Test Nintendo Switch de Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster

En résumé

  • Sorties :
  • 25 Mai 2021
  • 25 Mai 2021
  • 29 Octobre 2020

L'avis de Chozo

Si Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster demeure une œuvre culte à l'histoire démonique, la direction artistique hautement remarquable et l'ambiance toujours aussi réussie, on ne peut que râler face à la paresse de ce pseudo portage HD remaster sans saveur aucune. Textures vilaines, musique dans son jus, framerate inadmissible, le travail n'est clairement pas satisfaisant. Les DLC payants pour obtenir l'intégralité du titre participent également à ce goût plutôt très amer. Reste un jeu tout de même conseillé pour ses qualités d'origine préservées et ses mécaniques intrinsèques à la saga toujours très plaisantes, mais un titre à faire avec de larges œillères.

Les plus

  • Toujours une ambiance particulièrement immersive
  • Une histoire prenante
  • La direction artistique au top
  • Les fusions de démon, un plaisir
  • Le mode Permissif bienvenu
  • Le doublage anglais et les sous-titres français qualitatifs

Les moins

  • Ce remaster des enfers
  • Le mixage sonore inexistant
  • Les DLC payants, c'est non
  • Laisse le joueur souvent livré à lui-même
  • Le framerate ? Sérieusement ?
  • Nintendo-Difference

    par Chozo

    le 25 mai 2021 20:27

Si la Switch est, à raison, perçue comme une machine en partie consacrée au portage de titres de la génération Wii U ainsi que PS3/Xbox 360, elle est aussi capable d’aller creuser plus loin dans les cadavres du catalogue new retro avec des versions HD de licences plus rustiques encore. Nous ne parlons pas ici des réels remakes à la Link’s Awakening totalement revisités, mais de lissages haute définition d’œuvres à rechercher plutôt du côté de l’ère PlayStation 2/Xbox première du nom, d’il y a, oui, presque vingt foutues années. Le temps passe, tout ça, tout ça… Après la saga Oddworld, après Okami ou les épisodes Final Fantasy de l’époque, voici un titre plus singulier, mais culte, sorti initialement en 2005 en Occident sous le nom de Shin Megami Tensei : Lucifer’s Call, qui se retrouve proposé en portage HD avec l’imprononçable blaze Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster, sans tiret, sans double point, sans ponctuation, rien que ça.

La douille du remaster

En attendant enfin de réelles nouvelles du cinquième épisode de la licence, il va sans dire que ce remaster nous replonge dans une ambiance forcément old school en termes de développement de J-RPG du début des années 2000. Autant l’annoncer tout de suite, il ne s’agit ici vraiment que d’un pur lissage HD reprenant les textures, les animations et le mixage sonore d’origine pour les rendre acceptables sur nos Smart TV actuelles.

Ainsi, du point de vue technique, c’est forcément la douche froide pour une partie de joueurs recherchant un croustillant RPG aux combats au tour par tour à l’ancienne après avoir essoré les Dragon Quest XI ou autres Bravely Default 2.

Les environnements sont plutôt très vides, certaines textures, même en HD, demeurent très peu regardables et, plus fort, certaines cinématiques, notamment celles hors moteur du jeu, ont conservé le format 4:3 et la résolution limite digne d’un Quick Time Windows 95 d’origine sans aucun effort de retouche. Même problème pour le mixage sonore, puisque la bande originale n’a profité d’aucune amélioration notable.

Pire encore, le jeu parvient à galérer dans son framerate pendant certains combats et plus encore dans le labyrinthe du réseau d’Amala, que le joueur parcoure à plusieurs reprises dans l’aventure. Le jeu sur Switch sortant chez nous dans son jus en version 1.0.0., ces problèmes pourraient être réglés via les mises à jour 1.0.2 et 1.0.3 déjà présentes sur la version japonaise du titre et confirmées par Atlus pour la publication de SMT 3 Nocturne HD Remaster (on va raccourcir en SMT 3 NHDR pour le reste du test, hein) dans nos contrées.

Le jour d’après

Pour ce qui est de l’histoire, SMT 3 NHDR reste un récit aux antipodes du spin-off désormais plus populaire Persona, avec cet univers plus dark et plus oppressant, où le joueur incarne un lycéen Tokyoïte parti rendre visite à son professeur à l’hôpital. Il sera l’un des rares survivants d’une fin du monde, laissant le protagoniste en état de mi-démon dans une métropole post apocalyptique.

Parti chercher ses amis et sa prof, il réalise que, comme dans le rêve d’Inception, la ville adopte un réaménagement morcelé et retourné sur lui-même pour former une étrange sphère dont le centre est dominé par une forme de lumière éclatante.

Il va donc falloir parcourir cette ville transformée, combattre une pelletée de démons, faire connaissance avec les divinités ayant chacune sa propre vision de reconstruction du monde, appelée « Raison », charge au personnage principal d’adhérer à l’une de ces convictions via des dialogues, dont les choix le feront aboutir à l’une des multiples fins disponibles.

