Test Nintendo Switch de Persona 5 Strikers

En résumé

  • Sorties :
  • 23 Février 2021
  • 23 Février 2021
  • 20 Février 2020

L'avis de Skyward

Persona 5 Strikers est un indispensable pour tout fan de Persona 5. C’est une suite directe de très bonne facture, apportant des éléments d’histoire appréciables pour les fans des Voleurs Phantômes. Bien que le système de combat (A-RPG au lieu de J RPG), la structure des donjons (plus étendus) et la gestion de la vie quotidienne (bien plus limitée) soient significativement différents et nouveaux dans Persona 5 Strikers, les jeux sont philosophiquement très proches et on prend toujours autant de plaisir à s’investir dans les aventures de nos chers lycéens. Il est également très agréable de parcourir virtuellement le Japon d’aujourd’hui et ses merveilles. Plusieurs bémols cependant : il est difficile de recommander Persona 5 Strikers à quelqu’un qui n’a jamais touché à Persona 5 car les éléments du lore sont réutilisés sans forcément être réexpliqués. Ensuite, les personnes qui apprécient Persona 5 et la saga Persona en général pour l’aspect gestion de vie quotidienne seront très déçues, car cet aspect est limité dans Persona 5 Strikers. Enfin, il est plutôt surprenant de voir Persona 5 Strikers à 59,99 euros sur l’eShop, c'est-à-dire à un prix très similaire à celui de Persona 5 lors de sa sortie, alors que la différence de durée de vie est très notable. Là où on peut aisément monter à une centaine d’heures dans Persona 5, il sera difficile de dépasser la quarantaine dans Persona 5 Strikers, justement à cause de la diminution de la partie gestion des liens sociaux. Par ailleurs, la stratégie de sortir uniquement Persona 5 Strikers en français sur la Switch quand Persona 5 ne l’est pas, est relativement incompréhensible, et on espère fortement que ce dernier sera bientôt porté à son tour, d’autant plus que Persona 5 Strikers a pu prouver que la saga tourne plutôt bien sur la console de Nintendo.

Les plus

  • Un vrai plaisir de retrouver les Voleurs Fantômes
  • Un spin-off très complet, un opus à part entière
  • Un rafraîchissement du gameplay
  • Des musiques incroyables
  • Une narration toujours aussi sympathique
  • De nouveaux personnages iconiques
  • Une traduction en français !

Les moins

  • Un prix élevé en comparaison avec Persona 5
  • Une durée de vie un peu courte pour le prix
  • La disparition des liens sociaux qui déplaira à certains
  • La dépendance vis-à-vis de l’histoire de Persona 5, non disponible sur Switch
  • Nintendo-Difference

    par Skyward

    le 28 mars 2021 19:26

La saga Shin Megami Tensei est une série de jeux vidéo culte au Japon, bien que plus confidentielle en Europe. Elle se distingue par un système de RPG exigeant et original jouant sur l’invocation et la fusion de créatures surnaturelles issues des folklores et religions du monde entier. Atlus, les développeurs très créatifs de SMT, ont en 1996 conçu une série dérivée nommée Persona. Si les jeux Persona recyclent le folklore et les créatures de la saga SMT, le concept est très différent, avec un focus sur les environnements scolaires. Ainsi, dans cette série, on incarne toujours un groupe de lycéens qui vont s’allier à des entités nommées Personae pour combattre un mal qui s’abat sur leur environnement du quotidien. Ces derniers doivent concilier vie étudiante avec une forte dimension sociale et combats paranormaux après les cours. Contrairement aux SMT, les jeux Persona ont un succès de plus en plus important en Occident, et le petit dernier, Persona 5 a été salué unanimement par les joueurs et la critique pour sa narration excellente (bien qu’uniquement disponible en anglais, mais la version Royal a été traduite en français) et son gameplay très poussé. Persona 5 Strikers, dont on va parler dans ce test, est une suite directe de Persona 5 produite en partenariat avec Koei Tecmo et Omega Force, qui contrairement à ce dernier a eu la chance d’être portée sur Switch (peut-être pour tester les eaux quant à l’intérêt de la saga sur la console de Nintendo). Est-ce que la Switch a les reins suffisamment solides pour porter un jeu de la saga Persona ? Quel est le public pour Persona 5 Strikers et est-il nécessaire d’avoir déjà joué à Persona 5 pour en profiter correctement ?


