Test Nintendo Switch d’UnderHero

En résumé

  • Sorties :
  • 27 Février 2020
  • 27 Février 2020
  • Non renseignée

L'avis de Kalimari

UnderHero est un titre imparfait à bien des égards. Trop long pour son propre bien, parfois même trop prétentieux ou moralisateur dans son scénario, il n'empêche que le titre de Paper Castle Games brille parfois tout autant qu'il ne pèche. Doté d'un gameplay digne d'un Paper Mario ou d'un Mario & Luigi, d'une bande-son brillante, d'une direction artistique agréable ou encore d'une histoire régulièrement drôle, touchante et épique, le jeu vénézuélien mérite bien plus qu'un simple coup d'œil. Difficile de le recommander pleinement, tant le parti-pris divisera le public presque tout autant qu'un Undertale, mais il se pourrait bien que, comme ce dernier, il touche de plein fouet votre âme et votre cœur. Si tel est le cas, alors nul doute qu'il fera partie de vos petits chouchous de la sphère indépendante, en attendant un potentiel second épisode. Un titre passionné et passionnant qui n'évite pas de nombreux écueils (dont certains bugs obligent à redémarrer la console), qu'on conseillera de prendre en promotion si possible, pour peu que le joueur comprenne un minimum l'anglais ! Rien n'est tout noir, ni tout blanc, comme les gentils et méchants du Royaume Châtaigne...

Les plus

  • Des personnages attachants et au design réussi
  • Mécaniques de combats bien pensées et fun
  • Se renouvelle constamment...
  • Histoire drôle, touchante et épique
  • Une excellente bande-son
  • Rend très bien en portable...

Les moins

  • Un RPG uniquement en anglais
  • Des environnements visuellement artificiels
  • ... en dépit de quelques longueurs, notamment sur la fin
  • Un level design vraiment oubliable
  • Pas adapté aux courtes sessions avec son faible nombre de points de sauvegarde
  • ... malgré des environnements généralement trop sombres (encore plus en nomade)
  • Quelques bugs encore présents
  • Nintendo-Difference

    par Kalimari

    le 20 janvier 2021 20:41

Passé inaperçu lors de sa sortie sur le Nintendo eShop le 27 février 2020, UnderHero a pour lui quelques arguments à faire valoir et, peut-être, connaître enfin la gloire. Édité par Digerati et développé par Paper Castle Games, ce jeu d’aventure teinté d’une couche de RPG possède notamment un contexte assez unique pour se différencier de la concurrence. S’il s’inspire à bien des égards de productions Nintendo ou d’autres productions indépendantes, le titre place le joueur dans la peau d’un personnage à la fois peu banal et en même temps terriblement commun, le tout servi par un environnement rarement exploité. Malheureusement pour lui, UnderHero n’est disponible que dans la langue de Shakespeare, empêchant les moins à l’aise avec l’anglais de lui donner sa chance pour découvrir la charmante histoire qu’il se plait à conter. Attention toutefois, car s’il possède bien des qualités, le jeu souffre également de gros soucis.

Bienvenue chez les Ch’tis méchants

En lieu et place d’UnderHero et de son univers, prenez celui de Super Mario ou de The Legend of Zelda. Imaginez-vous désormais dans la peau de Mario ou Link, quand soudain, après quelques minutes de jeu passées à déambuler dans le niveau d’introduction, un Goomba ou un Bokoblin vient à vous éliminer… pour toujours. Ensuite ? Vous devenez et contrôlez votre bourreau, qu’il soit ce fichu marron ou ce vil gobelin, et vous devez, à contrecœur (ou pas), remplir la mission qui était de base destinée au plombier moustachu ou au héros blondinet, agissant dans l’ombre contre votre Maître, Bowser ou Ganon. UnderHero, c’est exactement ça : le joueur est accidentellement tué par un des nombreux et semblables larbins maléfiques répondants au nom de Masked Kid, lequel reprendra son lourd fardeau, celui de sauver le Royaume Châtaigne, sa princesse et ses habitants. Un choix plus motivé par Elisabeth IV, une épée légendaire douée de parole, que par le Masked Kid lui-même. Après tout, ladite légende se perpétue depuis bien des générations ; cet incident pourrait, à bien des égards, provoquer une cassure dans le continuum espace-temps et effacer le monde tout entier, non ?

Cependant, pour passer de faible et timide à héros sans peur capable de vaincre le Diable lui-même, notre Masked Kid aura du pain sur la planche. Sur les conseils avisés de sa lame vivante, il lui faudra éliminer tout un tas de monstres pour devenir plus fort. Un sbire affrontant les siens, non sans remords ou questionnement. Pourquoi lui, qui n’est pas du côté des bons, doit forcément servir de chair à canon comme le stipule la légende ? Pourquoi le Héros, tant adulé par les humains, zigouille sans vergogne ou une once d’hésitation les « monstres » du Royaume Châtaigne ? Parce qu’il s’agit du « script », et puis c’est tout. C’est tout ? Non, pas vraiment. UnderHero est, à l’instar d’Undertale ou de Moon, un jeu qui remet le joueur en question. Tuer pour progresser, est-ce bien là la seule solution dans un jeu vidéo ? Une petite leçon de morale relativement agréable certes, mais qui, contrairement aux précédents jeux cités, ne pourra que très difficilement donner la possibilité au joueur de parcourir tout le titre sans verser la moindre goutte de sang.

