Test de Prince of Persia : The Lost Crown sur Nintendo Switch

En résumé

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  • 18 Janvier 2024
  • 18 Janvier 2024
  • 18 Janvier 2024

L'avis de Skyward

Prince of Persia : The Lost Crown est, en ce début d'année 2024, tout simplement une superbe surprise. Les studios d’Ubisoft Montpellier proposent un Metroid-like crafté avec un amour visible pour le genre et un véritable travail de recherche pour en faire une expérience mémorable. En plus de cocher toutes les cases d’un bon metroidvania, c’est une expérience parfaitement modulable puisqu’il est possible de customiser la difficulté de l’exploration et des combats à un niveau très fin. L’accessibilité a été pensée à tous les niveaux, ce qui en fait un jeu qui peut plaire à tout type de public, que ce soit des gens qui découvrent le genre ou des fanatiques en recherche de difficulté extrême. C’est aussi un jeu sincèrement très joli, avec une orchestration spectaculaire et, cerise sur le gâteau, parfaitement optimisé pour la Switch. On pourrait juste reprocher une histoire un peu simpliste (malgré un joli lore basé sur l’histoire de la Perse et quelques twists forts sympathiques), des quêtes secondaires qui auraient pu être plus poussées, et des cinématiques animées qui pourraient être plus modernes.

Les plus

  • La customisation à tous les niveaux
  • L'excellente idée d'intégrer des captures d'écran sur la map
  • Des visuels charmants
  • Une musique sublime
  • Des combats de boss complexes et stimulants
  • Une exploration approfondie
  • Des phases de plateformes difficiles mais justes
  • Un système de combat très travaillé
  • Des capacités très originales à débloquer
  • Une optimisation impeccable pour la Switch

Les moins

  • Une histoire principale un peu poussive
  • Des quêtes secondaires peu nombreuses et un peu longues
  • Des cinématiques animées pas toujours au top
  • Nintendo-Difference

    par Skyward

    le 11 janvier 2024 18:00

Nous avons eu la chance en décembre dernier de pouvoir assister à une preview de Prince of Persia : The Lost Crown, et nos impressions ont alors été très positives. En effet, malgré une première promotion du jeu fraîchement accueillie par les fans de la saga pour plusieurs raisons (nouvel épisode inattendu au lieu d’un remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps, basculement vers le Metroidvania en 2,5D, personnage principal qui n’est pas le prince habituel, etc.), les premières sessions de preview ont semblé mettre tout le monde d’accord pour dire qu’on se dirige a priori vers un Metroid-like plus que solide. On a désormais eu la possibilité de tester (notamment en mode portable) le jeu développé par la team d’Ubisoft Montpellier de façon plus complète et de faire un retour définitif sur l’expérience. Prince of Persia : The Lost Crown est-il synonyme de fraîcheur et de renouveau pour la série, ou le spin-off s’éloigne-t-il trop de l’esprit original de la saga ?


Où est le prince ?


Dans cet opus de Prince of Persia, on incarne Sargon, un jeune guerrier faisant partie d’un groupe surpuissant nommé « les Immortels », venant de remporter une bataille vitale pour la Perse. Le prince héritier du trône, Ghassan, n’est cette fois pas le protagoniste et se fait enlever dès le début de l’aventure. Sargon et ses compagnons sont chargés de le retrouver dans le mont Qaf, lieu mystique et abandonné. Le mont Qaf est aussi le lieu de villégiature du Simorgh, l’oiseau divin protecteur de la Perse, qui semble avoir disparu depuis quelques décennies, laissant le pays dans la misère. On découvrait à la fin de notre preview que le leader des Immortels, Vahram, est en réalité un traître puisqu’il assassine Ghassan afin de tenter de prendre le pouvoir. Sargon doit alors explorer l’intégralité du mont afin de contrer les plans de Vahram et pourquoi pas trouver un moyen de sauver Ghassan. L’histoire est intéressante sans être trop tarabiscotée, et le lore du mont Qaf est étoffé par la présence de très nombreux collectibles détaillant l’histoire de ces lieux pleins de mystères. Les amateurs de Metroidvania plus cryptiques risquent d’être un peu déçus, cependant la narration est solide pour un jeu qui se veut plus mainstream.


