Test Nintendo Switch de Robotics;Notes Elite

En résumé

  • Sorties :
  • 16 Octobre 2020
  • 13 Octobre 2020
  • 31 Janvier 2019

L'avis de Kayle Joriin

Si sa réalisation accuse parfois un peu le coup, Robotics;Note Elite reste un visual novel de qualité, doté d’une histoire prenante, d’une bonne durée de vie et qui fait des efforts louables pour varier un minimum son gameplay. D’un point de vue scénaristique, l’expérience est peut-être moins marquante que celle proposée par l’excellent Steins;Gate, dont on vous encourage vivement à découvrir la version Elite sur Switch. Cela dit, tout dépend de l'appétence de chacun pour les thématiques abordées et l’ambiance proposée, car ce que le troisième épisode de la série Science Adventure perd en dramaturgie, il le gagne sans doute en bonne humeur. Les fans du genre auraient donc tort de passer à côté, malgré une structure narrative un peu critiquable. D’autant qu’il est possible de se le procurer en Double Pack physique avec sa suite, Robotics;Note DaSH, et que la console hybride de Nintendo constitue un support idéal pour en profiter en toute circonstance.

Les plus

  • Une histoire qu’on suit avec plaisir
  • Des personnages attachants
  • La narration qui alterne entre les points de vue
  • Une bonne dose d’humour
  • Quelques bons moments de tension
  • Durée de vie très correcte
  • Bande-son de qualité (musiques et doublages japonais)
  • Des phases de gameplay alternatives, simples mais bienvenues

Les moins

  • Une structure narrative pas toujours convaincante
  • Des animations limitées pour les modèles 3D
  • L’aliasing en mode portable
  • Réutilisation un peu facile de certaines cinématiques
  • Textes uniquement en anglais
  • Steins;Gate Elite est passé par là
  • Nintendo-Difference

    par Kayle Joriin

    le 4 juin 2021 18:00

Initiée en 2008 avec Chaos;Head, la série Science Adventure – conçue par Nitroplus, Chiyomaru Studio et Mages (anciennement 5pb.) – s’est imposée au fil des ans comme une référence du visual novel. En particulier grâce à son second volet, l’excellent Steins;Gate, dont la version Elite est sortie début 2019 en Occident sur PlayStation 4, PC et Switch. Un premier contact apparemment réussi avec la console de Nintendo puisque Steins;Gate 0 et Steins;Gate : My Darling’s Embrace ont fait une apparition surprise sur l’eShop quelques mois plus tard. Puis, en fin d’année dernière, ce sont Robotics;Notes Elite et sa suite Robotics;Notes DaSH qui ont eu les honneurs d’une localisation sous la forme d’un double pack en édition physique. Les versions téléchargeables étant, quant à elles, vendues séparément. Une bonne excuse pour replonger dans l’œuvre de Shikura Chiyomaru (ou simplement la découvrir). À condition, bien entendu, d’aimer la lecture.

Elite et rature

Troisième épisode de la franchise, Robotics;Notes est sorti initialement en 2012 sur les PlayStation 3 et Xbox 360 japonaises. À l’image de ses prédécesseurs, il a eu droit à diverses adaptations en manga et en anime, de même qu’une nouvelle version, Robotics;Notes Elite, parue en 2014 sur PlayStation Vita, soit plusieurs années avant Steins;Gate Elite. Contrairement à ce dernier, il ne s’agit d’ailleurs pas d’une refonte visuelle basée sur la série d’animation, mais plutôt d’une réédition améliorée, tant sur le plan graphique – avec l’ajout de cinématiques et une remodélisation des personnages – qu’au niveau du rythme de la narration. Pas de risque donc de rebuter les fans de l’original à cause d’un changement de direction artistique trop marqué. En revanche, la mise en scène est forcément moins dynamique que celle de Steins;Gate Elite et l’expérience s’avère sans doute moins facile d’accès. Du moins pour les néophytes du genre.

Au-delà de quelques séquences animées et autres images fixes illustrant les scènes importantes, on passe ainsi une bonne partie de son temps devant des décors fixes en 2D sur lesquels sont affichés régulièrement des protagonistes en 3D. Une petite touche de modernité pas déplaisante, bien que les animations ne soient guère nombreuses et ne collent pas forcément aux textes, ce qui est assez dommage en termes d’immersion. Les décors ne sont en outre pas d’une finesse incroyable et un crénelage disgracieux s’invite sur les contours des modèles 3D en mode portable. Si on ajoute à cela une tendance à la réutilisation facile de certaines cinématiques, force est de reconnaître que Robotics;Notes Elite accuse un peu son âge en 2021. Surtout lorsqu’on le compare à sa suite, Robotics;Notes DaSH, logiquement plus aboutie d’un point de vue technique. La réalisation globale reste cependant correcte, bénéficiant notamment de doublages japonais de qualité et des compositions variées de Takeshi Abo. De quoi passer un moment agréable quand on sait où on met les pieds.

