Test Nintendo Switch de Bravely Default II

En résumé

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  • 26 Février 2021
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L'avis de Klaus

Bravely Default II est un RPG difficile à apprivoiser, plus complexe que ses prédécesseurs, avec une histoire qui tarde un peu à se mettre réellement en place, ce qui peut être un peu décourageant. Mais après avoir passé plusieurs heures à se familiariser avec les mécaniques de jeu, le nouveau titre de Team Asano se montre particulièrement addictif, explorer le continent d’Excillant devient agréable et jouer avec les différentes classes accumulées pendant l’aventure est très amusant. Une aventure qui n’est pas exempte de défauts, sans grosse prise de risque, mais avec une ambiance unique et une bande-son grandiose, Revo ayant su faire exploser son talent au point que la musique soit le véritable point fort du jeu. Maintenant, il reste à voir si Team Asano voudra continuer à faire vivre la saga, avec peut-être un Bravely Third qui permettra enfin d’avoir une suite des événements de Bravely Second : End Layer, ce qui ne devrait cependant pas être chose aisée, compte tenu du fait que l’équipe travaille aussi sur les jeux de la série HD-2D, Project Triangle Strategy étant prévu pour 2022. Dans tous les cas, Bravely Default II est un très bon épisode, peut-être pas aussi époustouflant que nous l’espérions, mais avec une atmosphère très soignée.

Les plus

  • La bande-son exceptionnelle
  • Les villes dessinées à la main
  • Une histoire solide…
  • Des classes variées
  • Un bon character design…
  • Du challenge…
  • Une durée de vie plus que correcte

Les moins

  • Les premières heures de jeu un peu pénibles
  • Pas toujours au point techniquement
  • … mais qui met du temps à se mettre sérieusement en place
  • Beaucoup de quêtes pas forcément utiles
  • … mais dont les modèles 3D ne rendent pas forcément honneur aux illustrations de Naoki Ikushima
  • … mais une difficulté parfois mal dosée
  • Des donjons peu inspirés
  • Nintendo-Difference

    par Klaus

    le 6 mars 2021 23:41

Il y a presque 10 ans, Square Enix créait la surprise avec Nintendo en annonçant Bravely Default : Flying Fairy à destination de la 3DS au Japon. Plus tard, on découvrait qu’il était développé par Silicon Studio et produit par Tomoya Asano, producteur des remakes de Final Fantasy III et IV sur DS, mais aussi de Final Fantasy : The 4 Heroes of Light. Bravely Default était d’ailleurs pensé à l’origine comme une suite de The 4 Heroes of Light, d’où son concept de héros de la lumière et des cristaux auxquels ils sont liés. Réservé normalement pour le territoire japonais, ce RPG mélangeait tradition et modernité en puisant son inspiration dans les plus vieux de titres de Square comme les premiers Dragon Quest, Final Fantasy et SaGa, mais aussi dans des séries populaires au Japon, telles que Higurashi When They Cry / Le sanglot des cigales et Steins;Gate. L’histoire avait d’ailleurs été écrite par Naotaka Hayashi, scénariste travaillant chez 5pb. et notamment sur Steins;Gate. Ce mélange donnant de la fraîcheur au genre du RPG s’est aussi remarqué dans la bande-son, composée par Revo, créateur du groupe renommé Sound Horizon, qui avait d’ailleurs donné naissance à un autre groupe spécialement pour son travail sur Bravely Default (et plus tard sur L’Attaque des Titans) : Linked Horizon.

Bravely Default : Flying Fairy a eu tellement de succès qu’il a réussi à se faire connaître en dehors du Japon, le jeu ayant tout de suite intrigué beaucoup de personnes dans le monde entier dès la révélation de ses premières images, mais aussi les fans de Sound Horizon, les Laurants, grâce aux musiques de Revo. En développant une version améliorée nommée For the Sequel visant à préparer le terrain pour la suite, Bravely Second : End Layer, Square Enix et Silicon Studio ont travaillé avec les branches occidentales de Revo afin de sortir le jeu en dehors du Japon, simplement sous le nom de Bravely Default. Tel l’effet d’une petite bombe, Square Enix a été surpris par le succès du jeu chez nous, au point que la société reconsidère sa façon de travailler sur leurs futurs projets. Plus tard, l’équipe à l’origine de Bravely Default et de Final Fantasy : The 4 Heroes of Light est devenue Team Asano, une nouvelle division de Square Enix. C’est ainsi que Bravely Second a pu être localisé plus facilement que le premier jeu, et la série a pris de l’ampleur, notamment avec plusieurs albums et un concert de Linked Horizon, un manga, un spin-off sur navigateur, Praying Brage, et deux jeu sur iOS/Android, Bravely Archive : D’s Report et Bravely Default : Fairy’s Effect, ce dernier étant désormais à l’arrêt.