Les charmes de la Perse antique


Prince of Persia : The Lost Crown est un jeu qui est globalement beau et coloré. Les environnements du mont Qaf en 2,5D sont sublimes et varient énormément d’un biome à l’autre (le jeu en comporte treize). Le climat étant favorable aux Metroidvania indies, on a été très habitué à de superbes aventures en pixel art, mais avoir un monde plus léché de temps en temps est loin d’être désagréable. On parcourt des lieux atypiques comme une citadelle plongée dans la nuit éternelle, une mer figée dans le temps, des catacombes terrifiantes, ou encore une forêt légendaire. Esthétiquement, le jeu est un plaisir. Sa seule faiblesse réside dans certaines de ses cinématiques et notamment les personnages humains. Les cinématiques dessinées et non animées sont en général plutôt belles, mais dans celles qui sont en 3D les textures et le visuel des personnages ne sont pas forcément au niveau de ce qu’on peut attendre d’un jeu en 2024. Les monstres et les environnements sont en revanche plutôt réussis. Heureusement, ces défauts n’affectent pas significativement le design du reste du jeu.


Mélopées enchanteresses


En ce qui concerne la musique, ce qu’on a pu percevoir lors de la preview se confirme, c’est-à-dire que les compositions sont sublimes, atmosphériques, mélangeant instruments traditionnels iraniens et musique plus contemporaine, avec des touches de guitare électrique lors des combats. Mentrix (compositrice d’origine iranienne) et Gareth Coker (à l’œuvre sur Ori, Immortals Fenyx Rising, Darksiders Genesis, Ruined King : A League of Legends Story ou Mario + The Lapins Crétins Sparks of Hope) ont fait un travail très solide. La musique accompagne mais ne prend jamais le dessus, et s’adapte parfaitement aux biomes traversés.


En farsi s’il vous plait


Nous avons pu tester les doublages français et anglais, tous deux de bonne qualité, et on salue le fait que parmi les nombreuses langues de doublage, on retrouve le farsi (en plus de l’anglais, du français, de l’allemand et de l’espagnol). Concernant les sous-titres, on peut rajouter à cette liste l’italien, le portugais, le russe, le japonais, le polonais, le chinois traditionnel et simplifié, le coréen et l’arabe.


Exploration sur mesure


Prince of Persia : The Lost Crown est un Metroid-like, il est donc important de présenter et évaluer quelques dimensions clés du gameplay : l’exploration, le combat et les phases de plateforme. En ce qui concerne l’exploration, on peut voir que les développeurs ont fait un vrai travail de recherche sur les Metroidvania les plus populaires et qu’ils ont tenté de proposer une expérience très complète avec une immense liberté de customisation. Il est important de noter que dès le début du jeu, on peut choisir de jouer en mode exploration ou bien en mode guidé. En mode guidé, la map affiche des informations pouvant être utiles pour l’aventure, comme quelques endroits pour le moment inaccessibles, ainsi que les lieux les plus importants. Pour ceux qui n’aiment pas être tenus par la main (bien que le jeu ne soit jamais très abusif à ce sujet, même en mode guidé), on peut choisir le mode exploration qui réduit le contenu de la map au minimum.


Instant cartographie


Si les trois premières heures du jeu sont assez linéaires pour permettre de se faire la main, dès que Sargon est livré à lui-même dans les Profondeurs après sa confrontation avec Vahram, l’expérience devient très ouverte et on est libre de choisir là où l’on souhaite se rendre pour atteindre un objectif surplombant. Cependant, il arrive que la quête principale redevienne plus linéaire par moments. Comme tout bon Metroidvania, les différents biomes de la carte regorgent de recoins, de passages secrets, de trésors et de zones verrouillées par des capacités à débloquer nommées ici les pouvoirs du temps. Le joueur a la possibilité d’accéder en tout temps à la map qui se dessine automatiquement au fur et à mesure de l’exploration, et dont il est possible de débloquer de grands pans en les achetant à Fariba, mystérieuse gamine locale. Particularité très intéressante de ce Prince of Persia : il est possible de prendre des screenshots de lieux spécifiques qui apparaissent ensuite sur la map (en quantité limitée, cependant). La carte est ponctuée d’arbres Wak-Wak, qui permettent à Sargon de se recharger en énergie et qui sont aussi les lieux où il respawn en cas de décès. Au début du jeu, les arbres sont très fréquents, mais dans certains biomes ils se font plus rares, ce qui rajoute du piment à l’aventure.


