Test Nintendo Switch de Jurassic World Evolution : Complete Edition

En résumé

  • Sorties :
  • 3 Novembre 2020
  • 3 Novembre 2020
  • Non renseignée

L'avis de Chozo

Encore une fois, voici un portage Switch dont les concessions techniques devront être assimilées pour profiter à fond d'un excellent titre au demeurant, fidèle à la licence et proposant des sessions de gestion ultra accessibles. Über complet, proposant des dizaines et des dizaines d'heures de jeu avec les DLC inclus, Jurassic World Evolution : Complete Edition s'adapte idéalement aux Joy-Con, avec une préférence visuelle pour la configuration sur portable. Oui, il y a des dinosaures dans ce jeu de dinosaures et, même si le rendu visuel est décevant, impossible de ne pas ressentir un énorme plaisir nostalgique en parcourant ces parcs créés de toute pièce, avec ces bêtes évoluant dans leurs enclos, et, même, une satisfaction sadique à en voir certains se libérer et mettre la pagaille auprès des visiteurs. Nostalgie, quand tu nous tiens...

Les plus

  • D'une richesse étonnante
  • Très accessible et ouvert à tout type de joueur
  • Le DLC Retour à Jurassic Park, cette larme à l'œil
  • Le plus souvent fluide
  • Très bien adapté à la manette
  • La possibilité de passer d'une île à une autre
  • La voix de Malcolm, c'est oui

Les moins

  • Même sur portable, les yeux saignent
  • De gros problèmes de framerate sur certaines phases
  • Chronophage, impossible d'accélérer le temps
  • Parfois trop facile
  • Nintendo-Difference

    par Chozo

    le 1 février 2021 19:55

Si elle est une déception pour de nombreux spectateurs, la suite de la trilogie originelle des films Jurassic Park a le mérite de mettre en scène une vision fantasmée par les fans de la licence, celle d’un parc de dinosaures imaginé par John Hammond achevé, fonctionnel, et accueillant du public. Oui, dans Jurassic World, la commission de sécurité a donné un avis favorable à des enclos renfermant des bestioles capables d’exploser des murs ou des verrières en éternuant… Mais passons. Reprenant cette vision a priori idyllique d’un tel projet, Jurassic World : Evolution propose donc aux joueurs d’incarner le PDG d’un business né avant tout pour faire fructifier ses profits, souhaitant étendre le parc au-delà de l’île d’Isla Nublar bien connue du public, vers cinq autres îles. Voilà une idée qu’elle est bonne… Ce titre de gestion ayant fait les beaux jours des PC, PS4 et Xbox One il y a déjà deux ans se voit cette fois décliné sur Nintendo Switch dans une itération Complete Edition, certes riche en contenu, mais souffrant de concessions techniques plutôt lourdes. Théorie du chaos ou non, la magie opère malgré tout.

Lui, il n’est pas là pour enfiler les perles

Dieu ayez pitié de nous, nous sommes à la merci des ingénieurs

Et allez, les développeurs ont voulu nous la faire en mode cinéma avec la fameuse intro d’Universal dont le logo survole la Terre pour se placer bien en face de nous, mais en ramant sévère… Le ton est donné, il va falloir mettre ses lentilles anti-framerate aux fraises pour savourer le titre, sauf que, après une cinématique reprenant la scène culte du premier film avec l’hélicoptère arrivant sur le site, elle aussi bien saccadée malgré une résolution plutôt faible, l’exploration de l’île en mode divin pour placer ses premiers bâtiments s’avère cependant assez fluide est agréable à parcourir.

Une chose est sûre, nous sommes en terrain connu, même si nous ne sommes pas sur l’île originelle (Isla Nublar n’étant ici disponible qu’en mode bac à sable), puisque ce n’est autre que la voix du fantasque Ian Malcolm, aka Jeff Goldblum, aka Richard Darbois en VF, qui nous accueille. Le principe est simple et très accessible même aux néophytes du genre, il suffit au début de suivre les indications et les premières missions pour remplir les objectifs, sans trop se prendre la tête. Le tout en gérant évidemment les situations de crise pouvant rendre le parc un poil moins attractif pour les familles. Ainsi, afin de débloquer l’ensemble des cinq îles, la gestion du joueur sera appréciée via des étoiles, dont trois au minimum sur cinq doivent être attribuées pour poursuivre la colonisation des sites.