Les retours de Bravely Second, essentiellement au Japon, ont cependant freiné Team Asano dans ses projets. Insatisfait, au point de s’excuser par rapport au fait que certaines parties du jeu ne répondaient pas aux attentes des fans, Asano pensait d’abord que l’avenir de la série était plutôt sombre. Les développeurs ont ensuite créé un tout nouveau jeu, Octopath Traveler, leur premier jeu sur Switch en collaboration avec le studio Acquire (et non plus Silicon Studio). Avec le soutien de Claytechworks, qui avait développé Fairy’s Effect sur mobile, Team Asano a décidé de produire un tout nouveau Bravely sur Switch intitulé Bravely Default II, un retour en force dans un tout nouveau monde, sans lien avec les premiers jeux, mais avec la présence de Revo pour la bande originale. Plus d’un an après son annonce aux Game Awards 2019, le titre est enfin disponible depuis le 26 février. Si la première démo n’était pas très rassurante, la seconde, considérée comme la version finale, était déjà bien meilleure, les développeurs ayant pris beaucoup de soin à répondre aux demandes des joueurs. Quelques jours avant la sortie du jeu complet, nous avions d’ailleurs donné un premier avis, qui était certes un peu mitigé sur le début, mais avec tout de même de l’espoir quant à la qualité de la suite des aventures des nouveaux héros de la lumière…

 

 

Un retour aux sources, mais dans un nouveau monde

 

Pour ce nouveau Bravely, Team Asano a préféré prendre peu de risques. Cette fois-ci, pas de suite à l’univers entamé avec Bravely Default et Bravely Second qui a donc été mise en suspens. En effet, Bravely Default II se place dans un tout nouveau monde, le continent d’Excillant, avec des personnages inédits et une nouvelle histoire. Le titre peut prêter à confusion, et il est donc nécessaire de préciser tout de suite qu’il est tout à fait possible de profiter de cet épisode sans connaître les autres. Les seuls liens se trouvent dans certaines mécaniques de jeu ou encore dans les musiques, mais nous y reviendrons plus tard.

Pour les fans, il faut également savoir que l’équipe de développement a bien changé depuis Bravely Default et Bravely Second, et que cela se remarque beaucoup dans le nouveau jeu. Cette fois-ci, Silicon Studio n’était plus du tout impliqué et a été « remplacé » par Claytechworks, qui connaissait particulièrement la série, étant donné qu’il avait travaillé sur Fairy’s Effect. Cependant, ce studio est spécialisé dans le développement de jeux mobile et savoir qu’il était en charge de Bravely Default II n’était pas forcément très rassurant.

 

 

Avec les premières démos, on pouvait déjà reprocher le fait que le titre était techniquement en retard, et que les modèles des personnages n’étaient pas très réussis. C’est malheureusement toujours le cas dans le jeu final, même si certains personnages sortent du lot, mais leurs modèles ne rendent pas toujours honneur aux illustrations du character designer Naoki Ikushima (qui a travaillé seul sur le jeu, contrairement aux précédents où Team Asano et Square Enix avaient fait appel à plusieurs illustrateurs pour les personnages et les classes comme Akihiko Yoshida, yokoyan, take…).

Les premières heures de jeu peuvent être assez pénibles, entre les défauts techniques, les modèles des personnages qui cassent parfois un peu l’immersion, ou encore la difficulté qui n’est pas toujours bien dosée. Il s’agissait déjà d’un problème important dans la première démo, qui a été corrigé grâce à l’ajout de plusieurs niveaux de difficulté. Jouer en facile au début de l’aventure peut être une bonne idée, car les combats, surtout contre les boss, peuvent être assez décourageants si on ne prend pas le temps d’élaborer des stratégies, ne serait-ce qu’un minimum. Par la suite, le jeu devient plus agréable, et pour les amateurs de challenge, on peut leur recommander de passer en difficulté normale aux alentours du troisième chapitre.