Tous les héros ne portent pas une cape… Parfois, c’est un masque !

S’il est en effet possible de donner de l’argent en échange d’une annulation pure et simple d’un duel contre un autre sbire, force est de constater que trouver de l’argent sans combattre de manière léthale est assez complexe, en dehors des pièces dispersées ici et là dans les différents niveaux, notamment dans les coffres.

Un petit coup d’épée dans l’eau donc, mais dont la morale reste bien plus appréciable que celle d’Undertale, plus lourde et infantilisante, à défaut d’être moins réussi dans le contrepied qu’il prend vis-à-vis des règles élémentaires du médium. Et puis de toutes manières, que vous jouiez de manière pacifique ou non, le jeu de Paper Castle Games ne dispose que d’une seule et unique fin. Tout ça pour ça ! Qu’importe, le titre des développeurs vénézuéliens possède pour notre plus grand bonheur un système de combat agréable et qualitatif. Des mécaniques proches d’un Paper Mario (dont les créateurs se disent fans, et ça se sent), mêlant phases d’exploration saupoudrées d’action et de combats au tour par tour. Ou presque, encore une fois. Étrangeté vidéoludique s’il en est, UnderHero enchaîne les mélanges improbables pour toujours mieux surprendre le joueur.

Si les rencontres face aux ennemis placent le joueur et son adversaire de manière à imager le combat au tour par tour tel qu’on le connait, les actions se font en fait en temps réel. L’ennemi peut se déplacer à tout instant, passant du corps-à-corps à une position à distance et vice-versa ; il peut attaquer n’importe quand, obligeant le Masked Kid à parer ou se protéger des coups avec son bouclier (qui voit sa durabilité réduite à force d’encaisser des dégâts, mais pas en les contrant). Le héros anciennement vilain, lui, devra gérer une barre d’énergie, laquelle se consomme à chaque coup porté ou lorsqu’il use de sa targe ; le joueur pourra la recharger en patientant, en parant les coups reçus ou en les évitant, notamment à l’aide de sauts ou d’accroupissements (ce qu’il ne pourra plus faire, une fois la jauge vidée ou presque). Autant de mécaniques de jeu qui, si elles se rapprochent indéniablement d’un Paper Mario, se rapproche finalement plus des Mario & Luigi. Car, en plus de pouvoir se défendre, attaquer à distance avec le lance-pierre, au corps-à-corps à l’épée ou plus lourdement au marteau pour peu qu’on gère bien les mouvements adverses, il sera possible d’activer une compétence ultime en piochant dans le jeu de rythme, à la manière des Attaques Spéciales de la franchise de feu AlphaDream.

Point faible ? (Presque) trop fort !

La mise en scène, là aussi très proche de celle des Mario & Luigi, laisse peu de doute sur les inspirations réelles du titre. C’est d’autant plus vrai lorsqu’arrivent les statistiques du personnage, qu’il faudra améliorer à chaque niveau gagné ou en échange de pièces dans la boutique appropriée. Ces mécaniques de combat et d’optimisation se développeront tout au long de la progression du titre, de quoi renouveler constamment la progression du jeu. Un rafraichissement qui se fait aussi dans les phases d’exploration et d’action, à l’instar des différents segments de l’histoire invitant le Masked Kid à participer à diverses activités, comme une course à pied ou encore un concours de patinage artistique ; un mini-jeu musical dans lequel il faudra appuyer sur les boutons dans le bon ordre et sur le juste tempo, à la manière d’un jeu de rythme. Assez nombreuses, elles ne parviennent toutefois pas à empêcher une certaine redondance et, surtout, des passages qui tirent bien trop en longueur, notamment sur la fin de l’aventure. S’il faut près de douze heures pour venir à bout du titre en ligne droite, le studio aurait pu tailler dans le gras pour en enlever un bon tiers, en supprimant quelques ennemis ou en rétrécissant certaines portions du level-design.

Un défaut dommageable, tant le bestiaire est varié, les combats agréables et la difficulté générale accessible. Malheureusement, ce même level-design souffre lui-même d’un manque certain d’originalité, se laissant parfois parcourir de manière insipide. Pire encore, le manque de points de sauvegarde frustrera les moins à l’aise avec le challenge proposé par le titre, bien qu’assez accessible. Une frustration d’autant plus grande qu’il ne sera pas rare de tomber dans quelques pièges léthaux, la faute d’une physique et des sauts flottants, mais aussi une manie de noyer ses environnements dans un noir quasi-total. Situés dans un arbre, dans des souterrains ou encore dans une forêt plongée dans la nuit, ces passages sont encore moins lisibles une fois passés en nomade, sur le petit écran de la tablette. Cerise sur le gâteau, les environnements – même une fois à l’extérieur et en plein jour – paraissent très artificiels, pour ne pas dire disgracieux. C’est d’autant plus dommage que le chara-design lui, s’avère réussi et original de manière générale, ou encore que la bande-son – composée par Stijn van Wakeren – soit aussi brillante. Tantôt désespérée, tantôt entraînante, chacune de ses pistes est un plaisir à écouter, mais aussi à vivre, notamment lors d’affrontements de boss ou lors de cutscenes importantes.

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