Pouvoirs du temps


Afin de pouvoir explorer tous les coins et recoins de la map, Sargon doit obtenir l’intégralité des pouvoirs du temps dans le cadre de la quête principale. Certains pouvoirs sont assez classiques, comme le double saut ou le dash aérien, mais d’autres sont plus originaux, comme celui permettant de laisser une ombre de Sargon à un endroit précis et de s’y téléporter instantanément en cas de besoin, ou encore celui qui permet de stocker n’importe quel objet dans une brèche spatiotemporelle pour pouvoir le réexpulser plus tard au besoin. Ces pouvoirs sont exploités de façon très astucieuse, que ce soit au niveau des énigmes, des phases de plateformes ou des combats contre les boss.


Sargon le collectionneur


L’exploration est encouragée par le fait que la map est parsemée d’objets qu’il est possible de collecter : des jarres remplies de sable du temps qui permettent de révéler une prophétie secrète, des objets décrivant le lore du mont Qaf, des cristaux de temps servant de monnaie de base, des objets plus rares, comme les Xerxès qui permettent d’acquérir de l’équipement plus rare, des pétales d’arbre Soma (qui fonctionnent comme des quarts de cœur dans Zelda), des potions, et surtout des amulettes. Prince of Persia : The Lost Crown ne met pas un accent très fort sur l’équipement de Sargon, dont il est principalement possible d’améliorer les épées ou les flèches. En revanche, le jeu comporte un très grand nombre d’amulettes que l’on peut équiper au niveau des arbres Wak-Wak. Ces amulettes ont des pouvoirs très variés et permettent de renforcer l’attaque, la défense de Sargon ou de lui conférer des résistances face à certains types de dégâts. Les effets des amulettes sont nombreux et permettent de choisir un build pour le héros. En revanche, il n’est possible de les équiper qu’en quantité limitée, car Sargon possède seulement un nombre restreint d’emplacements (il est possible d’en débloquer d’autres en cours d’aventure).


Les âmes perdues du mont Qaf


Sargon rencontre au cours de son aventure de nombreux personnages secondaires qui permettent de donner de la vie aux lieux, de l’aider ou de le soumettre à des quêtes. Il y a d’abord les habitants du refuge, havre de paix dans la basse-citadelle : la mage marchande, vendant des objets clés tels que les potions, Fariba, la gamine des rues, connaissant les lieux comme sa poche et pouvant donner des indices sur la suite de l’aventure, Kaheva, la déesse forgeronne qui permet d’améliorer l’équipement de Sargon, ou encore Artaban, compagnon Immortel de Sargon qui l’aide à s’entraîner au combat. En plus de ces personnages, le héros rencontre des âmes perdues dans les dédales du mont, des originaux lui transmettant des quêtes secondaires. On notera qu’une des petites faiblesses du jeu est le fait qu’il n’y a pas tant de quêtes secondaires que cela (une petite dizaine), et que celles-ci sont très centrées sur la collecte d’objets en grande quantité (et nécessitant donc une exploration extrêmement approfondie du jeu). Il est donc tout à fait possible d’explorer de façon décente et de ne finir quasiment aucune quête secondaire avant d’avoir fini le jeu.


