Test Nintendo Switch de There Is No Game : Wrong Dimension

En résumé

  • Sorties :
  • 14 Avril 2021
  • 14 Avril 2021
  • Non renseignée

L'avis de Kalimari

Que vous ayez adoré la première version de There Is No Game, que vous cherchiez un bol d'air frais du côté des point'n click ou que vous soyez un grand fan de Pony Island et de sa tendance à cacher son jeu derrière un « non-jeu », Wrong Dimension est à ranger la catégorie des « tout bon ». Et même si le genre vous laisse perplexe, laissez-lui une chance, tant il est rafraichissant, amusant et plaisant. Pour un peu moins de treize euros, vous aurez droit à une aventure fun, quoiqu'un peu déstabilisante, et extrêmement soignée dans sa réalisation. Le mieux, c'est de s'y jeter sans avoir été divulgâché d'un quelconque élément du jeu (prologue mis à part), pour mieux se laisser porter de surprise en péripétie. Désormais, on a hâte de voir ce que pondront à l'avenir KaMiZoTo et son studio ; une suite ou un tout autre projet, nous, on est preneurs !

Les plus

  • Un vrai bol d'air frais
  • Des énigmes bien dosées dans leur difficulté
  • Direction artistique réussie et pixel-art très joli
  • Le quatrième mur est bien explosé
  • Drôlement bien écrit
  • Très bon doublage
  • Une chouette bande-son
  • Six excellentes heures de jeu
  • La présence de textes en français, forcément
  • Technique impeccable
  • Encore plus agréable en mode portable

Les moins

  • Une maniabilité un peu moins adaptée en mode téléviseur
  • La partie Zeldaesque, souffrant d'un vrai manque de rythme
  • Nintendo-Difference

    par Kalimari

    le 23 mai 2021 12:29

Laissez-nous vous conter une histoire, celle d’un jeu qui n’en était pas un. Un non-jeu victorieux d’une game jam de 2015, There Is No Game, développé par un certain Pascal Cammisotto, alias KaMiZoTo. Ce non-jeu et le succès qui en découla poussèrent son créateur à initier le projet d’une suite, laquelle serait financée par le microcosme du financement participatif via Kickstarter. La suite, vous ne la connaissez peut-être pas, mais une chose est sûre, chaque histoire connait des hauts et des bas ; le Kickstarter a échoué lamentablement (seulement 3 317 € sur les 32 000 demandés), peut-être dû à un manque de communication et de bouche à oreille. L’histoire aurait donc pu s’arrêter là, mais c’était sans compter sur la détermination de KaMiZoTo qui fonda le studio Draw Me A Pixel. Il parvint finalement à accoucher de son bébé, certainement dans la douleur, pour notre plus grand bonheur. En effet, plus de huit mois après sa sortie sur PC, There Is No Game : Wrong Dimension est enfin disponible sur le Nintendo eShop de la Switch pour la modique somme de 12,99 €. Intriguant et rafraichissant, ce titre français amuse tout autant qu’il bouleverse le genre du point’n click. Étonnant pour un non-jeu, n’est-ce pas ?


Jeu pense, donc Jeu suis

Difficile d’expliquer le concept de There Is No Game : Wrong Dimension sans trop en dévoiler. Ce serait risquer de gâcher la surprise de la découverte, sur laquelle se base presque entièrement le titre. Grosso modo, vous, le joueur, êtes lâché face à un écran-titre, lequel indique… qu’il n’y a pas de jeu. Une voix-off, celle de Jeu, vous confirme la terrible nouvelle tout en vous demandant de quitter le programme ; si possible, sans passer par la case remboursement, en guise de soutien aux petits artisans de chez Draw Me A Pixel. Bien entendu, vous êtes le client et donc le roi ; vous allez forcer l’accès par tous les moyens possibles, notamment en tapant tout ce qu’il vous passe sous la main. Ainsi, à l’aide du titre, mais aussi des menus ou des icones, il vous faudra progresser pour espérer trouver le vrai jeu que tente de camoufler Jeu. Dis comme ça, c’est un peu confus, mais une fois manette en main… ça l’est encore plus ?! Une chose est sûre : There Is No Game : Wrong Dimension est une sacrée pépite.

