Test d’Oxenfree sur Nintendo Switch

En résumé

  • Sorties :
  • 6 Octobre 2017
  • 6 Octobre 2017
  • Non prévue

L'avis de Greg-sHAOlink

Oxenfree reste une pépite du genre des walking-simulators, alliant une narration captivante à une direction artistique et une bande-son soignées. La profondeur de ses dialogues et la complexité de ses personnages offrent une expérience riche en émotions. Malgré quelques imperfections, comme la lenteur des déplacements ou la distance perfectible de la caméra, l’aventure demeure prenante. La rejouabilité est assurée par les choix narratifs qui invitent à explorer toutes les facettes de l'histoire et ses multiples fins. Pour moins de 10 € sur l’eShop de la Nintendo Switch, Oxenfree reste une valeur sûre pour les amateurs de belles histoires et de gameplay épuré.

Les plus

  • Narration captivante
  • Système de dialogues pertinent
  • Thématiques et personnages intéressants et bien développés
  • Choix narratifs influençant l'histoire
  • Rejouabilité et multiples fins à découvrir
  • Direction artistique soignée
  • Bande-son et sound-design de qualité
  • Doublage en anglais exceptionnel
  • Jouabilité agréable sur téléviseur et en mode portable

Les moins

  • Lenteur des déplacements
  • Temps de chargement longs et frustrants
  • Positionnement de la caméra parfois trop lointain
  • Système de sauvegarde automatique seulement
  • Nintendo-Difference

    par Greg-sHAOlink

    le 27 mai 2024 18:45

Oxenfree est le premier jeu de Night School Studio, un développeur indépendant fondé par d’anciens membres de Telltale Games et Disney Interactive Studios. Sorti en 2016 sur PC et consoles de salon, puis en 2017 sur iOS et sur Nintendo Switch, ce jeu a rapidement attiré l’attention grâce à son approche innovante du genre des walking-simulators. Sept ans après sa sortie, nous vous proposons de revenir sur la version Switch de cette aventure, où les dialogues sont les éléments clés influençant le déroulement et l’issue de l’histoire.



Quand la fête vire au paranormal sur Edwards Island


Le joueur incarne Alex, une adolescente qui se rend sur l’île militaire abandonnée d’Edwards Island avec son ami Ren et son demi-frère Jonas (le fils de son nouveau beau-père), qu’elle vient tout juste de rencontrer. Une fête nocturne y est organisée et, après un court trajet en ferry qui permet de vite comprendre les mécaniques du jeu, le groupe est rejoint par Clarissa, l’ex-petite amie du frère décédé d’Alex, Michael, ainsi que par Nona, pour qui Ren éprouve des sentiments plus qu’amicaux. Rapidement, l’ambiance devient tendue en raison de la défiance et de l’animosité entre certains personnages. La situation se complique davantage lorsque Alex ouvre un portail spectral vers une autre dimension avec sa radio. C’est ainsi que commencent les péripéties de cette troupe d’amis, qui devront déambuler à travers l’île et ses phénomènes paranormaux pour tenter de s’en échapper.

Oxenfree

Le jeu propose un gameplay simple et intuitif, mais innovant, basé principalement sur les dialogues. Lorsque les personnages discutent entre eux, des bulles apparaissent au-dessus d’Alex, indiquant les potentielles réponses que l’on peut contribuer à la conversation. Il suffit d’appuyer sur le bouton correspondant (Y, X ou A) pour faire intervenir Alex. La fluidité de ses interventions est saisissante et, comme dans une discussion entre amis, il est possible d’attendre que d’autres personnages aient fini de parler ou de les interrompre avec sa propre réplique. Pour ajouter à la vraisemblance des comportements, il est possible de continuer à déplacer Alex pendant les discussions : il n’y a ainsi pas de transition entre les phases d’exploration et ce qui correspond habituellement à des cut-scenes. Le jeu est très bavard et il est rare de pouvoir marcher sans devoir écouter les différents personnages. Entièrement doublé en anglais (avec des sous-titres français disponibles), le jeu d’acteur est absolument parfait, offrant un vrai plaisir d’écoute pour ceux qui apprécient les jeux vidéo verbeux et qui comprennent un minimum l’anglais afin d’en saisir les toutes les subtilités.

