Test Nintendo Switch de Blue Fire

En résumé

  • Sorties :
  • 4 Février 2021
  • 4 Février 2021
  • Non renseignée

L'avis de Chozo

Si un jour vous entendez un « expert » parler de Blue Fire comme un sous-Zelda dénué d'originalité, vous aurez la preuve qu'il n'a pas touché au jeu. L'influence est là pour donner corps à son univers et ses mécaniques sortent évidemment d'autres grands titres marquants. Mais ce qu'a réussi Robi Studios avec ce titre est d'une subtilité qui mérite un intérêt tout particulier. Parfaitement cohérent et équilibré dans ses différentes propositions de level-design, difficile, mais encourageant, agréable à l'œil et à l'oreille sans en faire des caisses et malgré un budget certainement plutôt limité, Blue Fire a su trouver sa propre voie et augure du très bon pour l'avenir des développeurs Argentins. Robi Studios, une équipe à suivre de près.

Les plus

  • Un level-design et une alternance de gameplay de haute volée
  • Une direction artistique déjà vue, mais efficace
  • Un challenge relevé, mais jamais décourageant
  • Des combats épiques et gratifiants
  • Un « temple de l'eau » pour une fois loin d'être tarabiscoté dans ses mécaniques
  • Une durée de vie plus qu'honorable

Les moins

  • Quelques soucis techniques persistants sur Switch
  • Une obligation de loot un peu barbante
  • La perspective de la 3D pour la plateforme, toujours un défi
  • Une narration largement en retrait
  • Nintendo-Difference

    par Chozo

    le 30 mars 2021 14:53

Il en aura titillé du monde lors de ses présentations au milieu des annonces des Nintendo Indie World, Blue Fire, tout premier rejeton de petit studio argentin de Robi Studio, mais pas forcément dans un prisme de positivisme évident. La raison, elle, parait bien limpide, puisqu’entre ses énormes inspirations zeldaesques dans sa direction artistique, son côté plateforme exigeante rappelant inlassablement Celeste, et son gameplay en exploration et en combat à chercher du côté de Hollow Knight, ce titre d’action/aventure devait faire ses preuves manette en main, pour qu’il ne soit pas simplement catalogué comme un pompeur peu subtil d’une Triforce aux atouts über surexploités par de nombreux autres jeux, mais plutôt comme une expérience aux influences assumées et à l’approche rafraîchissante et plaisante. Spoiler, le pays de Manu Ginobili sait faire de sacrés foutus bons jeux, ce Blue Fire en est le parfait exemple.

It’s dangerous to go alone ! Take this

Un petit personnage qui se réveille dans un monde empreint d’obscurité, où une puissante malédiction s’est emparée du château du coin, des donjons à parcourir pour libérer des esprits divins, débloquer des capacités particulières et se débarrasser des démons responsables de cette plongée dans les ténèbres ? Des zones de lave en fusion, de plaines enneigées, de prairies et de ruines ? Difficile de l’ignorer, mais Robi Studio a dû poncer les aventures de Link pour nous sortir un tel postulat.

À cela se rajoute une palette de couleurs vives, une structure de donjons classique, mais à la direction artistique toujours différenciée et plutôt agréable à l’œil, regorgeant de petits passages secrets et coffres à ouvrir. Nous sommes en terrain connu, et aussi surprenant que cela puisse paraître, dans Blue Fire cela ne dérange à aucun moment, tant l’ensemble de l’aventure brille par sa cohérence et ses passages épiques.

Côté gameplay, le jeu sait savamment s’équilibrer entre phases de plateforme, d’exploration et de combats, grâce à son évolution maitrisée des capacités du personnage contrôlé. Démarrant l’aventure avec le combo saut/dash, le héros apprendra progressivement le double saut, l’attaque circulaire (tiens, tiens) servant souvent de troisième saut, ou encore la possibilité de courir et de sauter sur les murs via un gantelet bien utile.