 

 

On ne prend pas les mêmes et on recommence

 

Même si Bravely Default est un nouveau jeu avec une nouvelle équipe de développement, Team Asano était toujours là pour diriger le projet, et Claytechworks ayant fait du bon travail sur Fairy’s Effet, cet épisode était entre de bonnes mains. Plusieurs éléments ont été repris, comme le système de Brave et Default pour les combats, les villes dessinées à la main ou encore les petites fonctionnalités qui permettent de profiter au mieux de l’aventure. Comme évoqué plus haut, il est possible de sélectionner divers niveaux de difficulté et de les changer à tout moment. On peut aussi passer du doublage anglais aux voix japonaises en un rien de temps grâce aux options, les développeurs ont pensé à proposer la possibilité de jouer à une seule main, d’afficher ou non les objectifs sur la carte, de montrer les tenues de classes et même d’activer ou non le floutage de l’arrière-plan. D’ailleurs, pour être plus rapide dans les combats, on conseille, en plus d’augmenter la vitesse, d’activer le Default rapide dans les paramètres pour passer en Default d’une simple pression de la touche L.

Plein de petites fonctions pour profiter au mieux de l’aventure malgré les quelques concessions techniques, même si on a l’impression que Bravely Second était l’épisode qui proposait le plus d’options user-friendly, comme la possibilité de désactiver complètement les rencontres contre les monstres. Une fonctionnalité qui n’est pas du tout présente dans Bravely Default II, mais qui reste cependant compréhensible, étant donné que tous les ennemis apparaissent désormais à l’écran. D’ailleurs, l’autre petite nouveauté est la façon dont réagissent les ennemis quand ils nous voient. S’ils ont un niveau plus élevé que nos personnages, ils tenteront de les poursuivre, mais dans le cas contraire, ils se mettront à fuir. Pour avoir un tour d’avance, le joueur peut les attaquer directement sur la carte du monde, et cela rappelle une fois de plus certains RPG traditionnels.

 

 

Mais ce système de Brave et Default, qu’est-ce que c’est exactement ? Les connaisseurs de la série ne sont pas trop dépaysés malgré les petits changements, comme le fait que cette fois-ci, on ne sélectionne plus les tours de chaque personnage d’un coup. Concernant les nouveaux venus, il faut tout d’abord savoir que Brave est une technique permettant d’accumuler jusqu’à quatre Points Brave pour augmenter les actions à effectuer durant un combat. On peut sélectionner une simple attaque, l’utilisation d’un objet ou bien les compétences des classes principales et secondaires. Les compétences dépensent généralement des points de vie ou de magie et utilisent des éléments ainsi que les types d’arme équipées, il faut donc faire attention à ne pas trop en abuser… D’autant plus que certains ennemis peuvent facilement contre-attaquer en fonction, par exemple, de l’arme ou de l’élément lancé. Les boss peuvent devenir d’ailleurs particulièrement coriaces, et il faut alors faire encore plus attention aux différentes spécificités du système de combat. Concernant le système Default, que l’on utilise moins, mais qui est tout aussi important, il permet de se protéger et d’accumuler des Points Brave pour mettre de côté plusieurs actions à effectuer et les dépenser ainsi au bon moment. Ils sont très utiles en fonction de la classe équipée et des compétences utilisées, et il est parfois nécessaire de bien en faire usage pour se sauver de certaines situations particulièrement ardues.

Dans ce nouvel épisode, prendre en compte tous les éléments du système de combat est quasi primordial, même en jouant en facile. En plus des classes, des compétences, de Brave et Default, il faut aussi faire attention aux équipements, à leur poids et aux statistiques des personnages. Cela est nécessaire surtout pour la jauge qui se remplie plus ou moins rapidement dans les combats, en fonction également des actions et des altérations d’état. Exploiter correctement les faiblesses des ennemis est aussi important, peut-être plus que dans les autres Bravely. De base, il n’est pas possible de savoir quelles sont faiblesses des ennemis, mais heureusement, certains objets et compétences permettent d’afficher les vulnérabilités des adversaires (élément ou arme).

 

 

Bravely Default II a également beaucoup de classes, plus de vingt à débloquer au cours de l’histoire (et d’autres pendant des quêtes secondaires, qui ne sont pas forcément obligatoires pour profiter au mieux de l’aventure, mais le fait de les posséder toutes est important pour atteindre la fin du scénario). C’est d’ailleurs l’un des meilleurs aspects du jeu, puisque les choix sont très variés, avec des compétences très différentes pour chaque classe et des designs classiques, mais réussis. Le jeu reprend le concept des astérisques, des objets permettant d’activer les classes que l’on peut récupérer en affrontant des boss, qui détiennent pratiquement tous un astérisque.

