Giga Wrecker Alt.

En résumé

  • Sorties :
  • 2 Mai 2019
  • 2 Mai 2019
  • 31 Octobre 2019

L'avis de Kalimari

Tout le monde ou presque en conviendra : Giga Wrecker Alt. n'est pas un mauvais jeu. Pire encore, c'est un titre fourmillant d'idées de gameplay et de trouvailles qui ne cesse de se renouveler. « Pire » car, vous l'aurez compris à la lecture de ce test, Giga Wrecker Alt. est un jeu tout cabossé, amputé de son potentiel, la faute – probablement – au petit budget qu'on lui aurait alloué. Ingénieux, mais frustrant au possible ; beau, mais illisible la moitié du temps ; riche, mais étonnamment limité dans son backtracking et sa rejouabilité. Fantastique sur le papier, trop rarement amusant manette en main, impossible de le recommander à quiconque et encore moins à ce prix-là. Ou alors avec une grosse promotion et uniquement pour ceux qui recherchent un Metroivania basé sur la physique et la réflexion plus que sur les combats (ça en fait des conditions, tout de même). Les autres eux, préféreront attendre un potentiel portage de Tembo The Badass Elephant – autrement plus fun même si pas dénué de défauts – ou l'intriguant Town, qui devrait se dévoiler dans les prochains mois à venir.

Les plus

  • Une histoire et des personnages sympathiques
  • Une direction artistique et un chara design réussis
  • Des énigmes bien pensées
  • Le gameplay et ses mécaniques, originales
  • Des boss agréables à affronter
  • L'arbre de compétences, en dépit de son impact réel
  • Du challenge avec les boss et certains casse-têtes
  • La présence d'une aide pour les puzzles, quand elle est là

Les moins

  • Un level design peu mémorable
  • Des points de sauvegarde mal pensés
  • Le backtracking, vraiment mauvais
  • La physique et son impact sur la plateforme, frustrante au possible
  • Ça manque de lisibilité lors des casse têtes
  • Le mode portable, encore moins lisible
  • Une jolie bande son, mais trop anecdotique
  • Un sound design grossier
  • Une carte du monde et des menus mal fichus
  • Des asset graphiques négligés
  • Des temps de chargements longs et nombreux
  • Des ajouts oubliables, au final
  • Bien trop cher pour la qualité qu'il propose
  • Nintendo-Difference

    par Kalimari

    le 30 avril 2019 22:00

Parce qu’il n’y a pas que Pokémon dans la vie, il arrive parfois à Game Freak de proposer autre chose qu’un énième épisode canon ou spin-off de sa série la plus lucrative, en atteste la sortie prochaine de Giga Wrecker Alt. Calé pour le 2 mai sur le Nintendo eShop ou pré-commandable depuis le 12 avril du côté de chez Limited Run Games (la version collector est épuisée), le titre se présente comme un Metroidvania mêlant action et casse-têtes basés sur la physique. Version améliorée et enrichie de Giga Wrecker, paru uniquement sur PC, la mention « Alt. » apporte avec elle de nouveaux niveaux et challenges. Outre des énigmes supplémentaires, il faut également mentionner de nouvelles langues supportées, des aides quand le joueur reste bloqué face à un puzzle ou encore le mode de difficulté Ironman, lequel augmente grandement les dégâts subis. De quoi passer un poil moins inaperçu qu’à l’époque ?

Des jours et débris

Dans un futur post-apocalyptique, les machines ont pris le contrôle de la planète. L’humanité, qui se fait littéralement décimer par ces êtres d’acier, aurait bien voulu avoir un Terminator sous le coude pour régler cette affaire en deux-trois coups de fusil à pompe. C’est au joueur – et à la jeune héroïne qu’il incarne – que revient ce devoir salutaire. Point de Schwarzy donc, mais bel et bien Reika Rekkeiji qui, après avoir été captive des robots et sauvée d’une mort certaine par le mystérieux Docteur Kozuki, voit son corps affublé d’un bras et de tout un tas d’autres nanomachines. Désormais devenue cyborg, Reika doit collecter des données pour Kozuki et mettre la main sur la femme qui a tenté de la tuer. Le scénario, bien plus sombre et exploité que celui des autres créations de Game Freak, questionnera énormément le joueur tout au long de l’aventure, notamment sur l’identité de l’héroïne. Si son écriture reste basique au possible, il n’empêche que les quelques retournements de situation ici et là maintiennent un intérêt certain. La présence d’une traduction française, agréable, est également à noter.