Pour apprendre à utiliser ces différentes capacités, le jeu propose intelligemment des passerelles entre ce monde et celui du Vide, zone restreinte proposant des phases de plateforme bien retorses, exploitant chacune une compétence particulière, histoire de se préparer convenablement à l’utiliser en phase d’exploration ou de combat. Tout le level-design des donjons évolue également dans ce sens, avec entre autres des sessions à temps limité challengeant le joueur à atteindre un objectif le plus rapidement possible en faisant appel à un enchaînement de plusieurs capacités. On se rend rapidement compte que ce level-design permet de solutionner ces challenges de différentes manières, charge au joueur de trouver celle qui lui convient le mieux.

Ces passages dans le Vide sont certes bien corsés et souvent énervants, mais restent toujours surmontable après plusieurs essais, et gratifiants aussi, puisque la réussite de ces défis engendre l’obtention d’un cœur de vie supplémentaire. Ces passages sont cependant facultatifs et sont également évalués en nombre d’étoiles en fonction de leur difficulté. Libre au joueur de s’y attaquer, les moins téméraires peuvent tout à fait faire l’impasse. Attention cependant à ne pas trop ignorer le Vide, parce que les cœurs vont rapidement devenir indispensables. C’est aussi dans le Vide que le joueur remarquera le soin apporté au gameplay dans sa réactivité et sa précision, mais il faudra faire avec un platformer 3D, dont les difficultés intrinsèques à appréhender les perspectives sont monnaie courante et demandent un effort supplémentaire loin d’être anodin.

De l’ombre à la lumière

Autre défi de taille, les combats vont aussi solliciter les compétences de précision et de timing, là où la jouabilité nous renvoie forcément à Hallownest et à une approche à la Team Cherry. En alternant attaques magiques, esquive par le dash et attaques classiques avec l’une des armes de corps à corps à dénicher dans le jeu, Blue Fire parvient à proposer des rixes certes boulimiques en cœurs de vie, mais aussi très engageantes par leur rythme ou leur côté équipe, habillées de très jolis effets de lumières et d’étincelles dues aux frottements des armes.

La concentration sera de mise, puisque chaque mort ramène au début du donjon, avec tout de même la satisfaction de voir que tous les accomplissements de la partie précédente ont bien été conservés. Plus besoin de rechercher une quelconque clé pour ouvrir une non moins quelconque porte, tout ce qui avait été débloqué avant de passer l’arme à gauche est toujours d’actualité, exception faite des minerais, une ressource qu’il va falloir récupérer sur son propre cadavre à l’endroit du trépas. Car c’est qu’ils sont précieux, ces minerais, à dépenser pour débloquer les stèles de sauvegarde et de régénération, ou pour acquérir de nouveaux pouvoirs et armes.

Le joueur se rend en effet rapidement compte que ce minerai manque très souvent, il sera amené à fréquemment looter les urnes, caisses et ennemis pour récupérer suffisamment de ressources pour ouvrir un accès, engendrant plusieurs allers-retours dans les donjons, allongeant un peu artificiellement, il est vrai, la durée de vie. Cette dernière est officiellement fixée à une grosse dizaine d’heures, une estimation qui ne concerne que les vrais pros du pad enchaînant les épreuves comme les Marseillais à Mykonos enchaînent les fautes de français. Le double d’heures sera fortement nécessaire pour en venir à bout pour les joueurs moins performants, en comptant les multiples tentatives pour finir les différentes sessions du Vide, et de quêtes secondaires disséminées dans le château.

Saluons par ailleurs la bande son signée Ariel Contreras-Esquivel, alternant entre passages gothiques, mélancoliques et parfois plus bucoliques, le tout habillé principalement de cordes et de beats électro dans la veine de ce qu’on a pu découvrir dans les œuvres qui ont largement influencé l’équipe de développement. Le tout respire l’aventure épique, avec toujours cette part de mystère musicalement très bien représentée.

Enfin, notons que l’expérience sur Switch est plus que satisfaisante, cela essentiellement grâce à un patch sorti en début du mois de mars venant corriger presque tous les ralentissements constatés particulièrement en mode portable et, surtout, les crashs ponctuels remarqués à la sortie du jeu en février. En voilà une équipe jeune mais très réactive, permettant de profiter à fond d’un titre qui mérite assurément le coup d’œil.

 

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