Les boss sont évidemment les ennemis les plus coriaces du jeu et les développeurs voulaient visiblement le montrer au maximum. Au début de l’aventure, certains affrontements peuvent être décourageants et le fait d’entraîner longtemps ses personnages devient vite nécessaire. Un défaut qui peut être assez gênant, surtout pour les personnes qui n’aiment pas forcément devoir passer du temps à faire encore et encore la même chose – ici, des combats – pour pouvoir continuer l’aventure. La suite vaut heureusement le coup, mais c’est aussi pour cela que l’on recommande de commencer à jouer en facile. Pour les amateurs de challenge, on peut donc dire qu’ils sont servis, mais cette difficulté n’est pas toujours bien gérée et même si elle s’estompe durant une bonne partie du jeu grâce à l’accumulation des classes et à la familiarisation avec les différentes mécaniques, elle revient en force lors du dénouement, qui nécessite à nouveau de beaucoup s’entraîner ou d’élaborer de bonnes stratégies, parfois bien précises, avec les classes et les équipements. C’est aussi là que Bravely Default est différent des autres jeux de la série, car faire bon usage des classes principales des personnages et de leurs classes secondaires, notamment, est très important. Mais une fois que l’on a réussi à bien maîtriser une bonne partie des classes, les combats deviennent une véritable partie de plaisir. Quel bonheur de placer trois vitesses divines puis un petit vol de magie avec la classe Voleur, tout en ayant équipé la classe Fantôme…

 

 

Petits secrets entre amis

 

L’histoire de cette nouvelle aventure qui se place sur le nouveau continent d’Excillant débute dans les profondeurs de l’océan, où l’on entend une voix mystérieuse qui va nous amener à choisir un nom pour le protagoniste (Seth par défaut). Ce héros, un jeune marin qui était sur le point d’être retrouvé mort noyé, est sauvé comme par enchantement par la princesse Gloria, accompagnée de messire Sloan, tous deux originaires  de Musa, un royaume détruit. Après quelques péripéties nous menant vers la première ville du jeu, Halcyonia, Seth sera rejoint par deux autres protagonistes, Elvis, un érudit qui cherche tout le temps à se concentrer sur l’essentiel, et Adèle, une jeune femme qu’il a embauchée en tant que mercenaire. Par la suite, le petit groupe va devoir sauver Gloria des griffes des premiers détenteurs d’astérisques avec l’aide de Sloan, et c’est alors qu’ils formeront rapidement les héros de la lumière et qu’ils devront partir à la recherche des cristaux nécessaires pour restaurer l’équilibre du monde. Un scénario plus que classique aux premiers abords et qui ne révolutionne en rien les RPG, ce qui rend les premières heures de jeu un peu plus pénibles, étant donné que la difficulté des combats peut déjà être assez rebutante.

Les protagonistes se cachent mutuellement des choses et peuvent paraître assez « fades » au début de l’intrigue, mais contrairement aux groupes de Bravely Default premier du nom et de Bravely Second, ils sont déjà matures et leur écriture est donc très différente, ce qui donne tout de même un petit sentiment de fraîcheur. Le fait qu’ils ne soient pas très proches lorsque le jeu débute reste un point important, car les choses évoluent naturellement. Petit à petit, au fil de l’intrigue principale et des quêtes secondaires, on finira par en apprendre un peu plus sur Seth, Gloria, Elvis et Adèle, qui se confieront également des choses entre eux. D’ailleurs, fait intéressant à noter, Elvis est peut-être le personnage le plus comique de l’aventure, mais c’est aussi le plus secret, ce qui rappelle légèrement Ringabel dans le premier Bravely.

L’histoire de Bravely Default II est certainement la plus classique de la série. Elle a été écrite par Yura Kubota, une scénariste du groupe FarEast Amusement Research (F.E.A.R.), qui avait déjà travaillé sur Octopath Traveler. Cela se remarque beaucoup pendant les premières heures, où l’histoire tarde à se mettre réellement en place. Mais passé un certain chapitre, l’intrigue devient plus profonde et on a de plus en plus envie de savoir comment cela va se terminer. Plus on avance dans le jeu, plus il devient addictif, et plus il se démarque également des autres Bravely. Certains personnages sont aussi très intéressants, ceux que l’on ne rencontre plus dans l’aventure principale sont d’ailleurs développés dans des quêtes secondaires doublées. Les autres quêtes qui ne commencent pas par une scène doublée sont malheureusement moins intéressantes et peu gratifiantes, dans le sens où même en faisant beaucoup d’efforts, on reçoit de maigres récompenses, et malheureusement, elles sont assez nombreuses.