Shikur’App Store

Côté gameplay, il ne faut évidemment pas s’attendre à une révolution. En effet, à l’instar de la plupart des visual novel, l’action consiste ici avant tout à appuyer sur un bouton pour faire défiler des textes. Cela dit, le titre tente de se diversifier un minimum en proposant quelques phases alternatives, tantôt intégrées à la narration, tantôt accessibles librement. Le tout étant réuni sous la forme d’applications sur l’écran d’accueil du PhoneDroid, une phablette extrêmement populaire que possèdent la plupart des personnages.

On trouve tout d’abord le jeu de combat Mobile Battler Gunvarrel Kill-Ballad ONLINE – surnommé plus simplement Kill-Ballad – dont Kaito Yashio, le protagoniste principal, est un grand spécialiste. À tel point, qu’au début de l’aventure, il trône fièrement au cinquième rang mondial et se sert sans vergogne de ses talents pour légitimer une certaine fainéantise, n’acceptant de rendre service qu’à la condition qu’on le batte préalablement à son jeu préféré, ce qui arrive bien entendu très rarement. En pratique, ces combats ne sont cependant pas d’un incroyable intérêt ludique, car ils se limitent à des QTE sans réel challenge, assortis de cinématiques plutôt répétitives.

Viennent ensuite les applications IRUO. et deluoode map. La première est un logiciel de réalité augmentée permettant de scanner les décors à la recherche de geotags, afin d’obtenir des informations sur les lieux visités ou les personnages croisés, et de faire accessoirement progresser le scénario. La seconde offre, quant à elle, la possibilité de se repérer sur l’île de Tanegashima, où prend place l’aventure, voire de choisir ponctuellement entre plusieurs destinations proposées. Une petite touche de liberté rare et sans véritable impact, mais qui a le mérite d’exister.

Enfin, Twipo est un service de microblogging et un réseau social directement inspiré de la firme au piaf bleu. Outre quelques fils actualités, il remplace surtout le système de mails de Steins;Gate pour les discussions optionnelles entre les différents protagonistes. L’occasion d’en apprendre davantage sur eux grâce à des choix de réponses parfois loin d’être anodins dans la mesure où ils conditionnent l’accès à certains chapitres et fins intermédiaires. Malheureusement, il faut avouer que le système s’avère plutôt obscur et peut amener à quelques grosses incompréhensions. Nous aborderons toutefois ce point en détails en fin d’article histoire de ne pas trop en révéler sur la structure du récit.

Un défilé de robots

Un récit qui, comme on pouvait s’y attendre, constitue l’intérêt majeur du titre et bénéficie une nouvelle fois d’une écriture fort soignée, bien qu’uniquement en anglais. On y suit les aventures du club de robotique du lycée central de Tanegashima, en mauvaise posture au début de l’histoire puisqu’il ne compte plus que deux membres et que la direction de l’établissement ne voit pas vraiment d’un bon œil les demandes de financement répétées de sa présidente, Akiho Senomiya. Portée par un profond amour des robots, et en particulier du légendaire anime (fictionnel) Mobile Battler Gunvarrel, l’optimiste jeune fille rêve en effet toujours de réaliser l’objectif initial du club fondé par sa grande sœur Misaki, à savoir construire leur propre mecha géant. Seulement, le projet piétine depuis déjà plusieurs années, et ce n’est pas grâce à Kaito qu’il va avancer, car sa participation se limite à faire acte de présence afin de veiller sur son amie d’enfance – les deux jeunes gens étant atteints d’une étrange maladie dont les crises soudaines nécessitent une surveillance mutuelle.

Bien entendu, cette situation de départ va donner lieu à de multiples rebondissements qu’on ne détaillera pas ici. Le club va notamment recruter de nouvelles têtes sous l’impulsion de Kaito, qui a bien compris que le meilleur moyen d’en faire le moins possible était de confier le boulot à ses petits camarades. Sauf qu’au lieu de se la couler douce en jouant sur sa phablette, il va se retrouver impliqué dans une véritable enquête parallèle où il cherchera à faire la lumière sur une conspiration mondiale mentionnée dans des rapports cachés au sein d’IRUO. par un certain Ko Kimishima. L’occasion pour le jeune homme de sortir de sa zone de confort et de faire connaissance avec une mystérieuse intelligence artificielle vivant dans le logiciel de réalité augmentée.

Sans en dire davantage, on peut tout de même saluer la qualité du scénario et le côté attachant des personnages. Un brin caricaturaux au premier abord, ces derniers sont en effet développés de manière convaincante et la dynamique entre eux est très plaisante. D’autant que la narration alterne régulièrement – et d’une manière qu’on aurait parfois voulu davantage explicite – entre leurs différents points de vue. Kaito restant le seul à bénéficier des phases de gameplay précédemment évoquées. Et le titre joue souvent la carte de l’humour avec des personnalités bien barrées, comme le prof de sport feignasse multipliant les conseils bidons ou la programmeuse nolife adepte du langage SMS qui se tape régulièrement de gros trips yaoi auxquels ses amis ne comprennent pas grand-chose.