Plateforme nerveuse


En ce qui concerne les phases de plateforme, elles sont en général très fun et peuvent être fort exigeantes au fur et à mesure que l’histoire avance et que Sargon débloque des pouvoirs du temps. Le mont Qaf a volontairement été truffé de pièges mortels et certaines phases demandent beaucoup d’adresse et de réflexion pour s’en sortir. Et pour le coup, c’est un des aspects du jeu qu’il est impossible de faciliter en modifiant les paramètres (en dehors des dégâts infligés par l’environnement), donc il faut se motiver et recommencer autant de fois que nécessaire. Le jeu comporte aussi de la plateforme plus orientée énigmes et réflexion qu’adresse, mais cela ne demeure qu’une petite partie de l’expérience, surtout en rapport de la quête principale.


Un combat aux petits oignons


Enfin, le combat n’est absolument pas en reste. Sargon se bat à l’aide de deux épées, d’un arc et d’un Chakram. Les mouvements de base sont assez classiques pour un Metroid-like. Ainsi, Sargon peut frapper au sol ou en l’air, effectuer des combos, tirer des flèches, esquiver en effectuant une glissade au sol ou bloquer une attaque lorsque c’est possible. Artaban, ami de Sargon, propose de s’entrainer aux combos de base ou bien de travailler des enchainements plus complexes et d’intégrer les pouvoirs du temps aux combats. C’est donc essentiel d’aller le voir pour maîtriser l’arsenal. On notera une particularité intéressante en ce qui concerne les parades une lumière rouge signale une attaque non parable, tandis qu’une lumière dorée indique une attaque qui permet de déclencher de gros dégâts et une animation spéciale si elle est parée correctement. En plus de tout cela, le héros débloque au cours de l’aventure des fragments d’Athra (une certaine forme d’énergie magique), qui permettent d’activer des attaques surpuissantes lorsque suffisamment d’Athra a été collecté (notamment en réussissant des parades de qualité). Sargon peut acquérir de nouvelles attaques à base d’Athra en affrontant des doubles de lui-même qu’il peut croiser régulièrement dans les méandres du mont Qaf.


Béhémots et fins guerriers


Il est important de maîtriser proprement cet arsenal avant d’aller affronter les boss, car certains d’entre eux sont réellement sans pitié. Lorsque l’on joue en mode guerrier (le mode normal), les boss ont un niveau de plus en plus corsé au fur et à mesure que l’aventure avance. Il est nécessaire pour la plupart de réessayer à de nombreuses reprises avant d’en venir à bout (la compréhension des patterns est indispensable). Les boss sont très variés dans leurs patterns, certains d’entre eux sont des béhémots monstrueux et l’esquive est essentielle pour les détruire, tandis que d’autres, plutôt à taille humaine, nécessitent une maitrise plus fine et subtile des combos pour les battre. Les amateurs de difficulté n’auront pas à se plaindre car certains adversaires constituent un challenge de poids, et il est possible de customiser la difficulté pour rendre l’expérience encore plus impitoyable.


Personnalisation de l’extrême


Heureusement pour les joueurs plus novices (ou même expérimentés mais peu habitués à des boss qui ne pardonnent pas), il est aussi possible de baisser les dégâts infligés par les boss ou leur santé, pour en venir à bout beaucoup plus aisément. C’est encore une fois une des grandes qualités de Prince of Persia : The Lost Crown. C’est un jeu extrêmement modulable dans lequel il est possible d’ajuster jusqu’à la difficulté de la parade et la fenêtre d’esquive des combats. On peut en faire un jeu d’action-aventure à la difficulté raisonnée et centré sur l’exploration, tout autant qu’un Souls-like monstrueusement difficile et impitoyable. C’est un jeu qui peut sans aucun doute plaire à des publics très variés.


Performance sur Switch


Enfin, il est important de dire quelques mots sur la performance sur Switch, car celle-ci est particulièrement bonne. On a pu entendre des développeurs que le jeu a été développé avec une vision « Switch first » et ça se sent. Le jeu tourne parfaitement, que ce soit en mode téléviseur ou portable, avec très peu de ralentissements à l’exception du démarrage de quelques cinématiques. Presque aucun lag, pas d’aliasing, une fluidité quasiment parfaite en général, cela fait un bien fou d’avoir un excellent Metroid-like réellement optimisé pour la console.

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