Que le débutant veuille avancer sans rentrer dans les paramètres complexes ou que l’habitué du genre souhaite absolument débloquer l’ensemble des bâtiments et des dinosaures avant de continuer, le jeu s’adapte en conséquence, mêlant approche sans difficulté rebutante et richesse de fonctionnalité pour peu qu’on lui accorde le temps et l’investissement nécessaires. Il devient rapidement plus retors d’obtenir le cinq étoiles d’évaluation, sans que cela ne soit à aucun moment insurmontable ou décourageant, le jeu restant tout de même très permissif pour ce qui est des événements perturbateurs et les trois étoiles, le minimum syndical pour accéder à l’île suivante, se remportent sans mal.

Faites-moi penser à remercier John pour ce charmant weekend

Chaque nouvelle île propose des objectifs distincts et des restrictions uniques (topographie, climat, menaces naturelles, etc.), et pour les gérer du mieux possible, la réussite se repose sur la Triforce Sécurité/Divertissement/Science. Chaque domaine possède sa propre courbe de progression dépendant de la réputation du joueur, celle-ci évoluant avec les multiples contrats proposés, qu’il faudra honorer pour gagner en mojo vis-à-vis des investisseurs et des experts gardant un œil avisé sur cette activité bien originale. Trouver et exploiter de nouveaux fossiles partout dans le monde, construire plus de structures commerciales dans le parc, rechercher et améliorer la solidité des clôtures, voilà le type de contrat matérialisant les divers objectifs à atteindre, indispensables pour débloquer non seulement les îles suivantes, mais aussi de nouveaux bâtiments ou d’autres missions faisant rentrer toujours plus de pépettes dans les caisses.

Outre les contrats, la clé de la réussite d’un parc bien entretenu réside principalement dans la capacité du joueur à s’adapter à l’environnement s’affichant à l’écran. La prise en compte de la typologie, des contraintes naturelles, de la végétation, tout doit être anticipé pour que les enclos et bâtiments soient les plus performants possibles. Les gros carnivores auront ainsi un besoin d’espace à ne pas négliger et les structures les plus imposantes demanderont au joueur d’accepter quelques compromis, les bâtiments ne pouvant pas toujours être implantés là où il le souhaitait de prime abord. Il aura beau le tourner, le déplacer, rien n’y fait, il va falloir passer au plan B.

Heureusement, et malgré une qualité graphique relativement faible surtout en mode téléviseur, cette version Switch bénéficie d’un rendu en jeu totalement fluide et très réactif, même si, malheur, le tactile n’est pas de la partie. Cette fluidité se doit d’être optimale, notamment avec les postes de garde à solliciter lorsqu’un « petit imprévu » se présente, comme… euh… un T-Rex en liberté venu chatouiller les visiteurs au milieu des stands de glace ?

Les textures, ces grandes oubliées

Le bâton, le bâton, LE BÂTON ABRUTI !

Par ailleurs, il faudra bien entendu également prendre soin des animaux dans les enclos et s’assurer de la présence suffisante de points d’eau, de nourriture ou de massifs forestiers, tout cela pour anticiper les besoins divers des dinosaures, correspondant à leur groupe et espèce. Vie en troupeau ou préférence pour la solitude, le confort des bébêtes est un des maitres mots d’un parc fonctionnel et agréable, que ce soit pour les clients, les employés et les créatures. On n’est jamais à l’abri d’un mécontentement. Lorsqu’il s’agit d’un visiteur furieux de la pénurie de panini jambon de Parme, ça passe, mais lorsque les Raptors sont en manque d’espace, l’envie leur vient vite de tester la solidité des clôtures.

Avant de composer avec des problématiques de dinosaures, encore faut-il en avoir, des dinosaures. Le centre d’expédition envoie les troupes pour récupérer des fossiles, l’ADN est extrait, on connait les bails. Mais il faut surtout un minimum de cinquante pour cent du génome de la bestiole pour obtenir un spécimen viable, ce qui engendre l’exploitation de nombreux fossiles du même dinosaure. Oui, cela prend du temps et surtout de l’argent. Ainsi, plutôt que d’obtenir un génome parfait, il est possible de se limiter à cinquante ou soixante pour cent de son ADN pour revendre certains fossiles et financer d’autres expéditions plus facilement.