Les déplacements à travers l’île se font en 2,5D, avec des décors en 2D et des personnages pouvant s’y déplacer en 3D. La direction artistique, mêlant minimalisme et illustrations épurées dans des tons souvent neutres et aux couleurs nostalgiques, est plutôt réussie. En revanche, le positionnement de la caméra est souvent trop lointain, ce qui empêche de bien profiter de certains détails, a fortiori en mode portable. En ce qui concerne la jouabilité, il n’y a rien de compliqué : il s’agit avant tout d’un walking-simulator, sans plateformes ni timings complexes. Il suffit d’appuyer sur le bouton A pour interagir avec certains éléments des environnements, sur R pour activer la radio, puis choisir la fréquence avec le stick. La radio est en effet l’objet principal de cette aventure, servant de couteau-suisse : ouvrir des portes, dialoguer avec les esprits de l’autre dimension, obtenir des indices, résoudre quelques énigmes simples… En mode portable, il est également possible de jouer entièrement avec l’écran tactile, en appuyant sur les bulles de discussion ou sur les endroits du décor où l’on veut se déplacer, de manière assez efficace.

Oxenfree


Entre deux dimensions et un temps de chargement


L’histoire amène le joueur à faire de nombreux choix lors des conversations, déterminant souvent l’évolution des sentiments des personnages entre eux et le dénouement de l’histoire. Il n’y a pas de game over, ni de bonne ou mauvaise fin (bien que certaines soient plus satisfaisantes que d’autres), seulement les conséquences logiques des actions prises en cours de route. Il est donc primordial de prêter attention à son comportement pour influencer le déroulement du scénario dans le sens désiré. Ces paramètres incitent naturellement à recommencer l’aventure en prenant des décisions différentes et ainsi explorer les fins alternatives. Cependant, deux points faibles du jeu rendent la découverte des différentes fins quelque peu inconfortable. Tout d’abord, la sauvegarde automatique s’effectue uniquement lors du passage à une nouvelle zone, empêchant de sauvegarder à tout moment et d’essayer différents choix. Une fois qu’une décision est prise, elle est gravée dans le marbre jusqu’à la fin du parcours. Un système de chapitrage aurait aussi pu résoudre ce problème. L’autre difficulté concerne la lenteur du jeu : les déplacements sont plutôt lents et les temps de chargement entre les zones sont frustrants de longueur. Bien que les dialogues occupent le joueur pendant les déplacements, ces phases identiques d’un embranchement scénaristique à l’autre deviennent répétitives et peuvent agacer.

Oxenfree

En revanche, la qualité des dialogues va au-delà des performances des doubleurs et prend toute sa valeur dans l’écriture, la justesse et la fluidité. Tous les personnages sont intéressants, avec des personnalités distinctes et travaillées, et ils évoluent intelligemment au fur et à mesure des choix effectués. La connexion émotionnelle est savamment orchestrée entre ces avatars et le joueur. Par ailleurs, les thèmes abordés, au-delà du paranormal, touchent de manière pertinente des sujets comme l’abandon, la culpabilité, le deuil, l’amitié et la famille, entre autres, et sont traités de manière psychologique et philosophique avec une grande finesse.

Oxenfree

L’ambiance est magnifiquement complétée par les sonorités d’Andrew Rohrmann (scntfc), à l’origine d’une bande-son électro et atmosphérique collant parfaitement à l’élément ésotérique du jeu. Les musiques accompagnent judicieusement les phases de gameplay, ajoutant des touches mélancoliques et émotionnelles bienvenues. Le sound-design est également remarquable, notamment le travail effectué avec la radio et ses différentes fréquences, et avec les voix des fantômes.

Oxenfree ne propose pas véritablement de quêtes annexes, hormis la recherche de quelques objets cachés, dont des lettres détaillant le background de l’île et de ses anciens habitants. Le jeu se boucle lors de son premier run en moins de cinq heures. Pour découvrir les multiples fins alternatives, il faut compter environ le triple, car il devient plus facile de parcourir le jeu encore et encore une fois que les puzzles et la direction à prendre pour les étapes suivantes sont connus.

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