Kyouma, c’est plus fort que toi ?

Si elle propose son lot de passages dramatiques, l’histoire s’avère d’ailleurs sensiblement plus légère et manichéenne que celle d’un Steins;Gate. Les thématiques abordées sont certes intéressantes et le jeu s’enrichit, comme il est de coutume dans la série, d’informations scientifiques apportant une certaine crédibilité à l’ensemble, malgré une orientation globale assez fantaisiste nécessitant une bonne dose de suspension d’incrédulité. Néanmoins, on ne retrouve pas forcément la portée philosophique ou la puissance émotionnelle des aventures temporelles d’Okabe Rintaro avec ses choix moraux souvent déchirants. Ce n’est pas un défaut en soi et cela n’empêche pas de profiter de scènes fortes qui prennent réellement aux tripes. Simplement, il faut avoir conscience que l’expérience sera un peu différente et ne procurera pas le même ressenti.

Or, la comparaison n’est pas totalement innocente, car au-delà du fait que les fans de Steins;Gate Elite voudront sans doute découvrir ce que propose son petit frère, celui-ci fait aussi des références scénaristiques régulières à son prédécesseur (et à Chaos;Head). Cela passe notamment par certains messages Twipo, par divers éléments de background distillés et, surtout, par le retour d’un personnage secondaire important. Mieux vaut donc avoir déjà eu un premier contact avec la série pour les apprécier et il est alors difficile de ne pas faire de parallèle entre les jeux. Robotics;Notes Elite n’en reste pas moins un visual novel de qualité, doté d’une bonne durée de vie (entre 30 et 40 heures), qu’on peut recommander sans peine. Il n’est juste pas l’épisode le plus marquant de la franchise Science Adventure et pour l’apprécier au mieux, il faudra accepter une structure narrative quelque peu contestable. Un point que nous avons décidé d’aborder dans le paragraphe suivant de manière à préserver la surprise.

!!! Spoiler Alert !!!

Si vous lisez ceci, c’est que vous souhaitez a priori en savoir plus. Les réfractaires au divulgâchage peuvent néanmoins se rassurer, puisqu’il n’est nullement question ici de révéler des détails croustillants du scénario, mais plutôt d’évoquer l’agencement du récit et l’enchaînement des chapitres qui s’avèrent assez déroutants vers le milieu de l’aventure. En effet, Robotic;Notes Elite prend le parti de ne pas dévoiler l’intégralité de son intrigue en une seule fois et nous oblige à refaire certains passages à plusieurs reprises. En soi, ce n’est pas forcément un problème, la démarche étant facilitée par un système de sauvegarde et checkpoints plutôt pratique. Malheureusement, l’exécution n’est pas forcément très convaincante.

L’auteur de ses lignes s’est ainsi retrouvé quelque peu interdit quand, à la fin du chapitre 5, un générique s’est soudainement mis à défiler, suivi d’un retour un peu brutal sur l’écran d’accueil. Une fois la surprise passée, plutôt que de tout recommencer depuis le début en avançant au petit bonheur la chance, la consultation d’un guide de progression a alors été lâchement privilégiée. L’occasion de découvrir avec étonnement que l’accès aux chapitres 5, 6, 7 et 8 n’est en fait pas systématique, mais dépend de la manière dont on va ignorer ou répondre à certaines conversations Twipo durant le chapitre 4. En fonction des choix effectués, on enchaîne donc sur l’un des quatre chapitres précités, chacun étant centré autour d’un personnage du groupe. Puis, il faut recharger la partie afin de faire des choix différents et accéder à un autre chapitre. Enfin, lorsqu’ils ont tous été complétés, on peut sélectionner le chapitre 9 depuis l’écran d’accueil et poursuivre l’aventure.

En pratique, difficile néanmoins de réaliser tout cela sans une feuille de route précise et on peut clairement s’interroger sur l’intérêt d’un tel système. A fortiori quand on se rend compte que les différents arcs narratifs développés dans les chapitres en question se suivent chronologiquement au sein de l’histoire principale et qu’il ne s’agit absolument pas de routes alternatives comme on pouvait en rencontrer dans Steins;Gate – sachant que ces dernières étaient accessibles de manière bien plus simple. Sur le papier, il est d’ailleurs tout à fait possible de passer directement du chapitre 4 au chapitre 8, ce qui va bien entendu entraîner son lot d’incompréhensions, notamment lorsqu’il sera fait référence, sans plus d’explications, aux évènements que l’on a ratés. La progression aurait donc pu largement être simplifiée sans que cela retire quoi que ce soit à la qualité du titre. Bien au contraire.

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