Se jouant à la manière d’un point’n click, il vous faudra venir à bout des énigmes qui composeront l’aventure. Bourrées d’idées et de trouvailles en tous genres, elles se révèleront souvent farfelues, mais rarement complexes. Au final, durant notre test, seuls deux ou trois passages nous auront poussé à bout, nous « forçant » à utiliser lâchement le bouton d’aide, lequel offre plusieurs indices facilitant nos recherches. Un titre ouvert à tous donc, qui n’hésite d’ailleurs pas à se moquer des travers du genre avec des prétextes et solutions alambiquées dignes d’une production Lucas Arts de l’époque. Les références, appuyées et prêtant à sourire, ne sont pas là que pour faire joli, puisqu’elles interfèrent directement dans la logique et le développement des énigmes. Composé de sept chapitres – dont un épilogue – le titre explore plusieurs univers (parfois éloignés du jeu vidéo, comme le cinéma). Si tous sont excellents, certains, comme celui où le jeu pastiche The Legend of Zelda, paraissent trop longs pour leur propre bien. Le final, qui brise définitivement le quatrième mur, pourra aussi donner une légère impression de « déception » ; l’épilogue met l’accent sur la narration, aux dépens d’énigmes recherchées ou novatrice. On lui pardonne volontiers ces petits écarts, tant le reste transpire une maîtrise absolue.

 

GiGi l’amorosa

Mieux encore, There Is No Game : Wrong Dimension brille également sur son aspect artistique. Le doublage, très bon, magnifie un script franchement drôle. Avec le Jeu à l’accent marseillais, les bogues dans les univers traversés ou encore les dialogues entre le narrateur et le joueur, voire des Personnages Non-Joueurs, on se surprend à pouffer de rire à plusieurs reprises. Légion sont les indés piochant dans l’humour, rares sont ceux qui y parviennent d’une main de maître. Toutefois, le titre tape aussi dans un registre inattendu : le drame. Non pas que celui-ci prenne le pas sur la comédie, mais la personnification de Jeu fait qu’on s’y attache follement ; la découverte de son passé, inspiré de l’histoire vécue par KaMiZoTo (l’échec du Kickstarter et la déception qui en découla, notamment), rappelle à quel point il peut être difficile de mener à bien un projet d’une telle ampleur quand on est développeur. Rassurez-vous, ça ne va pas trop loin (en tous cas pas au point de tuer l’ambiance), mais cet aspect du titre est tout aussi important que son pendant comique.

La direction artistique et les graphismes en pixel-art sont également à souligner ; colorés, mignons dans la partie Zeldaesque, on tape ici dans le haut du panier et le tout rend superbement bien en portable comme sur grand écran. Gros coup de cœur également pour la musique qui tape dans tous les genres, laquelle a été composée par Xiaotian Shi (Top Gear, Planet Coaster et bien d’autres encore). On retiendra surtout les pistes chantées, notamment celle rappée par Jeu lui-même, ce dernier étant doublé par Pascal Cammisotto. Au niveau technique, rien à redire là non plus, la version Nintendo Switch se comportant comme un charme ; le contraire aurait été problématique. Finalement, c’est bien plus sur la maniabilité du titre que reposent les – très – rares soucis du jeu. En effet, point’n click oblige, on aurait aimé avoir la possibilité d’utiliser une souris en mode téléviseur, notamment sur la fin de l’aventure. Fort heureusement, en mode portable le titre permet l’utilisation de l’écran tactile, lequel, lorsqu’il est couplé à un stylet adapté, fait office de la meilleure ergonomie qui soit sur l’hybride du constructeur tokyoïte. Une broutille donc, qui n’est même pas du fait du développeur.

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