La recherche en labo et en atelier sert également à dénicher de nouveaux bâtiments, de nouvelles techniques d’exploitation des génomes ou des remèdes miracles en cas d’épidémie chez les bestioles. Parce qu’il va falloir savoir se renouveler et assurer une diversité des espèces à venir voir en famille pour ne pas blaser le public et conserver sa réputation. Ainsi, le contrat rempli, les objectifs atteints et la masse de maille accumulée permettront d’atteindre un niveau élevé de mutation des dinos, afin de proposer de l’inédit en modifiant considérablement les génomes, pour attirer toujours plus de clients. Attention à ne pas trop jouer avec les gènes tout de même, une bestiole trop modifiée pourrait se retrouver vite hors de contrôle ou tout simplement malformée et malade en permanence.

Bien plus de swag qu’une girafe

Eh bien… nous revoilà… dans la voiture !

Outre le parc en lui-même et ses attractions sur pattes, même ici, le client est roi. C’est pourquoi il faut également veiller à ce qu’en plus des structures suffisantes pour se restaurer ou acheter des souvenirs, le personnel à sa disposition soit assez nombreux et efficace. Les flux de visiteurs doivent être gérés et leurs besoins satisfaits, tout en veillant à l’équilibre budgétaire. On peut aussi agir sur les prix de la restauration ou des souvenirs vendus, histoire de gagner un peu en bénéfice, même lorsque le parc est encore restreint. Toutes ces priorités gagnent encore en intérêt lorsqu’il est possible de passer d’une île à une autre à la volée, afin de multiplier les possibilités de recherche et d’accélérer la création des génomes les plus rares. Cela est conseillé pour trouver le salut sur l’île voisine, alors que le personnel et l’évolution du parc galèrent à avancer. Lancer la création de dinosaures issus de nouveaux fossiles grâce à des labos plus perfectionnés, les importer sur l’île en difficulté, rien de plus pratique pour satisfaire une clientèle un peu fatiguée par le manque de diversité du parc. Ah, l’impatience et la logique du tout, tout de suite les jeunes… Il faut cependant prendre en compte le fait que ces manipulations sont aussi chronophages, le jeu ne permettant pas d’accélérer le temps, il faudra patienter et attendre sagement une analyse fine du fossile récupéré en expédition.

En cas d’évènements perturbateurs, comme une tempête détruisant une partie d’un enclos ou un sabotage d’un concurrent, le joueur va devoir missionner des employés au plus vite pour résoudre le problème. Il est ainsi possible dans ces phases de prendre le contrôle du véhicule et de l’équipe envoyée en passant en vue à la troisième personne, histoire de participer aux réparations et à l’anesthésie des créatures des environs. C’est ici que l’utilisateur réalise pleinement l’ampleur de ses créations, avec une session en 3D, certes plutôt disgracieuse visuellement parlant, mais intéressante sur le thème de la découverte de son propre parc. La conduite n’est pas optimale, la réaction des visiteurs est totalement inexistante, et les phase de sniper à l’anesthésiant sont très plan-plan, mais le plaisir de voir son parc d’un point de vue humain se fait rapidement ressentir.

Nous l’avons vu, Jurassic World Evolution est très riche, satisfaisant dans ses mécaniques et très accessible à tout public, pour une partie pouvant facilement atteindre les trente à quarante heures de jeu, sans forcer. Cette durée de vie se multiplie aisément par deux, avec cette Complete Edition incluant le jeu d’origine et tous les DLC, dont la fameuse campagne additionnelle Retour à Jurassic Park, si satisfaisante pour les plus de trente-cinq ans ayant connu la sortie au cinéma du tout premier long-métrage. Pour cette version Switch, et cela a déjà été évoqué plus haut, force est de constater que les concessions techniques sont drastiques, avec une esthétique souffrant d’un aliasing très prononcé et de textures ultra simplifiées. Fluide en mode vue divine dans la traversée des îles et le placement des structures, le jeu accuse beaucoup de petites saccades lorsqu’il s’agit d’enchaîner les menus d’options, ce qui, dans un jeu de gestion, arrive tout de même de temps en temps… Le pire étant lors des phénomènes météorologiques les plus bourrins, avec, dans ces moments-là, de véritables très grosses chutes de framerate. On s’y attendait, mais c’est toujours frustrant de faire ce type de constat, d’autant plus que sur le plan de l’ergonomie manette en main, l’ensemble se montre très agréable, avec des raccourcis sur les boutons très simples et très intuitifs. Dommage.

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