent casser le rythme de l’aventure.
La structure du jeu revendique ouvertement l’héritage de The Legend of Zelda : Breath of the Wild, au point de frôler parfois le pastiche. On y retrouve des tours à activer pour dévoiler la map, ou des mines faisant office de sanctuaires, où Bios doit résoudre des énigmes plutôt ingénieuses, basées sur la physique et la manipulation d’objets pour obtenir des points de compétence. Mais là où la comparaison fait mal, c’est que l’open world proposé ici souffre d’un certain sentiment de vacuité où, en dehors des points d’intérêt principaux, les biomes manquent de vie organique, de PNJ ou d’écosystèmes dynamiques, rendant la traversée parfois monotone, malgré la qualité du level design pour les sessions de tricks en hoverboard.
Les combats constituent sans doute le point le plus problématique. Armé donc d’un keytar old school, Bios affronte des ennemis à la fois robotiques et organiques, dont certains boss impressionnants, comme d’immenses vers des sables. Le maniement du personnage au sol est cependant bien trop rigide et imprécis, manquant de l’impact nécessaire pour rendre les affrontements satisfaisants. On aura vite tendance à délaisser le corps-à-corps au profit des pouvoirs spéciaux débloqués, qui s’avèrent bien plus efficaces pour gérer les menaces, tandis que les combats de boss, réalisés sur l’hoverboard, offrent heureusement une mise en scène plus dynamique et cinématographique.
Sur le plan technique, Star Overdrive est une petite prouesse sur Switch pour un projet indépendant. Malgré quelques concessions graphiques inévitables par rapport aux versions des autres machines, comme du clipping ou des textures peu qualitatives, le titre maintient un 30 FPS stable, garantissant la fluidité nécessaire aux phases de haute vitesse. L’ambiance sonore, portée par des thèmes rock et synthwave énergiques, accompagne parfaitement les séquences de glisse, même si le silence se fait parfois trop pesant durant les phases d’exploration pure. Une expérience d’une quinzaine d’heures qui, si elle peut être grisante sur certains points, manque le coche de l’immersion totale, notamment par ses manquements en termes de gameplay hors des sessions de glisse intense.