 

 

« Pourquoi répétons-nous sans cesse nos erreurs ? »

 

Pour revenir à l’aspect technique de Bravely Default II, le jeu propose tout de même des environnements variés, couplés à des villes de toute beauté. Elles ont été dessinées à la main par Kiyoshi Arai, un nom qui n’est pas inconnu pour les fans de Final Fantasy, puisqu’il s’est occupé du design de machines de plusieurs épisodes, comme le remake de Final Fantasy III ou encore Final Fantasy XII et Final Fantasy XIV. Après avoir longtemps travaillé pour Square Enix, il a quitté le studio il y a bientôt dix ans pour former Red House avec d’autres artistes. Au sein de cette société, il a continué à être impliqué dans certaines productions de Square Enix.

Les villes font partie des éléments les plus réussis de Bravely Default II, et Red House a d’ailleurs travaillé aussi sur d’autres environnements. On ne peut pas en dire autant sur les environnements de la carte du monde et des donjons, qui sont assez peu inspirés. La plupart des donjons manquent cruellement de personnalité et se résument tout le temps à explorer de longs couloirs parsemés d’ennemis. Certains ont tout de même un petit brin de folie et proposent des décors plutôt jolis, comme les petits champignons magiques poussant à certains endroits, les fleurs, l’herbe et les arbres que l’on peut couper pour récupérer des objets… L’autre petit aspect qui permet d’oublier le manque d’inspiration des donjons quelques secondes est la lanterne de Seth, qui apparaît automatiquement en explorant des endroits sombres ou pendant la nuit. Un détail qui peut paraître insignifiant pour certains, mais qui est somme toute assez mignon.

 

 

Le manque d’inspiration dans les donjons se ressentait aussi dans les autres Bravely, bien que Second tentait tout de même autre chose. Bravely Default II semble dans ce sens-là être un petit retour en arrière, de même pour les fonctions en ligne et les mini-jeux, qui proposent moins d’interactions dans Bravely Default II. Les petits mini-jeux de ce nouvel épisode se résument à l’expédition d’un bateau qui permet de récupérer des trésors quand la console est mise en veille, et de rencontrer parfois d’autres joueurs (qui ont aussi activé les fonctions en ligne), ce qui ne donne… rien. Les premiers Bravely avaient le mérite de proposer un minimum d’interactions avec d’autres joueurs, mais Bravely Default II étant plus classique, on comprend mieux pourquoi les développeurs ont préféré se concentrer sur d’autres aspects. Le mini-jeu se nomme B & D et permet uniquement de jouer en solo contre certains personnages. Il s’agit d’un jeu de cartes plutôt addictif qui demande d’élaborer certaines stratégies pour remporter la victoire, afin de gagner des points permettant d’obtenir les cartes des adversaires. Il n’est pas aussi addictif que le mini-jeu du masticart de Bravely Second, mais le fait qu’il soit possible d’y jouer avec des personnages dans différents endroits est assez amusant. Le fait qu’il soit obligatoire pour récupérer une des classes du jeu et atteindre la vraie fin du jeu un peu moins.

Bravely Default II a donc surtout une approche old-school, plus prononcée que dans les autres Bravely. Il y a cependant toujours ce mélange avec la modernité, les cinématiques étant nombreuses et entièrement doublées (le doublage est d’ailleurs de très bonne qualité, que ce soit en japonais ou en anglais), et certains passages dans l’aventure qui se démarquent clairement d’autres RPG que l’on peut qualifier de traditionnels. Il y a même des moments étonnamment sombres dans l’intrigue, renforcés par les nombreuses musiques de Revo, qui est d’ailleurs un grand habitué des histoires tristes et tragiques, surtout dans ses chansons et scénarios pour Sound Horizon. Quant à la durée de vie, il y a tout ce que l’on peut espérer d’un RPG : une intrigue plutôt longue qui peut avoisiner les 40-50 heures pour l’aventure principale, et encore plus si l’on souhaite maîtriser toutes les classes, faire toutes les quêtes secondaires, profiter de tout le contenu disponible à la fin de l’aventure et bien sûr un mode Nouvelle partie + avec la possibilité de choisir les éléments à conserver en recommençant le jeu.