Changement de cœur

Persona 5 Strikers se déroule peu après les événements de Persona 5. Pour rappel, dans le jeu original, 7 lycéens et leur mascotte Morgana (créature ayant l’apparence d’un chat dans le monde réel), sont devenus des Voleurs Fantômes en s’alliant à une Persona, à savoir une entité surnaturelle. Les Voleurs Fantômes ont la capacité de voyager à l’aide d’une application mystérieusement apparue sur leur téléphone dans ce que l’on appelle le Métavers, c’est-à-dire un univers où se matérialise le subconscient de toutes les personnes vivant sur Terre. Certaines personnes particulièrement perverses ou corrompues ont la capacité de déformer le Métavers autour d’eux et d’y bâtir des Palais, manifestations de leur égocentrisme et mégalomanie. Les Voleurs Fantômes peuvent infiltrer les Palais, combattre les ombres qui les protègent et dérober le trésor du château en question, ce qui a pour conséquence de changer le cœur de la personne qui y régnait. Dans la réalité, cela se manifeste par ce que le jeu appelle une métanoïa, à savoir une transformation complète de la personnalité et une repentance immédiate des mégalos en question. Cependant, à la fin de Persona 5, les Voleurs Fantômes arrivent à éradiquer l’existence des Palais, et ne peuvent plus accéder au Métavers.

Vacances agitées

Dans Persona 5 Strikers, Joker le leader des Voleurs Fantômes et le personnage incarné par le joueur, revient à Tokyo en été pour y passer des vacances avec son ancien groupe de potes, mais tout ne se passe pas comme prévu. En effet, une nouvelle application nommée EMMA a fait son apparition avec un lot de conséquences inattendues. EMMA est basée sur une intelligence artificielle très poussée qui permet de répondre à plus ou moins n’importe quelle requête de ses utilisateurs. Contrairement à l’application qui permettait d’accéder au Métavers dans Persona 5, EMMA est accessible à toute la population et ne présente de prime abord aucun aspect surnaturel. Cependant, lorsque Joker y rentre un code spécial fourni par une fashionista célèbre afin de rejoindre son groupe fermé d’amis, il se retrouve à nouveau téléporté dans le Métavers.

Contrairement à Persona 5, ce n’est pas des Palais que les Voleurs Fantômes y trouvent, mais des Prisons où des Monarques, souvent des personnes bénéficiant d’une certaine notoriété dans le monde réel, piègent les désirs des innocents qui entrent leur code spécial dans EMMA. Les personnes dont le désir a été dérobé deviennent des pantins prêts à tout pour leur idole, comme se battre pour elles ou s’endetter à vie pour acheter leurs goodies. Les Phantoms Thieves décident donc de s’attaquer à ces Monarques pour reprendre les désirs qu’ils ont volé et sauver le Japon. Contrairement aux propriétaires des Palais de Persona 5, les Monarques ne sont pas des monstres pervertis, mais plutôt des hommes et des femmes ayant subi des traumatismes qui les ont poussés à chercher l’amour d’autrui et la reconnaissance à tout prix, ce qui rend le jeu un peu moins manichéen. Là où Persona 5 ne se déroulait que dans Tokyo, Persona 5 Strikers prend la forme d’un road trip tout autour du Japon, d’Okinawa à Sapporo en passant par Kyoto, afin d’éradiquer toutes les Prisons du territoire en profitant des vacances d’été.

French Touch

 

Bien qu’il soit possible de jouer à Persona 5 Strikers sans connaître le lore de Persona 5, beaucoup d’éléments de l’histoire sont très liés au jeu d’origine et il y a également beaucoup de sous-entendus qui risquent de rendre l’expérience désagréable pour des personnes n’y ayant jamais joué. Les héros au départ sont les mêmes, on retrouve Joker, l’avatar du joueur, le gentil, mais bourrin Ryuji, la sulfureuse mannequin Ann, la studieuse Makoto, la geekette Futaba, l’artiste Yosuke et la douce Haru. Leurs personnages sont toujours aussi bien écrits et attachants, avec des personnalités fortes et marquées, ce qui constitue une force indéniable du jeu, tout comme dans Persona 5. Les dialogues sont toujours amusants, sans jamais être lourds, le fan service est limité à quelques scènes très occasionnelles à la plage, et dans l’ensemble le mauvais goût est peu présent. On appréciera et on s’étonnera de la possibilité de jouer au jeu en français, contrairement à tous les Persona précédents hormis Persona 5 Royal qui était le premier Persona à bénéficier d’une traduction dans notre langue. C’est un choix très particulier d’un point de vue stratégique que de rendre le spin-off si accessible, que ce soit en termes de langue ou de console, quand la série principale n’est disponible qu’en anglais et certainement pas sur Switch. Là où les fans seront ravis, les nouveaux seront rebutés par la nécessité d’intégrer tout un lore qui n’est pas accessible via la console de Nintendo avant de se lancer.