Comme mentionné plus haut, le corps de Reika – devenue mi-humaine, mi-machine – lui confère des capacités adaptées non seulement aux combats, mais également à l’exploration des terrains accidentés. Capable de détruire des surfaces solides comme de la roche ou du béton, son bras gauche lui permet aussi de rassembler presque toutes formes de débris et de les modeler à sa guise. Si les débuts de Giga Wrecker Alt. se contentent de ne proposer que la forme d’une boule, le joueur aura tôt fait de mettre la main sur des puces contenant de nouveaux modèles, comme celui d’une épée, d’une lance ou d’une foreuse. Chaque forme permet évidemment de passer un ou plusieurs types d’obstacle ou d’altérer lesdites surfaces solides ; les cordes peuvent être coupées avec l’épée, le sol creusé avec la foreuse. Les robots ennemis eux, ne pourront être terrassés que si Reika possède assez de matière au poing. Plus la machine est énorme, plus il lui faudra de débris pour l’éclater en mille morceaux… qu’il sera également possible de rassembler. La boucle est bouclée.

Giga get Rekt Alt.

En plus de leurs pièces, les robots laisseront également tomber quelques ressources bleues assez précieuses, puisque ces dernières permettront au joueur d’améliorer les capacités de l’héroïne via un arbre de talents, qu’il s’agisse simplement de booster sa jauge de vie ou ses aptitudes. Un arbre dont la taille est par ailleurs assez impressionnante, en dépit d’une absence de personnalisation vraiment forte. Comprenez par-là que Reika se joue d’une seule et même manière, indépendamment des améliorations choisies. De toutes façons, Giga Wrecker Alt. n’a que très peu besoin de cette personnalisation, puisque le titre est bien plus centré sur ses énigmes que sur ses combats. Il y a bien quelques rares boss à affronter (très réussis, au demeurant), mais la majorité des ennemis sont là comme éléments d’un puzzle, plus que comme de véritables obstacles. Mieux vaut prévenir que guérir, surtout si vous recherchez en ce titre une aventure bourrée d’action.

Comme dit un peu plus haut, tout dans Giga Wrecker Alt. gravite autour de son système de débris à modeler, qu’il s’agisse du level design ou des énigmes qui y résident. Bien pensées, certaines d’entre elles peuvent se montrer coriaces, tandis que d’autres peuvent se résoudre de multiples manières. En cas d’échec, il sera possible de retourner dans le temps pour arranger la situation. Cumulée à une gestion importante de la physique, nul doute que cette approche singulière du genre surexploité qu’est le Metroidvania en fait la plus grande force du titre. Et pourtant, Giga Wrecker Alt. déçoit autant qu’il surprend, c’est à dire énormément. Entre de la plate-forme manquant de souplesse – la faute à une Reika ne sachant pas marcher – et une physique demandant une précision chirurgicale, mieux vaut se munir de nerfs d’acier. Au mieux, le joueur n’aura presque jamais réussi à prendre une once de plaisir, au pire, le jeu lui sera tombé des mains au bout de quelques heures seulement.

Défaut de fabrication

Le constat est d’autant plus terrible que la création de Game Freak est absolument brillante sur le papier. Bourrée d’idées, de situations bien pensées, d’un regard neuf sur le genre et de mécaniques de jeu bien huilées, Giga Wrecker Alt. est une bien grande déception à tous les étages. Il n’y a qu’à dénoter la quasi-absence de backtracking (retourner dans des lieux déjà visités), pourtant essentiel pour le genre ; le peu de backtracking présent est quant à lui, inintéressant au possible. De quoi s’arracher les cheveux. C’est qu’on a envie de l’aimer ce petit Giga Wrecker Alt., lui qui transpire le jeu fort ingénieux à très petit budget. Mais voilà, il ne cesse de rappeler à celui qui l’explore ses trop nombreux mauvais choix. Il n’y a qu’à voir la direction artistique du titre, franchement sublime, mais gâchée par un filtre cradingue et une caméra trop souvent éloignée de l’action (c’est encore pire en portable), lesquels accouchent d’un manque de clarté évident lors des casse-têtes.

Le joueur appréciera tout de même les quelques superbes artworks en guise de cinématiques ou le chara design unique, mais toujours très plaisant, à condition d’adhérer à la japanimation, le manga et tout ce qui s’en rapprocherait. La bande-son (composée par Shinji Hosoe), elle aussi réussie, ne parvient toutefois jamais à réellement marquer l’auditeur. C’est beau, pour sûr, mais ça manque un poil d’audace et de temps forts… On pestera encore plus sur les animations extrêmement rigides (ou inexistantes, c’est au choix), le sound design assommant, l’ergonomie des menus mal pensée ou la présence discutable d’un personnage non-jouable, censé l’aider en cas de blocage sur une énigme. Car, dans les faits, ladite aide – pourtant bienvenue – ne sera pas toujours présente ou ne proposera pas tout le temps le même degré de précision dans ses indices. Fort heureusement pour le joueur à la peine, à l’heure d’aujourd’hui, internet grouille de soluces en tous genres pour le sortir de là. Enfin, plus simplement, le prix fort demandé par Game Freak est un frein non négligeable à la vue de tous ces défauts et plus encore de sa durée de vie : environ douze heures en ligne droite, presque seize pour le 100 %.

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