 

 

Marchons vers la lumière

 

Nous avons gardé le meilleur pour la fin, et qui est sans doute le plus grand point fort de Bravely Default : la bande originale entièrement composée par Revo. Si vous aviez suivi nos nombreux articles à ce sujet, vous savez déjà que l’OST de Bravely Default II est directement liée à Linked Horizon, il s’agit donc d’un projet très important pour Revo. Il le prouve tout au long du jeu, avec des morceaux très variés, la plupart bien plus que dans le premier Bravely et qui se démarquent vraiment de ce qu’il avait composé il y a environ dix ans. C’est d’autant plus impressionnant quand on sait que beaucoup de musiques de Bravely Default II reprennent des mélodies du premier épisode, de Sound Horizon et de Linked Horizon. Sur le papier, on dirait plutôt un point négatif, mais en réalité, ce n’est pas du tout le cas dans le jeu et même en écoutant les pistes en dehors. Chaque musique est très soignée et même si certaines ressemblent beaucoup à celles de Bravely Default premier du nom, elles sont remplies de fraîcheur et de nostalgie dans le bon sens du terme. Le compositeur a parfaitement compris l’essence du jeu, et cela se remarque même dans la chanson interprétée par Yuuka Ueno, que nous ne détaillerons pas ici pour éviter les spoilers.

Pour Bravely Default II, Revo a donc vu les choses en grand. Le jeu contient plus de 70 musiques, avec de nombreux thèmes de combat, des musiques différentes pour chaque ville, des morceaux qui collent parfaitement à l’ambiance des cinématiques… Certaines pistes qui reviennent au fil de l’aventure ont même des différences ou deviennent plus longues, c’est d’ailleurs un des points prouvant que le jeu se démarque des autres RPG. Revo a fait appel à ses musiciens habituels de Sound Horizon et Linked Horizon, avec également de nouveaux venus, le compositeur ayant par exemple souhaité utiliser de nouveaux instruments pour certaines de ses musiques. Cela n’étonnera pas les fans de Sound Horizon et Linked Horizon, mais il y a aussi des chœurs, plus présents que dans Bravely Default. Revo a pu s’associer de nouveau à Voces Tokyo, un groupe de choristes qui avait débuté dans le domaine du jeu vidéo en participant aux tournées du concert des trente ans de The Legend of Zelda en 2017. On les retrouvait dans l’album Shingeki no Kiseki, puis dans les singles Rakuen e no Shingeki et Shinjitsu e no Shingeki de Linked Horizon. En dehors, ils ont également travaillé sur les concerts symphoniques officiels de Monster Hunter et le nouveau concert de The Legend of Zelda en 2018. Un groupe qui en a dans le ventre donc, et c’est le cas de le dire quand on pense à certaines musiques très élaborées de Bravely Default II… On espère d’ailleurs qu’ils pourront revenir dans le concert déjà prévu par Revo.

 

 

Les seuls reproches que l’on pourrait faire au sujet de la bande-son sont l’absence de musiques différentes pour le jour et la nuit dans les villes, et peut-être le fait que Revo a simplement repris le même thème pour certains donjons en ajoutant des instruments et en modifiant le mixage. Des petits défauts qui ne sont clairement pas gênants, les musiques étant de très bonne qualité, et on ne passe pas non plus de nombreuses heures dans les villes. On passe bien sûr plus de temps dans les donjons et sur la carte du monde, mais le fait que le thème change en fonction de l’environnement et de la météo rend l’exploration moins lassante. De plus, en s’approchant du dénouement, on découvre de plus en plus de musiques, Revo ayant pensé à tout pour éviter d’être lassé par les mêmes musiques encore et encore, ce qui pouvait être le cas dans le premier jeu.

C’est en pensant à sa sublime bande-son que l’on peut dire que Bravely Default II mérite d’avoir toute notre attention. Que l’on soit fan de la série ou que l’on ne connaisse pas du tout les jeux de Team Asano, il est tout à fait possible de profiter de ce nouveau jeu et d’en être surpris, autant au niveau de son intrigue, de ses combats certes un peu austères aux premiers abords, mais qui peuvent devenir très amusants, et de ses musiques exceptionnelles. Tout ce que l’on souhaite, c’est que Team Asano puisse continuer à produire de nouveaux Bravely, dont un Bravely Third qui permettra enfin de découvrir la suite de l’intrigue mise en place à la fin de Bravely Second : End Layer. En dehors de cette série, Team Asano prépare déjà un nouveau jeu dans la saga des titres en HD-2D après Octopath Traveler : Project Triangle Strategy, dont la sortie est prévue pour 2022, et qui est déjà jouable dans une version démo bien fournie.

 

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