Road trip esthétique

Esthétiquement, tout est identique à Persona 5, on retrouve un côté cartoon/manga très coloré avec des choix graphiques audacieux et bien pensés. Les cinématiques animées sont également toujours aussi épiques et bien fichues. La grande force de la série est l’imagerie et la conceptualisation des donjons et Persona 5 Strikers ne fait pas exception. Les Prisons sont des versions altérées de villes célèbres japonaises, et c’est un vrai plaisir de parcourir des reproductions assez fidèles de ces lieux mêlés à une imagerie spécifique aux Monarques qui les gouvernent. Le jeu tourne assez bien sur Switch, que ce soit en mode portable ou téléviseur. Les chutes de framerate sont rares même lorsque les ennemis sont très nombreux à l’écran, en revanche l’aliasing est très marqué, ce qui est perturbant au premier abord (bien que l’on ne le remarque plus après plusieurs heures de jeu). Musicalement, Persona 5 était une perle. Shoji Meguro, à la tête de la composition, a produit avec son équipe des musiques iconiques qui s’intègrent délicieusement dans les combats ou la vie de tous les jours, avec un côté jazzy très entêtant et la voix magnifique de Lyn Inaizumi. Ces thèmes restent en tête pendant des jours, et la plupart de ces chansons sont réutilisées dans Persona 5 Strikers avec l’ajout de nouvelles créations et remix par Atsushi Kitajoh, Gota Matsuoka, Ayana Hira et Hiromu Akaba. On notera la possibilité de choisir les musiques de combat dans le menu principal.

Simplification du quotidien

Maintenant que le contexte est bien établi, il est temps de présenter le gameplay. On désignera Persona 5 par P5 et Persona 5 Strikers par P5S désormais. Une des différences notables entre P5 et P5S est la simplification des activités du quotidien dans le monde réel. P5 se distingue notamment par son système très complexe de gestion du calendrier et des liens sociaux, qui a des conséquences sur les combats et la romance, avec des phases de drague, d’études, de travail, d’achats dans des magasins emblématiques. Rien de tout cela dans P5S, puisque les héros sont sur la route et n’ont pas le luxe de pouvoir se prélasser dans leur quotidien tokyoïte. Il n’y a dans P5S pas de choix ayant de réelles conséquences sur l’aventure qui par définition devient plus linéaire. Les liens sociaux complexes sont remplacés par une simple barre de lien qui se remplit automatiquement lorsque des événements clés de l’histoire se produisent. Les points de lien ainsi accumulés permettent de renforcer des compétences du héros au combat et dans la vie de tous les jours à l’aide d’un arbre de compétences standard. Dans les villes parcourues par les Voleurs Fantômes, Joker a la possibilité d’acheter des consommables dans les magasins qu’il trouve, et ceux-ci se retrouvent ensuite disponibles dans une boutique en ligne à laquelle il est possible d’accéder en tout temps. Il a également la possibilité d’apprendre des recettes en mangeant au restaurant, ce qui lui permet par la suite de cuisiner des plats qui rendent des PV et des PC dans le camping-car. Cette simplification sera décevante pour les joueurs qui aiment les Persona pour le côté gestion de la vie courante, mais plaira à ceux qui préfèrent le côté dungeon crawling et les combats. On précisera que la narration reste poussée malgré tout et que l’histoire et la vie quotidienne sont toujours très agréables à suivre. Pour un spin-off à la durée de vie bien plus courte que le jeu de base, cette simplification semble même plutôt logique.

