Test Nintendo Switch de What Remains of Edith Finch

En résumé

  • Sorties :
  • 4 Juillet 2019
  • 4 Juillet 2019
  • 4 Juillet 2019

L'avis de Kalimari

What Remains of the Edith Finch est un titre fabuleux. Non pas en tant que jeu vidéo, mais en tant qu'exemple de narration et de mise en scène. C'est bien simple : si on ne devait vous recommander qu'un seul walking-simulator, que vous adoriez le genre ou que vous le détestiez, ce serait bien lui. On ne vous mentira pas en disant qu'il s'agit là d'un chef d'œuvre, mais tout de même, le soft de Giant Sparrow a assez d'arguments pour se faire une place dans votre ludothèque. La famille Finch, qu'on ne côtoie jamais vraiment, réussit par on ne sait quel miracle à se montrer attachante, leur tragique destin n'en devenant que plus touchant. On préfère également vous prévenir : dans ce jeu, on y parle de dépression, de drogues, de meurtres et même de morts infantiles. Rassurez-vous, aucun de ces sujets n'est traité de manière atroce ou gratuite. C'est même tout l'inverse, puisqu'on ne sait jamais si le livre qu'on parcourt conte la vérité ou fantasme complètement sur cette idée de malédiction qui plane sur la famille Finch. Une aventure où fantastique et réel se mêlent et se perdent, quitte à nous laisser avec plus de questions que de réponses à la fin de ce voyage énigmatique. La meilleure œuvre du genre, indiscutablement.

Les plus

  • Une mise en scène superbe
  • La narration environnementale, une véritable réussite
  • Une famille attachante et touchante
  • Entre fantastique et réel, les pistes sont brouillées
  • Une bande-son juste...
  • Le level design de la maison, incroyable
  • Une très jolie direction artistique

Les moins

  • On joue très peu, forcément
  • Quelques ralentissements au niveau du framerate
  • C'est un poil court
  • C'est très cher, compte tenu de la maigre rejouabilité et du contenu du titre
  • ... mais qui peine à marquer les esprits
  • Nintendo-Difference

    par Kalimari

    le 21 mars 2021 10:48

Acclamé par la critique et les joueurs dès sa sortie, remportant même le prix de la meilleure narration aux Game Awards de 2017, What Remains of the Edith Finch s’est frayé un chemin sur Nintendo Switch depuis le 4 juillet 2019, au tarif de 19,99 €. Développé par Giant Sparrow à qui l’on devait déjà The Unfinished Swan et édité par Annapurna Interactive, la branche jeu vidéo d’une société spécialisée dans le cinéma, il s’agit là d’un walking-simulator teinté d’aventure. Que vous soyez amoureux du genre ou non, What Remains of the Edith Finch – que l’on prendra la liberté de nommer WRotEF pour faire plus court – reste une expérience vidéoludique unique qu’on conseillera à tous et toutes d’essayer, au moins pour la culture, et peut-être pour faire changer d’avis les plus récalcitrants. Peut-être, on a dit.


La Petite Maison dans la forêt

Dans WRotEF, le joueur incarne Edith Finch, la descendante d’une famille sur laquelle plane le voile de la mort. En effet, désireuse d’en savoir plus sur la tragédie qui a touché les siens, elle se rend dans la demeure familiale, perdue sur une côte forestière de l’État de Washington. Il faut dire que la clé héritée de sa mère et le livre familial, où est consignée toute l’histoire de la lignée et leur macabre disparition, ont de quoi laisser songeur. S’agit-il là de purs fantasmes ou tous ces événements se sont-ils vraiment déroulés ? Navigant à vue entre réalité et fantastique, le voyage d’Edith et du joueur ne sera pas de tout repos. À peine arrivé après une petite balade dans les bois, que la maison des Finch se dévoile : il s’agit là d’une bâtisse surréaliste qui s’est construite sur plusieurs générations, empilant des pièces par dizaine, étage sur étage, jusqu’à devenir une masse tout aussi difforme que fascinante. Walking-simulator oblige, le titre met en avant une forte emphase sur son histoire, mais là où le jeu surprend, c’est avant tout dans sa narration environnementale.

Qu’il s’agisse de la maison en elle-même ou de chacune de ses salles, il suffit de se poser quelques minutes pour lire en elles comme dans un livre ouvert. Une telle force évocatrice impose le respect, laquelle est soutenue par un level-design inspiré ; très linéaire, la progression parvient tout de même à camoufler son manque d’embranchements annexes via une architecture complexe qui donne l’illusion d’avancer dans un véritable dédale. À chaque nouvelle pièce ouverte, se dévoilent alors un monde et une histoire personnelle, ceux d’un des membres des Finch. Qu’ils fassent parti des tout premiers éléments de la famille ou que leur décès soit bien plus récent, tous proposent une mini-aventure unique et marquante. Parfois touchante, parfois « amusante », chaque joueur aura son petit coup de cœur et des souvenirs marqués au fer rouge. Si tous les personnages et leur disparition ne sont pas traités de manière égale, il n’empêche que la variété des situations permet d’oublier la pauvre teneur en mécaniques de jeu du titre.

Locke and Key to the Death

Walking-simulator oblige, à part marcher ou ouvrir des portes et des tiroirs, le gameplay de WRotEF reste bien maigre. Un défaut inhérent au genre, mais qui peut ouvrir la porte du médium à ceux qui n’auraient jamais tenu une manette en main. Il faut dire que la production de Giant Sparrow s’approche bien plus du cinéma interactif que du pur produit vidéoludique, lequel n’hésite d’ailleurs pas à piocher – volontairement ou non – du côté de Tim Burton, Big Fish en tête. Il y a bien quelques situations dans lesquelles le gameplay se mêle légèrement à la narration pour lui donner un aspect unique et impossible à traduire sur grand écran, à l’image du personnage de Lewis Finch qui travaille dans une usine de conserverie ; le joueur effectue la même tâche ad nauseam, subissant le travail à la chaîne ayant rendu le personnage complètement apathique et déconnecté du monde réel.

Assez solide visuellement sur la petite hybride de Nintendo, le titre possède une direction artistique sublime, laquelle saura faire mouche en dépit d’une technique loin d’être époustouflante. La bande-son (composée par Jeff Russo et Joel Corelitz), très juste, reste cependant trop en retrait, au point de ne jamais vraiment marquer l’esprit du joueur. Il s’agit là de pistes d’ambiance, au service de la narration et du cadre visuel, plus que de thèmes forts et récurrents. Comptez environ deux heures de jeu pour venir à bout de l’aventure, trois pour les plus lents ou observateurs. S’il fallait d’ailleurs se plaindre d’une chose, c’est justement la durée de vie du titre par rapport au tarif demandé. Le peu de rejouabilité et l’inexistence de contenu annexe rendent la somme un poil exorbitante. Près de vingt balles pour deux heures de film interactif, aussi bonnes soient-elle, ça reste toujours plus cher qu’une place de cinéma (et globalement moins bien). On vous parle là d’une activité d’une autre époque, il est vrai, mais tout de même, on ne saurait que trop recommander d’attendre une promotion agressive pour se lancer dans WRotEF.

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