Made in Japan

Si le portage accuse une paresse technique et graphique, s’il y a bien une chose où le jeu ne souffre pas de ces problématiques, c’est dans sa direction artistique et son ambiance. Que ce soit pour l’ajout des doublages anglais dans cette version HD ou la version japonaise, le jeu d’acteur très qualitatif donne encore plus de consistance à une histoire passionnante de conflits entre entités divines et démoniaques, mise en scène avec grand soin. Même si elles ne bénéficient pas d’un vrai remaster, les musiques de Shoji Meguro, plus orientées ambiant électro rock, sont parfaitement dans le ton de l’ambiance pesante.

Tokyo est ici matérialisé d’une manière très fidèle dans cette vision de fin du monde. Les donjons, pourtant assez génériques en décors, parviennent à captiver via une ambiance maitrisée rendant l’ensemble toujours nébuleux et inquiétant, surtout que, RPG à l’ancienne oblige, les rencontres avec les démons en combat se font de manière presque aléatoire. Oui, presque, puisqu’une jauge au bas de l’écran passe du vert au rouge lorsque le héros ressent que, dans peu de temps, il va falloir envoyer du bois.

Les personnages rencontrés, comme le bestiaire très diversifié, participent également à l’immersion dans cet univers tout de même bien barré, grâce au travail de Kazuma Kaneko, parti chercher ses influences dans différentes mythologies des quatre coins du globe. Exit les versions à plusieurs couleurs des mêmes créatures, les ressources pour encore plus de nouveaux démons semblent inépuisables.

Tokyo Revengers

Comme dans tout épisode de Shin Megami Tensei, s’il va falloir combattre du démon en masse, il sera aussi nécessaire de filouter pour en recruter certains, afin qu’ils nous prêtent main forte en trahissant leurs semblables. Passons rapidement la mécanique de tour par tour plutôt classique, le gain d’expérience et de compétences notamment offensives, défensives, coup directs ou sorts à améliorer.

Le seul point vraiment singulier réside dans les Magamata, des insectes étranges que le personnage va pouvoir ingérer pour acquérir de nouvelles compétences et chambouler ses caractéristiques. Certains Magamata se gagnent en combattant les boss, d’autres seront disponibles en boutique.

Concentrons-nous plutôt sur cette fonctionnalité, qui est le sang dans les veines de la saga. Dans un délire très Pokémonien, l’essence même du gameplay se repose sur le recrutement de créatures pour ces combats aléatoires. Point de bouboule pour la capture, il va falloir avoir du bagou pour baratiner les démons, mais pas seulement, puisque ces derniers seront bien plus propices à suivre le héros en leur offrant des Macca, la monnaie du jeu servant à acheter des objets bonus de soins et de compétence, des joyaux et des orbes de pouvoir, des items ou un peu de points de vie. Il existe également un système de faiblesse, que ce soit chez l’ennemi ou dans sa propre équipe, qu’il faudra exploiter pour rapidement terrasser les opposants.

Mais qui peut faire confiance à un démon ? Évidemment, même les offrandes ne mettent pas à l’abri d’une arnaque amenant la bestiole à finalement refuser d’intégrer l’équipe. L’élément central de cette mécanique à toujours prendre en compte est la position de Kagutsuchi, cette fameuse luminescence présente au centre de Tokyo, qui déterminera également les décisions des démons. Plus Kagutsuchi est éclatant (8/8), plus la négociation sera difficile. Trois démons sont ainsi sélectionnables en combat parmi toutes les créatures recrutées.

La recette du succès

L’autre élément essentiel de la licence, outre le recrutement de créatures, c’est la fusion de démons qui va être la clé de la progression du joueur dans l’aventure. Dans certains morceaux de quartiers de la ville se trouveront des Cathédrales des Ombres permettant cette fusion en mélangeant deux créatures choisies, dont l’action sera possible en fonction du niveau d’XP du héros. Plus cette XP est importante, plus la fusion engendrera un allié puissant. La nouvelle entité créée peut s’octroyer les compétences des deux créatures d’origine.

Avec sa mécanique bien huilée, cette fonctionnalité reste le moyen le plus efficace pour renforcer ses capacités et faire face à un challenge, somme toute, plutôt relevé. Il n’est pas impossible non plus de se retrouver un peu perdu dans un jeu qui ne prend jamais le joueur par la main pour lui indiquer précisément les suites des événements. Gage au joueur de rester constamment à l’affut de tous les indices et menues informations distillés par les personnages croisés et les dialogues.

Outre le lissage HD, SMT 3 NHDR bénéficie tout de même de quelques nouveautés. En plus du doublage anglais et des sous-titres français, un mode « Permissif » se voit ajouté par un DLC gratuit qu’il est possible d’activer à n’importe quel moment en cas de mur de difficulté trop important pour certains joueurs.

Par contre, il est à regretter que le « Pack Maniax », qui remplace Raidou Kuzunoha par Dante de Devil May Cry et le pack de cartes Clémence et Espoir, comportant les deux donjons additionnels « Lieu de naissance du Mi-Démon » et « Cœur de la Conception », soient malheureusement payants. Pour un remaster HD d’un titre de 2005, ne pas inclure ces éléments d’office, c’est quand même un peu gros.

 

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