Prison break

Concernant le gameplay dans le Métavers, les Voleurs Fantômes doivent parcourir des versions perverties de villes japonaises nommées Prisons. Là où dans P5, les donjons étaient constitués d’un unique bâtiment à explorer, dans P5S, c’est un ensemble de quartiers qui a été métamorphosé. Les héros doivent collecter 3 noyaux, à savoir 3 objets importants dans l’histoire des Monarques, cachés dans des donjons éparpillés dans la ville. Cela leur permet ensuite d’accéder à un bâtiment central où se terre le Monarque. Dans P5S, il y a une dimension d’exploration verticale bien plus marquée que dans P5 puisque les Voleurs Fantômes passent pas mal de temps sur les toits. Les bâtiments sont très petits en comparaison des Palais, et se parcourent en quelques minutes, c’est donc l’exploration des villes en elles-mêmes qui est la partie la plus chronophage.

Psychologie de comptoir

Avant d’affronter les Monarques, il faut identifier la source de leur traumatisme dans le monde réel, et affronter un gardien qui les force à revivre leur torture en boucle. Il y a donc deux boss à la suite dans chaque ville, le gardien puis le Monarque sous une forme pervertie. Dans les Prisons, les Voleurs Fantômes sont accompagnés d’une neuvième héroïne, à savoir Sophie, une intelligence artificielle bienveillante qui prend la forme d’une jeune fille dans le Métavers. On trouve également deux nouveautés notables dans les Prisons en comparaison avec P5. D’une part, contrairement aux Palais, les Prisons ne disparaissent pas lorsque le Monarque subit une métanoïa, ce qui permet d’y retourner, afin d’effectuer des quêtes secondaires ou collecter des objets. Ceci permet de remplacer le Memento, donjon annexe très long et pénible de P5, qui heureusement n’est pas présent dans P5S. D’autre part, il est possible d’incarner n’importe quel Voleur Fantôme et pas seulement Joker lorsque l’on parcourt les donjons, ce qui est super chouette. Dans les Prisons, il est possible de sauvegarder à des points de contrôle spécifiques, qui sont également des raccourcis où l’on peut voyager rapidement.

Persona version bourrin

Les Prisons recèlent beaucoup d’énigmes et de trésors à collecter, ainsi que des ennemis nommés ombres. Les héros doivent prendre les ennemis en embuscade afin d’éviter d’augmenter le niveau de sécurité de la Prison et de se faire éjecter dans le monde réel. Lorsqu’un ennemi repère les héros, ou que ceux-ci l’attaquent en embuscade, le combat démarre, et c’est là la plus grande différence entre P5 et P5S. Dans P5, les combats fonctionnaient au tour à tour, comme dans la plupart des J-RPG. Chaque héros possédait un certain nombre de capacités spécifiques à sa Persona et devait les utiliser lorsque son tour venait. Dans P5S, les combats prennent la forme d’un A-RPG/ beat ’em up, où une multitude d’ennemis attaque en même temps les héros qui doivent bourriner dans la masse pour pouvoir poursuivre leur exploration. Heureusement, la touche Persona est toujours présente, puisque les héros peuvent apprendre les capacités inhérentes à leur Persona et les utiliser dans les combats, en jouant notamment sur les faiblesses des ennemis. Le côté A-RPG offre également des opportunités de gameplay très intéressantes, comme le Sprint Fantôme, qui permet d’utiliser les objets de l’environnement pour exploser les ennemis en masse.

Cependant, il ne faut pas s’y méprendre, on est bien plus proche de P5 que d’un Hyrule Warriors. Bien que les combats aient un côté beat ’em up, ils ne s’activent que lorsque les héros attaquent un ennemi situé dans la Prison, et la seule différence entre P5 et P5S est la manière de se battre une fois l’ennemi pris d’assaut. Il existe trois niveaux de difficulté, le mode Facile étant très accessible pour les débutants, et les deux autres modes présentant un challenge raisonnable pour ceux qui recherchent une petite résistance de la part du jeu.

Fusion et confusion

Enfin, comme dans P5, Joker a la possibilité de se lier à plusieurs Personae, contrairement à ses petits camarades qui se contentent d’une seule Persona. La gestion des créatures du folklore si spécifique aux SMT et Persona est donc bien présente. Dans P5S, les monstres affrontés font tomber des masques. Joker, une fois qu’il les a ramassés, peut tout comme dans P5 se rendre dans la chambre de Velours pour y fusionner ou améliorer ses masques ce qui lui permet d’utiliser de nouvelles capacités et de se renforcer au passage. La principale différence entre P5 et P5S est le nombre plus restreint de Personae qu’il est possible de collecter et d’utiliser. Mais P5S étant aussi plus court, ce n’est pas un véritable problème, d’autant que les Personae jouent un rôle moindre que dans un J-RPG plus classique.

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